Les Maires du Moyen-age

Si les Maires sont les élus les plus connus et reconnus par les habitants, les modalités de leur désignation n’ont pas toujours été celles du suffrage universel.
De même, leurs missions ont singulièrement évolué au fil des siècles.

Une origine millénaire(1)

C’est au IXe siècle, que l’abbé Irminon (†829), dans un ouvrage où il décrit les biens détenus par l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, emploie le terme major quand il parle du représentant du domaine.

Les premiers Maires étaient en effet des « administrateurs de domaines », généralement pour le compte des ordres religieux principaux détenteurs des biens fonciers.

Selon le jurisconsulte Charles Loyseau (1566-1627) , bailli de Châteaudun, les mairies couvraient le sol beauceron, tout particulièrement dans les domaines de l’Eglise.
La mairie représentait le district soumis à l’administration et à la juridiction du maire. Elle comprenait en général plusieurs hébergements ou fermes bâties, des hospices, des métairies, manoirs occupés par des hommes de corps, des hôtes ou des colons, et les droits féodaux assis sur les immeubles.

Ainsi, en Beauce , « Les maires étaient les principaux officiers ruraux du Chapitre .
Ils cumulaient tout à la fois les fonctions de juges-de-paix, de commissaires de police, d’intendants, de gardes champêtres et de collecteurs d’impôts.
Ces attributions variées en firent promptement des personnages, et, quoique partis, pour la plupart, dans l’origine, des rangs du servage, ils étaient parvenus, dès la fin du XIe siècle, à rendre leurs offices héréditaires et à régner en maître sur leurs administrés.

Ils relevaient d’abord des prévôts et un peu des sergents des prévôtés , et, selon l’ordinaire, ils enchérissaient sur les exactions de leurs supérieurs.

Au XIIe siècle, les plaintes des paysans contre les prévôts et leurs acolytes ayant appelé l’attention du Chapitre sur la gestion des Maires, quelques mesures furent prises pour refréner l’esprit de rapine de ces officiers. On leur imposa, sous l’épiscopat de Goslein de Lèves (1148-1155), un serment.

Ce serment, que chaque maire devait renouveler au Chapitre tous les deux ans, obligeait ceux qui le prêtaient à jurer de :

  n’exiger à l’avenir des paysans de leurs mairies, ni or, ni argent, ni froment, ni avoine, ni épaules de porcs, ni gâteaux, ni œufs, ni corvées de culture ou de filage de laine, ni brebis, ni agneaux, ni oies, ni poules, rien en un mot qui ressemblât à une exaction;

  de ne pas tenir de plaids et de ne pas ajourner en justice sans l’ordre du prévôt ou de son délégué; de ne pas souffrir que les sergents du prévôt prissent gîte chez les paysans et les poursuivissent de leurs vexations de veiller avec fidélité sur les revenus des chanoines de ne toucher les lots et ventes qu’après avoir présenté l’acquéreur au Chapitre;

  de poursuivre la rentrée des cens dus à l’église aux termes prescrits et de les verser dans les quinze jours à la chambre aux deniers;

  d’empêcher que les hommes et femmes de corps et les autres biens de Notre-Dame lui fussent soustraits, et de ne pas s’emparer d’une partie quelconque du domaine canonial.

Nous ignorons si ce serment produisit tout d’abord beaucoup d’effet, et si la substitution des chanoines prébendiers aux prévôts dans la gestion des biens du Chapitre modéra les tendances usurpatrices des maires. Nous pensons, toutefois, qu’à mesure que le temps poussa les paysans vers une condition meilleure, les exigences de leurs intendants éprouvèrent plus de résistance.

Droits et devoirs

L’examen de différents documents des archives départementales d’Eure-et-Loir permet de préciser la mission de ces premiers Maires.

Ainsi, « en 1175, le maire du Gault-Saint-Etienne avait la charge de compter les gerbes du champart et de la dîme dans les champs et dans la grange, et le bénéfice de son fief correspondant à ce service était représenté par les menues pailles de la grange, les déchets des gerbes avant et après le battage, une mine de grain de chaque hôte possédant une paire de bœufs et une demi-mine des autres. Le maire tenait la moitié de ce fief du seigneur de Courtalain et l’autre moitié du Chapitre ; »

« En 1226, le fief de Hugues le Noir, maire d’Ingré, comprenait deux batteurs en grange, la moitié de toutes les menues pailles, un trait de dîme à un cheval sur toutes les terres dîmées, une gerbe de blé d’hiver ou deux gerbes d’avoine chaque jour qu’il chariait à la grange, la moitié de tous les déchets restés sur l’aire après l’enlèvement du grain à la pelle, et la dernière mine dudit grain si elle n’était pas tout-à-fait complète. … Ce maire possédait encore deux sous pour quatre charrois, six deniers par poules à Noël, la moitié des champarts de sa baillie, … une jallée de vin moyen par jaugeage dans les ventes de fûts de vin un denier par bornage, la moitié des ratelages des prés, et 50 arpents de terre, mesure d’Orléans tant en labour qu’en vignes et prés, quittes de tailles et corvées, sauf la justice et la dîme comptée.

Ces exemples suffisent à faire connaître en quoi consistaient les devoirs, les droits et les émoluments du maire beauceron au XIIIe siècle. On peut se figurer facilement que certaines mairies constituaient des fiefs fort enviés, même par la noblesse et que le Chapitre avait quelquefois de la peine à exiger des titulaires de ces offices les devoirs presque serviles auxquels la coutume les astreignait.

Aussi, toutes les fois qu’ils le purent, les chanoines saisirent-ils l’occasion de convertir les droits des maires en pensions fixes ou de racheter les mairies. Ils y trouvèrent l’avantage d’avoir dans ces postes des hommes beaucoup plus à eux et beaucoup plus facilement révocables en cas de mauvaise gestion.
Par suite de ces acquisitions, l’église augmenta le nombre de ses précaires ou prêtrières.

Les autres établissements de main-morte et les seigneurs laïcs avaient aussi des Maires. Ce que nous avons dit des attributions des maires du Chapitre s’applique aux officiers du même ordre répandus dans toute la Beauce.

Le Chapitre était sévère envers les Maires. Les registres capitulaires les plus anciens (1300-1314) sont remplis de condamnations à des amendes, prononcées contre des maires, pour avoir mal gardé les terres et bois de l’église.

Dans le principe, tous les maires du Chapitre étaient de condition servile ; leur affranchissement commença à devenir général dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Peu à peu, ils accrurent leur puissance, et la plupart d’entre eux devinrent la souche des plus riches familles bourgeoises, et même de seconde noblesse, du pays chartrain. » .

D’ailleurs, on peut préciser qu’un Maire de Chartainvilliers, vers le XVe ou XVIe siècle, contractera une alliance avec la famille de LANDES d’HOUVILLE. Famille noble, originaire de Gênes, venue s’installer en Beauce au XIVe siècle et qui donnera des conseillers à la grand-chambre du Parlement, des magistrats, ainsi qu’un Prévost de Paris en 1438. (2)

Par l’édit royal de 1692 sont créés un office de maire et des offices d’assesseurs en remplacement des syndics choisis par les assemblées d’habitants. La vente des nouveaux offices permet de renflouer les caisses de l’État. Des édits de 1764 et 1765 tentent de briser ce système arbitraire en proposant un maire choisi par le roi sur proposition de trois candidats. L’administration municipale reste sous le contrôle de l’intendant général jusqu’à la Révolution française.

(1) d’après le Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, tome 1 publié par la Société archéologique d’Eure-et-Loir (1862) – Gallica Bnf.

(2) Dictionnaire universel de la Noblesse de France tome 3 – Gallica-BNF

Chartainvilliers 1914

A la veille de la guerre 14, Chartainvilliers, dont le lent déclin démographique est amorcé depuis un siècle, compte 306 habitants. Il n’en sera dénombré que 264 au recensement de 1921.
Entre temps, la Grande faucheuse aura fait son oeuvre et 24 hommes verront leur nom inscrit sur le monument aux morts du village inauguré en 1921

Un vie locale animée …

Dans les années qui ont précédé l’an 1914, la vie municipale locale a été animée.
Ainsi, en 1911, après la démission de Victor DAUVILLIERS, Maire élu en 1908, il faudra trois conseils municipaux
(30 avril, 14 mai et 2 juillet) pour pourvoir à son remplacement par … lui-même.

En octobre 1911, il sera procédé à une élection municipale partielle suite à la démission de cinq conseillers, soit la moitié des membres du Conseil.
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Mais la crise municipale couve jusqu’au scrutin municipal de mai 1912, ou M. TOUCHARD Edouard, qui avait en avril 1911 refusé son élection comme Maire, l’accepte cette fois ci.

… par le souci d’améliorer le quotidien

Les raisons de cette bataille locale en est le creusement d’un nouveau puits et l’installation de l’eau courante dans le village.
Lors de la séance du Conseil municipal de février 1914, celui-ci décide d’approuver le devis définitif proposé par la maison Brochet, soit 9 222 F, pour le forage d’un puits.
Par délibération du 3 juillet 1914, un crédit spécifique de 7 135 F., financé par un emprunt de même montant auprès du Crédit Foncier, sera inscrit au budget pour l’établissement d’un service d’eau potable. En outre, par application de la loi de Finances du 31 mars 1903 qui a autorisé un prélèvement spécial sur les fonds du pari mutuel en vue de subventionner les travaux communaux d’adduction d’eau potable, le service hydraulique a, au cours de l’année 1913, donné un avis favorable sur le projet présenté par la communes de Chartainvilliers. (p.366 Conseil Général d’Eure-et-Loir 1913 – Rapport des Chefs de service, Rapport de l’Ingénieur en Chef Service Hydraulique).

Soucieux d’améliorer la qualité de vie des habitants, dans sa séance du 13 mars 1914, le conseil municipal donne un avis favorable “à l’installation de l’énergie électrique dans la localité et est certain que ce progrès moderne sera bien accueilli par la population”.
Durant le premier semestre 1914, “Ouest Eclair” du 28/05/1914, nous apprend qu’une épidémie de rougeole a éclaté, notamment à Chartainvilliers. De ce fait, sur le plan militaire, “aucune permission ou congé ne sera accordé pour aller dans ces communes. Tous les hommes qui s’y trouvent actuellement en permission ou en congé y seront maintenus jusqu’à nouvel ordre. L’appel de ces hommes sera reporté à une date ultérieure”.
14 maladies contagieuses seront déclarées dans le village durant l’année 1914 (C. Gal 28 rapport de 1915 p.404).

Malgré cette épidémie, trois couples se marient en avril 1914. La même année, deux divorces « aux torts et griefs de la femme avec toutes les conséquences de droit » sont retranscrits dans les actes d’état civil de la Mairie et deux naissances sont enregistrées.

Prémices de guerre

Si les rumeurs de guerre grondent en Europe, la vie n’en continue pas moins son cours. Ainsi, dans le “Concours des Sept merveilles du monde”, organisé par le journal “Le Matin”, “Julien Rouleau de Chartainvilliers, 15 754e lauréat, a gagné un flacon ” Arôme des Fellahs” (Le Matin n°11052 du lundi 1 er juin 1914).
Le 28 juin 1914, les événements se précipitent. L’archiduc François-Ferdinand, prince héritier de l’empire austro-hongrois, est assassiné à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) par un nationaliste serbe. Le jeu des alliances va plonger l’Europe dans l’horreur de la guerre.
L’Autriche-Hongrie, alliée de l’Allemagne, déclare le 28 juillet 1914 la guerre à la Serbie. Celle-ci fait appel à la Russie, qui est liée, par le traité de la Triple-Entente, à la France et à la Grande-Bretagne.

Au même moment, dans son rapport au Conseil Général en date du 30 juin 1914, le Directeur des Postes dénombre 1664 abonnés au téléphone en Eure et Loir, et 232 cabines téléphoniques en service. A cette même date, alors qu’un bureau téléphonique, chargé en même temps du service télégraphique, vient d’ouvrir à Yermenonville, il précise que l’installation de bureaux de même nature aura lieu à bref délai dans différentes localités, dont : Chartainvilliers, Ecrosnes et Hanches.

Le 3 juillet 1914, le Maire expose au Conseil que l’administration du téléphone demande à ce que son poste d’abonné au téléphone soit réuni au bureau central de Chartainvilliers.
Le Conseil accepte à ce que Mr Touchard se relie au poste central de Chartainvilliers et les frais occasionnés par ce changement seront à la charge de la commune.
Lors de la même séance, deux familles du village bénéficie de l’attribution des allocations aux familles nécessiteuses des hommes présents sous les drapeaux en temps de guerre.

Le 12 juillet 1914, le Journal Officiel publie l’arrêté du Ministre de l’Intérieur attribuant à M. Beauchet Marie, sapeur pompier à la subdivision de Chartainvilliers, la médaille d’honneur pour avoir constamment fait preuve de dévouement.
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Le 14 juillet 1914 un bal public est organisé dans le village. Du fait de sa mobilisation, l’animateur de celui-ci, M. Régnier Edmond, qui sera tué en 1917, ne remettra à la Mairie sa note de frais de dix francs que le 9 janvier 1916.

« Le 31 juillet 1914, député, directeur fondateur du quotidien L’Humanité et porte-parole d’un courant pacifiste opposé à la guerre, Jean Jaurès est tué, dans un café de Paris, par le militant nationaliste Raoul Villain. Après sa mort, sous l’impulsion du président Raymond Poincarré, l’idée de “l’Union sacrée” face à l’ennemi prévaut à gauche. Ce concept se traduit par une trêve entre les partis politiques de tous bords et par une réconciliation entre la République et l’Eglise, qui envoie les prêtres au front comme aumôniers et brancardiers ». (La Croix 4/01/2014).

Mais la volonté de revanche a été largement développée depuis la défaite de 1870. Ainsi, dans de nombreuses écoles, à l’instar de celle de Chartainvilliers en 1899 (“La Patriote”), sont créées des sociétés de tir scolaires. Sociétés qui ne limitent pas leur action à l’instruction au tir, mais également à enraciner la discipline militaire.mairie_ecole_la-patriote

Chartainvilliers et la Beauce d’une manière générale auront eu, quelques années auparavant, un avant goût des combats militaires puisqu’en 1900 des manoeuvres de grandes ampleurs se déroulent dans ses environs.

“Les dernières manoeuvres préparatoires du 4° corps d’armée (division contre division) ont lieu aujourd’hui (9 septembre 1900). En arrivant à Maintenon, dans l’après-midi, nous avons vu rentrer, victorieuse, la 8e division (général de Saint-Julien), qui est partie de Paris il y a quelques jours et qui ayant, il est vrai, une certaine supériorité d’artillerie a repoussé, ce matin, une attaque de la 7° (général Niox), du côté de Châteauneuf-en-Thymerais.
La charmante petite ville de Maintenon, avec ses ponts et ses grands arbres verts qui se mirent dans les deux bras de l’Eure, était pleine de mouvement : le 124° régiment d’infanterie, de l’artillerie et des chasseurs, le quartier général de la 8° division d’infanterie, ….. donnait un aspect guerrier à l’ancien lieu de repos de la marquise, amie du grand roi tels, à Saint-Cyr, nos brillants élèves-officiers à l’ancien séjour des jeunes filles qu’elle avait tant aimées.
Lundi, toutes les troupes doivent se reposer, pour se préparer à la première période des grandes manoeuvres proprement dites corps d’armée contre corps d’armée, qui commencent mardi 11.
Le général de Négrier qui, comme on sait, doit présider à la lutte du 4° contre le 10° corps, a traversé aujourd’hui Maintenon, se dirigeant vers Châteauneuf; ce soir, le général Sonnois, commandant du 4° corps, a établi son quartier général à Chartainvilliers, à environ 6 kilomètres au sud-ouest de Maintenon”. (Le Temps 11/09/1900 n°14338).

Premiers jours de mobilisation

Mais l’engrenage se met en marche, en pleine moisson, « Samedi [1er août 1914] vers 4 heures, l’ordre de mobilisation générale est parvenu à Chartres.
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Comme une traînée de poudre, cette nouvelle, qu’on attendait depuis quelques jours, s’est répandue en ville.

Immédiatement, les communications privées, téléphoniques ou télégraphiques, ont été supprimées et l’administration des Postes et des Télégraphes a accompli l’effort considérable de faire parvenir dans presque toutes les communes du département l’ordre de mobilisation immédiate…
Dimanche [2 août 1914], pendant que les réservistes et territoriaux commençaient à rejoindre leur corps, a eu lieu la réception des chevaux et voitures par l’armée…
A quelques exceptions près, les prix nous ont paru suffisamment rémunérateurs ; dans tous les cas personne de s’est plaint, c’est à peine si un geste de mécontentement a été esquissé par ceux qui avaient estimé leur cheval un prix supérieur à celui payé.
Dans les écoles, préparées pour recevoir les troupes, des escouades de soldats travaillent fiévreusement. Capotes, képis, pantalons, équipement militaire étaient apportés dans des voitures réquisitionnées…
Des groupes sont arrêtés devant les affiches. On lit à haute voix la proclamation du président de la République à la nation française et on approuve son attitude énergique et correcte.
La soirée de dimanche …les abords de la gare étaient envahis par une foule nombreuse venue là pour chercher des nouvelles. Malheureusement celles-ci manquaient…
Aujourd’hui, aucun train de voyageurs ne circule. Les lignes de chemin de fer sont spécialement réservées pour les troupes. D’ailleurs tous les employés sont mobilisés…
Les hommes touchés par l’ordre de mobilisation arrivent nombreux ; ils se dirigent aussitôt vers leur casernement où ils sont aussitôt habillés et équipés. Tous montrent beaucoup d’entrain… ». (Journal de Chartres 4 août 1914).

Si la crainte de la guerre et de ses conséquences doivent être présentes, une forme d’insouciance et d’allégresse flottent dans le pays.
« …, la moisson avait du retard et presque tout le monde était aux champs, sauf nous les jeunes… vers deux heures et demie… voilà les gendarmes qui arrivent au grand trot sur leurs chevaux. Ils vont droit à la mairie.
Là, ils trouvent le maître d’école, et le maître ressort avec l’affiche dans les mains, l’affiche blanche avec deux drapeaux en croix :
MOBILISATION GENERALE.
Le maître nous crie :
Allez dire à Achille qu’il sonne la trompette, à Cagé de prendre son tambour. Vous, les gars, sonnez le tocsin…
ils ont laissé leurs faucheuses ; les charretiers ont ramené leurs chevaux. Tout ça arrivait à bride abattue. Tout ça s’en venait de la terre. Tout le monde arrivait devant la Mairie. Un attroupement. Ils avaient tout laissé. En pleine moisson, tout est resté là. Des centaines de gens devant la mairie. … On voyait que les hommes étaient prêts.

 Et toi, quand donc tu pars ?

 Je pars le deuxième jour.

 Moi, le troisième jour.

 Moi, le vingt-cinquième jour.

 Oh, t’iras jamais. On sera revenu. …

Tu aurais vu les gars. C’était quasiment une fête, cette musique là.
C’était la Revanche. On avait la haine des Allemands. Ils étaient venus à St-Loup, en 70… Dans l’ensemble, le monde a pris la guerre comme un plaisir.
Ils sont partis le lundi. Ils ont laissé leur travail et leur bonne femme comme rien du tout. Le monde était patriote comme un seul homme.
Ils parlaient du 75 et du fusil Lebel : à un kilomètre, tu tues un bonhomme.
Achille Pommeret, sa femme était malade d’accoucher ; il a pris le tramway à la Bourdinière ; il a pas voulu savoir si c’était un gars ou une fille. ». (extraits de Ephraïm Grenadou/Alain Prévost. Grenadou, paysan français Seuil, réédition, 1978, p.63-64).

3 août 1914 : l’Allemagne déclare la guerre à la France

Après avoir déclaré la guerre à la Russie le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914. La Grande-Bretagne rentre à son tour dans le conflit le 4 août.

L’affaire de la laiterie MAGGI

Alors que la mobilisation se met en place, les appelés de Chartainvilliers se rendent à leur centre de recrutement de Dreux. Ils y accèdent par la voie ferrée Maintenon-Dreux ouverte aux voyageurs depuis le 21 août 1887 (elle sera fermée le 20 mai 1940).

Comme souvent en temps de crise, des rumeurs apparaissent sur le comportement des étrangers. Dans le secteur de Maintenon, les agriculteurs qui travaillent pour la laiterie Maggi, propriété d’un industriel suisse, en subissent les conséquences.

Lettre du Président du Syndicat des cultivateurs du rayon de Maintenon adressée au Préfet d’Eure-et-Loir, le 11 août 1914.
« Monsieur le Préfet,
J’ai l’honneur de vous exposer qu’il y a dans une vingtaine de communes de la région de Maintenon, environ 700 cultivateurs, membres du syndicat, qui ont vendu par contrat le lait à provenir de leurs vaches à la Société Laitière Maggi..
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Or, depuis longtemps des bruits tendancieux circulaient représentant cette société comme étant une société d’espionnage au service de l’Allemagne.
Lors de l’ordre de Mobilisation générale, la population parisienne qui exècre tout ce qui est allemand, s’est ruée sur un certain nombre de boutiques et dépôts de cette société laitière, qu’ils ont saccagés.
Le résultat fut que le ramassage du lait fut cessé à Maintenon. Le lait manqua à Paris pendant que notre produit nous restait pour compte.
Le 8 août, le lait fut ramassé de nouveau au dépôt de Maintenon et continue depuis.
Mais cette cessation a fortement impressionné nos populations patriotes et beaucoup de fournisseurs ne veulent plus donner leur lait à cette société, à moins qu’il leur soit prouvé que ce n’est pas une société allemande.
C’est pourquoi, je prie Monsieur le Préfet, de bien vouloir présenter à Monsieur le Ministre de l’intérieur, mon humble requête et le prier de nous répondre si les cultivateurs du rayon de Maintenon peuvent continuer d’avoir confiance dans la société Laitière Maggi…
Le Président du Syndicat de Maintenon
Signé : Gaouabault
Cultivateur à Théléville, commune de Bouglainval
Par Maintenon. Eure-et-Loir ».
(Archives départementales d’Eure-et-Loir M 29, cité p. 15 L’Eure-et-Loir Pendant la Première Guerre Mondiale par JC Farcy CDDP d’Eure et Loir 4e trim 1981)

Dans ce contexte agité, sous la Présidence de l’Adjoint du fait de la mobilisation du Maire, en août 1914, le conseil municipal continue à administrer les affaires communales et décide qu’un cours d’adultes (pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture) sera ouvert pendant l’hiver 1914-15, dans ce but, il inscrit 100 F au budget (dont 25 F pour le chauffage) et sollicite une subvention de l’Etat.

Fin août 1914 : l’armée allemande à 50 kilomètres de Paris

Mais rapidement, les événements militaires tournent à la quasi déroute. L’Allemagne frappe d’abord la Belgique avant de déferler sur la France pour tenter de prendre Paris par l’Ouest.
Fin août, les armées allemandes occupent entièrement les Ardennes, partiellement le Nord-Pas de Calais et la Picardie.
Elles sont à Senlis, dans l’Oise, à moins de 50 kilomètres de la capitale. Le 30 août quelques bombes sont lâchées sur Paris par l’aviation ennemie.
Le 2 septembre, le gouvernement s’installe à Bordeaux.
Début septembre 1914, une contre offensive des troupes françaises et britanniques permet de stopper l’avancée allemande et les contraint au repli dans l’Aisne.

Première bataille de la Marne et ses célèbres taxis parisiens réquisitionnés.

“Les taxis parisiens ont-ils vraiment permis de sauver la situation lors de la bataille de la Marne ?
Christophe Gué : Les taxis ont transporté seulement cinq bataillons, qui n’ont pas combattu. Mais ils ont été employés en seconde ligne pendant la bataille de l’Ourcq, épisode clé pendant lequel l’action de la 6e armée française sur les arrières de la Ière armée allemande a provoqué sa volte-face et l’a amenée à se désolidariser de la IIème armée.
Inquiète de la brèche ainsi créée, la direction suprême allemande a ordonné la retraite. Les taxis de “la Marne” se prêtaient donc bien à une mise en scène faisant d’eux le symbole d’une France capable de se ressaisir dans les pires circonstances
C.G. : Pendant ces premiers mois, la guerre telle qu’on l’imaginait n’a pas résisté au choc de la réalité. En dépit des prescriptions des règlements parus depuis 1904, les troupes sont parties en campagne comme à ces grandes manoeuvres où les rares tirs à blanc de canons bien en vue ne les incitaient pas à s’abriter. Subitement, elles ont été prises sous le feu de batteries et de mitrailleuses invisibles. La réalité a eu plus de peine à atteindre les “jeunes Turcs” du grand quartier général (GQG) et des QG d’armées. En position de force depuis l’affaiblissement du haut commandement consécutif à l’affaire Dreyfus, ces officiers d’état-major ambitieux étaient possédés par la mystique de l’offensive.
Sans l’action de généraux comme Castelnau ou Lanrezac, le désastre aurait sans doute été total.
C.G. : Près du sixième des Français tués pendant la Grande Guerre l’ont été en août et septembre 1914 !
La puissance de destruction des armes modernes face aux “pantalons rouges” rendait inévitable de lourdes pertes. L’Etat-major du général Joffre les a aggravées en sous estimant les effets du feu, à l’instar du service de santé qui prévoyait 85% de blessures légères par balles.
(Entretien avec le Lieutenant-colonel Christophe Gué du Service Historique de la Défense, Chargé de cours à l’école de Guerre dans Dossier La Croix du 4/01/2014)

Septembre 1914 : Premiers morts pour Chartainvilliers

C’est le 16 septembre 1914 que le premier habitant de Chartainvilliers, ISAMBERT Victor, soldat au 301e Régiment d’Infanterie, “Mort pour la France”,est “tué à l’ennemi” à l’âge de 29 ans à Vaux-Marie dans la Meuse.

Les combats de Vaux-Marie opposent, du 7 septembre 1914 au 10 septembre 1914 pendant la Première Guerre mondiale, le 6e corps de la 3e armée française du général Sarrail au 13e corps de la 5e armée allemande commandée par le Kronprinz. Pendant que la bataille de la Marne se déroule plus à l’ouest, la 5e armée allemande tente d’enfoncer les lignes françaises pour empêcher un transfert de troupe vers la Marne et pour tenter d’encercler la place fortifiée de Verdun.
Après trois jours de combats particulièrement meurtriers, les troupes françaises réussissent à bloquer l’avance allemande. Le 10 septembre 1914, l’armée du Kronprinz entame un repli de 30 à 40 km pour s’aligner avec les autres armées allemandes.
Une partie des combats fut racontée par Maurice Genevoix, sous-lieutenant du 106e RI, dans son livre Sous Verdun. (wikipedia)

Un second, GUIARD Paul, soldat au 102e Régiment d’Infanterie, décédera le 26 septembre 1914 à Margny-aux-Cerises dans l’Oise, à l’âge de 23 ans.
Ces deux soldats tués s’ajouteront aux cinq décès enregistrés durant l’année 1914 dans la commune.

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De septembre à novembre 1914, le front s’étend de la mer du Nord à la frontière Suisse. Il va se figer derrières les tranchées creusées par chacune des armées en présence. A la guerre de mouvement se substitue la guerre de position.
Le gouvernement quitte Bordeaux pour revenir à Paris le 10 décembre 1914.

Arrêt des travaux de forage pour l’eau et solidarité aux blessés

En cette fin d’année 1914, à Chartainvilliers, en l’absence du Maire, mobilisé pour toute la durée de la guerre, en réponse à une première lettre de M. Brochot, puisatier, qui demande s’il y a lieu de reprendre les travaux de forage du puits qui ont été arrêtés par la mobilisation, le conseil municipal du 8 novembre 1914 répond que : “Vu les circonstances actuelles et les difficultés d’approvisionnement pour l’exécution des travaux (il) décide de laisser les travaux dans l’état actuel et de reprendre les affaires après la guerre.
Dans sa séance extraordinaire du 15 décembre 1914, à une nouvelle demande de l’entrepreneur des travaux de forage du puits pour l’eau potable, qui vu les frais de location de moteur et autres, désire reprendre les travaux, L’Adjoint au Maire répond : “j’ai l’honneur de vous informer que les membres présents du conseil municipal ne voient pas d’obstacle à ce que les travaux du forage soient repris.
Toutefois, vu les difficultés que vous avez (personnel, approvisionnement, transports), la Commune ne veut supporter aucune charge nouvelle par suite de la reprise du travail et le conseil entend rester strictement dans les clauses et conditions du traité que vous avez signé.” Du fait de cette exigence, le puisatier ne donnera pas suite à son souhait de reprise des travaux.

Lors de la même réunion, le Conseil décide de voter une somme de cinquante francs pour les soldats et évacués belges du camp d’Auvours, d’allouer cent francs, sur le budget communal, en faveur des blessés du département et d’ouvrir parmi la population une souscription.

* * *

Alors que beaucoup voyaient la victoire “au bout du fusil” et pensaient que le conflit serait de courte
durée, après la percée qui amène les armées allemandes aux portes de Paris en septembre 1914, il faut bien déchanter. A fin 1914, la Grande Guerre va s’installer dans la durée, et sera la grande broyeuse de vies humaines.
Si Chartainvilliers ne compte que deux soldats tués durant ces cinq premiers mois de conflit, il
n’en est pas de même au niveau des différents fronts.
Du seul coté français, l’année 1914 conduira à la mort, ou à la disparition, de 300 000 personnes, soit à peine moins que l’ensemble des pertes de l’année 1915 (350 000) et nettement plus que l’année 1916 (250 000), 1917 (165 000) ou 1918 (225 000).

“En cause : pas seulement le pantalon garance trop voyant, que le pouvoir civil a refusé de remplacer par souci de faire des économies, mais bien cette obstination à monter à l’assaut baïonnette au clair au mépris du feu…Les leçons de l’échec de ces premières semaines de guerre dans le domaine stratégique ne seront tirées qu’en 1917. Confronté à l’échec, l’état-major, avec le plein accord du pouvoir civil, persévère et sanctionne avec une extrême sévérité ce qui n’apparaît pas dans la ligne. Plusieurs généraux sont limogés. Et bon nombre des 675 fusillés pour refus de combattre de la première guerre mondiale le sont dès 1914-1915.” (Antoine Fouchet dans La Croix du 4/1/2014).

En plus de ces disparitions tragiques, la Grande Guerre va bouleverser considérablement la vie du pays. Les femmes vont remplacer les hommes dans de nombreuses tâches agricoles, mais aussi industrielles.
Des prisonniers allemands, mais aussi des réfugiés belges, ou des tunisiens vont être appelés à effectuer une partie des travaux des champs.

Eglise

L’église de Chartainvilliers description du 24 juin 1854

Les images présentées dans cette base de données sont issues des statistiques des édifices et bâtiments communaux réalisées par les agents-voyers cantonaux entre 1852 et 1854 et conservées aux Archives départementales d’Eure-et-Loir dans la sous-série 1 O. Les agents-voyers cantonaux dépendaient alors du service vicinal départemental créé suite à la loi du 21 mai 1836. Jusqu’en 1848, le service se partageait les chemins en deux ordres d’attributions : d’une part la grande vicinalité (vicinalité départementale) dirigée par des ingénieurs, cantonniers, conducteurs et agents de surveillance et d’autre part la petite vicinalité (vicinalité communale) confiée à des agents-voyers spéciaux (voyer-chef et agents-voyers cantonaux). Devant les difficultés de gestion matérielle et financière de ce système, le conseil général décida en 1848, sur proposition du préfet, de réunir en une seule administration la petite et la grande vicinalité sous la direction de l’ingénieur en chef des ponts-et-chaussées (agent-voyer supérieur) avec des ingénieurs ordinaires (agents-voyers d’arrondissement), des conducteurs et des piqueurs (agents-voyers cantonaux) et d’autres agents-voyers. Cette nouvelle organisation s’est révélée nécessaire suite à l’augmentation des classements de chemins, à la réglementation des cours d’eau et des usines, aux demandes de nouvelles lignes de moyenne communication et à la décision du conseil général de confier aux agents-voyers cantonaux le soin de dresser une statistique des bâtiments communaux puis de suivre l’étude et l’exécution des projets de travaux qui s’ensuivraient.
En effet, l’assemblée du conseil général, dans sa session de 1851 (d’après l’extrait du procès-verbal de délibération de la session de 1851 conservé aux Archives départementales d’Eure-et-Loir), vota un crédit de 30.000 francs pour faire dresser par “MM. les agents-voyers du département la nomenclature des églises, presbytères et autres bâtiments communaux, contenant sommairement leur description, leur état, l’indication et l’évaluation approximative des travaux à faire et leur degré d’urgence”.
Ces états statistiques sont constitués principalement de feuillets (un par commune) sur lesquels figurent :

 un tableau récapitulant l’état des bâtiments et le coût évalué pour leur réparation ;


 un plan au sol et un croquis en élévation ou en perspective des édifices religieux (églises, chapelles). Ce sont ces croquis qui sont présentés ici.

eglise_1854L’église de Chartainvilliers a été élevée en 1691. Du moins c’est le millésime gravé sur l’une des pierres de la façade. Elle se compose seulement d’une nef, le chœur qui n’est que le prolongement de la nef n’en est séparé que par une cloison d’appui en bois, et par un emmarchement en pierres.
Chaque coté de l’église est éclairé par trois fenêtres de forme ogivale. La nef et le chœur sont couronnés d’un lambris plats d’un effet très désagréable et d’une mauvaise exécution, il est composé de planches mal jointives et à peine blanchies. Cette église est extrêmement petite, elle paraît avoir été érigée par la famille de Noailles, il est probable qu’à son origine elle a été considérée simplement comme une chapelle seigneuriale et non comme une église paroissiale. Elle porte au dessous de la porte d’entrée de l’Ouest, et gravé sur pierre, un Ecusson qui bien qu’abimé nous avons cru reconnaître pour le blason du duché de Maintenon. M. le Curé et M. le Maire nous ont fait observé que l’église était effectivement trop petite pour la population, et que déjà un devis d’aggrandissement montant à 10 000 francs avait été dressé mais n’avait pas reçu son exécution, l’aggrandissement projeté était de
Le clocher à cheval sur le milieu de l’église est formé d’une charpente en asse bon état mais la couverture en ardoise est dans un complet état de destruction et a besoin d’être refaite à neuf. Les murs de l’église sont construits en grosse maçonnerie, une plat-forme en grès couronne les murs. La charpente est en chêne de très faible dimension, la couverture est en tuiles.
Tout le vaisseau est en bien médiocre état. Le pignon de l’ouest, déjà maintenu par 4 ancres en fer attachées sur la charpente surplombe et nous regardons sa reconstruction comme inévitable.
La couverture en tuiles est également en mauvaise état et a besoin également d’être refaite en partie. Le chevronnage faible et trop écarté, plusieurs chevrons sont à remplacer.
Dimensions principales. Long. de la nef intérieurement 12,30 mètres – Long. du chœur 11,20 mètres – Larg. de la nef 7,80 mètres – hauteur du sol jusques sous le plancher 5,50 mètres – hauteur du sol jusques sous le larmier 6,00 mètres – hauteur perpendiculaire de la toiture 6,00 mètres – haut. Du clocher mesuré du faîte de l’église jusqu’à la flèche 6,00 mètres.
statistiques des édifices et bâtiments communaux réalisées par les agents-voyers cantonaux entre 1852 et 1854
Chartainvilliers 24 juin 1854 – site internet des archives départementales d’Eure-et-Loir Cote 1 O art. 205 vue 1

* * *

Eglise de CHARTAINVILLIERS (542.2 – 94)
Saint patron : Saint Jean Baptiste Présentateur à la cure : Annexe de Saint-Piat

eglise_carte_01 C’est sans doute le chapitre de Saint-Piat (établi près de la cathédrale de Chartres) qui, devenu seigneur du petit village de Chartainvilliers en 1380, fit élever l’église primitive en 1390. Madame de Maintenon l’aurait fait reconstruire en 1691 et cette date figure sur une pierre en grès taillé de la façade.
Cette petite église est un simple rectangle, arrondi à l’abside, avec une sacristie au sud du chœur ; tribune, voûte lambrissée, clocher de charpente au milieu du toit. Le seul élément intéressant surmonte le portail : un bandeau sculpté d’un écu effacé présenté par deux griffons et surmonté d’une couronne de marquis. Le mobilier date de la fin du XIXème siècle (retable 1821, chaire et confessionnal 1894).

Mobilier ancien
Retable – 1 statue – 2 tableaux – 1 bas-relief
plus : Autel secondaire (N-D de Lourdes) – Chaire – Confessionnal
Cloche Marie Claudine, 1874, 454kg

Iconographie
Passion du Christ (tableau, statue bois) – Saint Jean-Baptiste (tableau du retable)
SAEL, 1er trimestre 1992 – N.d.T. en italiques

Il y a la couronne de marquis (marquise?) et les griffons, mais qu’y avait-il sur l’écu : le griffon de Madame de Maintenon ou la bande des Noailles ?

Sources : Bulletin de la Société archéologique d’Eure-et-Loir 1er trimestre 1992 n°32
Roland DURECU Pierres 2005

La cloche de l’église
Il n’est pas usuel lorsque l’on entre dans une église de visiter le clocher et la nôtre est dans ce cas.
En montant dans le clocher et en s’approchant de la cloche, on peut lire :
« L’an 1874, j’ai été bénite dans l’église de Chartainvilliers. Je m’appelle Marie-Claudine. J’ai pour parrain M. Claude HUBER, curé de cette, paroisse et pour marraine, Irma Elisabeth /Armand/ne TATEPOIRE, épouse de M. BRADIN, maire de la commune ».

Elle pèse 454 kg, a coûté 643,35 F, dont une souscription de 350 F et une allocation préfectorale de 100 F.
Le tic-tac caractéristique, et pas très discret de la pendule, est dû à un mouvement à contrepoids qu’il faut remonter une fois par semaine, le samedi matin en général. L’origine et l’âge du mécanisme restent un mystère dans l’immédiat et si quelqu’un le sait, les informations mériteraient d’être connues de tous. Par une transmission efficace, un fil de fer partant du mécanisme de sonnerie, la cloche est mise en mouvement toutes les heures et à la demie. C’est à l’angélus du matin et du soir que le battant frappe la panse en airain une centaine de coups, commandé par l’électricité qui remplace la corde tant appréciée des enfants de chœur.

En outre, notre église s’est enrichie d’un bénitier. C’est dans une pierre de Prasville, offerte par M. et Mme DAVID de Jouy, que Jacky DUC a creusé ce bénitier et posé sur un socle maçonné, travail exécuté pendant ses moments de loisirs. Remercions-les pour leur bénévole participation à cette réalisation.

CIC 07/1989

Conseils municipaux 2015

2015_12_08-conseil-municipal
2015_11_05-conseil-municipal
2015_09_25-conseil
conseil-02072015
2015_05_28-conseil-municipal
2015_03_19-conseil-municipal
2015_01_19-conseil-municipal

http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2016
http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2015
http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2014
http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2013
http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2012

Elections municipales

ELECTIONS MUNICIPALES DU 23 mars 2014 CHARTAINVILLIERS.

Elections municipales 1er TOUR

23/03/2014
Inscrits : 536
Votants : 348 64,93%
Nuls : 12 3,45%
Exprimés : 336 96,55%

Ont obtenu :

Voix – (% Exprimés) – % Inscrits

BOUTIN Alain : 327 (97,32%) – 61,01%
TANTY Fabrice : 320 (95,24%) – 59,70%
BOUAZIZ Guy : 319 (94,94%) – 59,51%
GUIBERT-DAVAL Marine : 319 (94,94%) – 59,51%
LEJEUNE Dominique : 317 (94,35%) – 59,14%
RIBOUST François : 315 (93,75%) – 58,77%
MULLER Christian : 314 (93,45%) – 58,58%
PLANTE Marie-Paule : 312 (92,86%) – 58,21%
CHEUL Janine : 311 (92,56%) – 58,02%
HERNANDO Thierry : 311 (92,56%) – 58,02%
LEMAIRE Bertrand : 304 (90,48%) – 56,72%
DE BEIR Cécile : 303 (90,18%) – 56,53%
PICHOT Claudie : 301 (89,58%) – 56,16%
FOUQUET Jean-Claude : 297 (88,39%) – 55,41%
BAETE Didier : 294 (87,50%) – 54,85%

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Elections municipales 1er TOUR

09 mars 2008.

Inscrits : 514.
Votants : 319 62,06%.
Nuls : 16.
Exprimés : 303 94,98%.

Ont obtenu :

CHEUL Janine : 281 92,74% ELUE.
BOUYER Thierry : 281 92,74% ELU.
DROIT Serge : 281 92,74% ELU.
JACOT Xavier : 281 92,74% ELU.
TANTY Fabrice : 280 92,41% ELU.
LEBERRE Jean-Claude : 276 91,09% ELU.
HARDY François : 276 91,09% ELU.
DELORME Olivier : 275 90,76% ELU.
ANEST Sandrine : 275 90,76% ELUE.
BOUAZIZ Guy : 272 89,77% ELU.
CHANDELIER Sandrine : 272 89,77% ELUE.
PICHOT Claudie : 268 88,45% ELUE.
BOUTIN Alain : 263 86,80% ELU.
GUIBERT-DAVAL Marine : 262 86,47% ELUE.
BERNIER Chantal : 252 83,17% ELUE
Puis :
WATSON Pascale : 11 3,63%, GIARDI Florence 7, FOUQUET Jean-Claude
6, PITHOIS Bertrand 6, FOUQUET Christian 5, MOUTON René 5, CASSIER Alain
4, RIMBOUX Jean-Claude 4, AUBERT Lydia 3, BOULLAND Christophe 3, CAMENEN Françoise 3, CHEVE Jean-Jacques 3, COQUIN Franck 3, DUC Jacky 3, FLICK Pierre 3, BAGOT Emmanuel 2, BARTHELEMY Michèle 2, CECCUTTI Fabrice 2, CECCUTTI Sophie 2, CLOUET Guy 2, DEVEZE Franck 2, FOUQUET Bruno 2, FOUQUET Catherine 2, FOUQUET Eliane 2, FOUQUET Hélène 2, FOUQUET Nicole 2, FOUQUET Olivier 2, FOUQUET Serge 2, FOUQUET Thomas 2, FOUQUET Valérie 2, GOUIN Edith 2, PORCHET Robert 2, AUBERT Eric 1, AUBERT Priscillia 1, CASSARD Anne-Marie 1, CASSIER Sandra 1, COULLOC’H Vincent 1, DEVEZE Hélène 1, DEVEZE mathieu 1, DEVEZE Stéphane 1, HYGNEAU Alain 1, HYGNEAU Brigitte 1, JOUSSEAUME Jack 1, PORCHET Eliane
1, RIMBOUX Graziella 1.
* * *

Elections Présidentielles 2017 / 2012

à CHARTAINVILLIERS

Election Présidentielle
07/05/2017 – 2e tour

Inscrits : 543
Votants : 464 (85,45%)
Blancs : 59 (12,7%)
Nuls : 7 (1,5%)
Exprimés : 398 (85,7%)

MACRON Emmanuel : 239 (60,05%)
LE PEN Marine : 159 (39,9%)

Election Présidentielle -23/04/2017 – 1er tour

CHARTAINVILLIERS
23/04/2017
1er tour 

Inscrits : 543
Votants : 480 (88,40%)
Blancs : 14 (2,92%)
Nuls : 2
Exprimés : 466 (97,08%)

DUPONT-AIGNAN Nicolas : 39 (8,37%)
LE PEN Marine : 120 (25,75%)
MACRON Emmanuel : 107 (22,96%)
HAMON Benoît : 21 (4,51%)
ARTHAUD Nathalie : 3 (0,64%)
POUTOU Philippe : 3 (0,64%)
CHEMINADE Jacques : 2 (0,43%)
LASSALLE Jean : 4 (0,86%)
MELENCHON Jean-Luc : 74 (15,88%)
ASSELINEAU François : 8 (1,72%)
FILLON François : 85 (18,24%)


* * * *

22/04/2012 1er tour  
Inscrits : 539
Votants : 471 87,38%
Blancs-Nuls : 22 4,67%
Exprimés : 449 95,33%
SARKOZY Nicolas  UMP : 126 28,06%
HOLLANDE François PS-PRG-MRC : 105 23,39%
LE PEN Marine FN : 93 20,71%
MELENCHON Jean-Luc FG : 50 11,14%
BAYROU François UDF : 45 10,02%
JOLY Eva EE-Les Verts : 14 3,12%
DUPONT-AIGNAN Nicolas Div. D. : 7 1,56%
POUTOU Philippe NPA : 6 1,34%
ARTHAUD Nathalie LO : 2 0,45%
CHEMINADE Jacques Div. : 1 0,22%

* Il y a eu 53,99% de participation à 13 h.

06/05/2012 2e tour
Inscrits : 539
Votants : 478 88,68%
Blancs-Nuls : 44 9,21%
Exprimés : 434 90,79%
SARKOZY Nicolas UMP : 229 52,76%
HOLLANDE François PS-PRG-MRC : 205 47,24%

* * *

Chartainvilliers 1915

« Maintenant tu ne lis pas les journaux.
Mais plus tard, méfie-toi de ceux qui cherchent à te faire croire que les peuples sont chacun d’une espèce différente et qu’il faut qu’il y en ait un qui prédomine le leur ; si c’est vrai pour les uns, c’est vrai pour les autres, et c’est la guerre à perpétuité. »
 
Henri Barbusse Le Feu

Une année meurtrière

Alors qu’on la voyait rapide et victorieuse, la guerre s’installe et sa cruauté apparaît à tous.

A l’image du pays, où 350 000 morts seront dénombrés, l’année 1915 sera, pour les familles de Chartainvilliers la plus meurtrière des quatre années de guerre. Sur les 24 noms mentionnés sur le monument aux Morts, 8, soit le tiers, le sont au titre de l’année 1915.

Pour éviter de démoraliser les populations civiles, une loi est votée dés le 15 janvier 1915 pour interdire toute exhumation et transfert de corps de militaire mort au front.

Cela fait suite à l’interdiction faite à la presse, par le général Commandant la 4e Région militaire, en octobre 1914, de ne pas publier de listes des tués ou des blessés.

«Tac ! Tac ! Pan ! Les coups de fusil, la canonnade. Au-dessus de nous, partout, ça crépite ou ça roule, par longues rafales ou par coups séparés. Le sombre et flamboyant orage ne cesse jamais, jamais. Depuis plus de quinze mois, depuis cinq cents jours, en ce lieu du monde où nous sommes, la fusillade et le bombardement ne se sont pas arrêtés du matin au soir et du soir au matin. On est enterré au fond d’un éternel champ de bataille ; mais comme le tic-tac des horloges de nos maisons, aux temps d’autrefois, dans le passé quasi légendaire, on n’entend que cela lorsqu’on écoute».

On comprend mieux, dans ces conditions, que cette année 1915 ait pu servir, à partir de notes personnelles rédigées sur le front, de trame au célèbre roman d’Henri Barbusse «Le Feu», Prix Goncourt 1916, dont est extrait le paragraphe précédent.

Ce titre, à lire ou à relire, a d’autant plus sa place dans cette chronique que sa rédaction a été, pour partie, réalisée lors d’une hospitalisation de l’auteur à Courville en 1916.

Peut-être y-a-t-il croisé une habitante de Chartainvilliers, dont le conseil municipal a demandé, en décembre 1915, l’internement à l’hospice des vieillards de cette commune.

Dans cette guerre dévoreuse d’hommes, les blessés sont nombreux et les besoins militaires immenses. Aussi, il convient de soigner au plus vite les moins invalides, pour leur permettre un retour rapide sur le front.

C’est l’une des missions données au département d’Eure-et-Loir. Alors que les structures hospitalières permanentes sont débordées, de nombreux centres de soins temporaires voient le jour dans des institutions collectives ou dans des résidences privées. C’est à la gare de Maintenon, où a été installée une infirmerie, que passe l’immense majorité des évacués du front venant se faire soigner dans le département.

Pour permettre le financement de ces structures, des appels à la générosité sont lancés. Dans sa séance du 8 février 1915, le Conseil municipal de Chartainvilliers décide de voter une somme de cinquante francs pour l’œuvre de la Croix Rouge du Canton de Maintenon.
En novembre de la même année, il alloue une somme de vingt-cinq francs pour subvenir aux énormes dépenses de la Société de secours aux Blessés militaires de l’hôpital auxiliaire n°14 installé 23, Boulevard Chasles à Chartres.
Soit 1,1% des recettes fiscales communales, perçues au titre de 1915, qui s’élevaient à 6 455,42 frs.

La Guerre a besoin d’argent. Pour faire sortir l’or des placards, et le transformer en emprunts, des actions sont menées sous l’égide de la Banque de France. « Garder son or serait aujourd’hui se montrer mauvais français » affirme le Journal de Chartres du 27 septembre 1915. A cette date, l’équivalent de 6,5 millions de frs d’or ont été apportés par les habitants d’Eure-et-Loir, 800 millions de frs au niveau national.

Des progrès en chirurgie

Il arrive que l’horreur engendre des avancées. Ce sera le cas en matière de chirurgie militaire et civile pour la Première Guerre mondiale.

« Au départ, la doctrine était de renvoyer les blessés vers des hôpitaux de leur région d’origine. Mais ils mettaient souvent deux à trois semaines avant d’arriver. Et beaucoup mouraient de la gangrène en cours de route » (Professeur Blanc).
Aussi, , dés la fin de 1914, il fut décidé d’installer des hôpitaux militaires « de l’avant » à proximité du front.

« C’est à cette époque qu’est né un concept, toujours en vigueur aujourd’hui, celui de « triage » ou « catégorisation » des blessés pour les orienter en fonction de leur état ». (Marc Beaumelle, adjoint au Conservateur du Musée Service de Santé des armées à Paris).

Le conflit participa également au développement de l’anesthésie qui, en 1914, était inexistante sur le front.
« De 1915 à 1917, les chirurgiens utilisèrent du chloroforme qui, peu à peu, fut remplacer par l’éther » (M. Beaumelle). Après l’entrée en guerre des Etats-Unis, dés la fin 1917, les chirurgiens français purent utiliser de nouveaux produits, venus d’outre-Atlantique, en particulier le protoxyde d’Azote.

Pour éviter la propagation de la maladie, une loi du 18 octobre 1915 impose la prise en charge des réformés pour cause de tuberculose dans des structures dédiées.

Suppression de la météo et de l’absinthe

Le 5 février 1915, il est interdit à la presse de publier des bulletins météo, et en mars commencent les premiers rapatriements de civils français des zones occupées par l’Allemagne.

Le 16 du même mois, interdiction de vendre de l’absinthe, ou toute substance spiritueuses de la même famille, afin de permettre une relance de l’économie autour du vin.

Sur le Front, l’enlisement et début d’utilisation des gaz toxiques

Après le « feu vert » donné aux navires français et britanniques pour tenter d’ouvrir un front à l’est et de forcer le passage des détroits des Dardanelles, l’Empire turc, entré en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, oppose une résistance farouche.
Les troupes alliées rembarqueront le 9 janvier 1916.

Le 18 mars 1915, il est décidé de mettre fin aux attaques en Champagne, 100 000 morts pour un gain de … 3 km.

Le 22 mars, des zeppelins allemands bombardent Chantilly dans l’Oise, et le 22 avril, à Langemark, prés d’Ypres,en Belgique, première attaque au gaz chloré.

Le 26 avril 1915, l’Italie signe le pacte de Londres, change de camp et rejoint ainsi la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie). Faisant partie au tout début de la guerre de la Triple-Alliance avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, elle avait, dans un premier temps, opté pour la neutralité

Le 7 mai 1915, le “Lusitania” est torpillé près de l’Angleterre par un sous-marin allemand (1 198 morts, dont 120 citoyens des Etats-Unis).
Seuls six des vingt-deux canots de sauvetage peuvent être mis à la mer. En un quart d’heure, à peine, ce paquebot ultramoderne, réquisitionné par la Navy en août 1914 et équipé de 12 canons, s’enfonce rapidement par 93 mètres de profondeur.
L’indignation est générale à travers la planète, en dehors des pays des empires centraux.
 
W. WILSON, souligne immédiatement le décès de nombreux compatriotes américains, pour menacer l’Allemagne d’une entrée en guerre aux côtés de l’Entente.
L’indignation est telle, que l’Empereur d’Allemagne désavoue le capitaine du sous-marin, lui inflige une sanction, décide au mois d’août suivant de suspendre la guerre sous-marine, et d’offrir aux Etats-Unis une indemnité pour les pertes du Lusitania.
 
Mais l’évidence de l’abomination de l’acte condamné en 1915, a été mise à mal en 1972, lors de l’ouverture des archives.
L’acte de torpillage d’un navire transportant des civils reste condamnable, mais l’Amirauté britannique, et les autorités Américaines ne sont pas exclues de tout reproche. 
En effet, le paquebot transportait, en contrebande, 50 tonnes d’obus et de très grandes quantité de poudre et d’explosifs.

A l’intérieur, tout est à réorganiser

Les difficultés d’approvisionnement se développent. De nombreux vols de poules, de légumes, de bovins, mais aussi de céréales sont enregistrés. Ainsi, à Bouglainval, en août 1915, Mme Letellier a constaté que toute sa récolte d’avoine lui a été volée dans un champ. Elle estime la perte à 150 frs, et n’a aucun soupçon sur l’auteur du vol.

Outre, les hommes mobilisés qui font défaut, c’est l’ensemble de la vie sociale, et économique, qu’il faut réorganiser.

Ainsi, le 2 mai, le Conseil municipal de Dreux demande l’octroi de 100 prisonniers de guerre pour les travaux des champs. Deux cents seront alloués pour l’arrondissement de Dreux.

A Chartainvilliers, des soldats permissionnaires sont affectés aux travaux agricoles. Aussi, dans sa séance du 22 août 1915, le Conseil municipal décide de prendre à la charge de la commune les frais de nourriture pour dix soldats venus faire la moisson, et non encore répartis chez les cultivateurs lors de leur arrivée le soir dans la localité.

Outre des soldats mis en permission, des prisonniers, sont mis, à compter du 3 juillet 1915, à disposition de collectivités exclusivement pour des travaux « en vue d’un intérêt général. Ces prisonniers ne doivent donc jamais être mis à la disposition des particuliers » (Règlement du Ministre de la guerre).
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En Eure-et-Loir, pour l’agriculture, il est fait également appel à de la main d’oeuvre coloniale et étrangère, notamment des kabyles algériens et des jeunes tunisiens.

Dans les écoles, comme à Chartainvilliers, l’instituteur, est mobilisé sur le front. Sa femme le supplée comme secrétaire de Mairie, et c’est une remplaçante, Mlle LORENT, qui vient donner la leçon aux élèves du village, à partir de la rentrée du 27 septembre 1915.

Avisé par Monsieur FOUCAULT, instituteur titulaire du poste de Chartainvilliers mobilisé, du désir de ne plus continuer à assurer le logement de l’institutrice intérimaire qui le remplace dans la seule chambre disponible du logement occupé par Madame FOUCAULT, [dans notre actuelle Mairie], le Conseil municipal décide de voter, en janvier 1916, à Mlle LORENT, intérimaire, la somme de onze francs par mois comme indemnité représentative de logement due au personnel de l’enseignement public. Cette indemnité est supérieure aux 125 F par an maximum, pouvant être attribués pour une commune de moins de 1 000 habitants.

L’organisation de l’école en temps de guerre

A travers le rapport sur la vie scolaire dans le département depuis la déclaration de guerre, publié dans le journal Le Progrès du 30 janvier 1916, on peut apprendre que la déclaration de guerre eut pour conséquences immédiates l’appel de près de deux cents instituteurs et, dans les localités importantes, la réquisition d’une partie des immeubles scolaires pour des fins diverses…

« Dans l’agglomération de Chartres, la réquisition des écoles fut particulièrement gênante ; jusqu’à Pâques, à cause de l’insuffisance des locaux provisoires, une partie des élèves ne purent bénéficier que de classe de demi-temps.

Le personnel de remplacement qui comprend près de deux cents maîtres et maîtresses est composé d’instituteurs et de quelques institutrices en retraite, quelques instituteurs et un nombre plus élevé d’institutrices réfugiées des départements envahis, des jeunes gens et des jeunes filles qui étaient déjà occupés avant la guerre comme maîtres auxiliaires auxquels sont venus se joindre beaucoup d’autres jeunes gens et jeunes filles brevetés qui souhaitent presque tous rester dans l’enseignement…
 
Au début des hostilités, des garderies de vacances, assez souvent avec cantine, furent organisées dans beaucoup de communes ; elles rendirent de grands services aux familles en laissant plus de liberté aux adultes et aux adolescents pour les travaux qui pressaient. Quelques jours après la rentrée d’octobre, les jeunes filles des écoles mixtes et des écoles spéciales étaient invitées à confectionner des vêtements chauds pour les soldats du front. Les instituteurs et les institutrices surent trouver l’argent nécessaire à l’achat de la laine et des tissus et les élèves travaillèrent tout l’hiver avec la plus louable ardeur. Dans un arrondissement, le nombre des effets remis à l’inspection primaire s’est élevé à plus de six mille…

Les maîtres et leurs élèves ont été pour beaucoup dans le succès des diverses « journées » qui ont été organisées : Noël aux armées, journée du 75, journée serbe, journée française…

Le nombre des cours d’adultes pour hommes a été réduit de près de moitié… Il en est ainsi à Chartainvilliers, où le Conseil municipal, qui en août 1915 avait demandé des subventions pour la tenue d’un cours d’adultes, dans sa séance du 14 novembre 1915 décide, vu la mobilisation des jeunes classes qui fréquentaient le cours d’adultes et l’importance des travaux de la campagne, qu’il ne sera pas fait de cours d’adultes pendant l’hiver 1915-1916.

Et là où ils furent maintenus, l’objet habituel des cours fut modifié assez profondément… Auditeurs et auditrices furent régulièrement renseignés sur la guerre (cause, faits, espoirs…) ; l’amour de la patrie et la confiance dans ses destinées furent exaltés…

Dans un département essentiellement agricole, l’éducation physique des jeunes gens, généralement robustes, ne devait pas retenir beaucoup les efforts des maîtres ; ils ont eu l’impression d’être plus utiles à la patrie, et collaborer un peu à sa défense, en faisant plus servir les sociétés de tir à la carabine organisée au sein des amicales d’anciens élèves; les séances de tir furent tenues même pendant les mois d’hiver et régulièrement suivies… ».

A Chartainvilliers, rappelons qu’une société de tir, dont l’instituteur était le Président, existe depuis 1899

Les animaux aussi sont concernés par la guerre

En plus des hommes, la guerre a grand besoin de nourriture, mais aussi de chevaux et autres bêtes de somme.

Dans l’attente des réquisitions de l’autorité militaire, les animaux sont consignés dans les fermes.
Lorsqu’ils créent des dégâts les propriétaires sont indemnisés.

A Chartainvilliers, dans sa séance du 8 février 1915, le Conseil municipal décide de payer à Madame GUERIN une somme de 21 f. pour des réparations de bris de râteliers faits par des chevaux de mobilisation. Les dépenses, n’ayant pas été constatées par l’autorité militaire, restent moitié à la charge de la commune, moitié à la charge de la propriétaire de la ferme.

Inquiétudes pacifistes

Dans le département, des activités « pacifistes » sont détectées dès février 1915.

A Brou, les gendarmes ont saisi trois cartes postales qui se trouvaient à l’étalage de Mme veuve Thierry, épicière. Mme Thierry avait reçu la visite, dans le courant du mois de janvier, d’une nommée Specht, se disant représentante de la maison « Aux Alliés », 8, rue Cadet, à Paris.

La commerçante avait répondu aux offres de la femme Spetch en achetant 400 cartes postales, mais en outre de celles choisies, elle reçut dernièrement les trois cartes saisies.
Ces cartes portaient les mots : « Il faut lui dire de revenir, la guerre devrait bientôt finir. Quand la guerre sera finie notre bonheur sera infini. Reviens bien vite, reviens bientôt et reçois mille bons bécots. »

A la fin 1915, sur demande du Ministère de l’Intérieur, le Préfet vérifie s’il y a diffusion de propagande pacifiste. En réponse, le Sous-préfet de Nogent-le-Rotrou répond par la négative : « Si des brochures ou tracts ont pu toucher, ce que je ne pense pas, certaines personnes, elles n’ont en rien ébranlé la confiance de nos populations dont le patriotisme et le robuste bon sens résisteraient certainement à toutes tentatives de propagande ».

Dans le même temps, le Sous-préfet de Châteaudun demande au juge de paix de Brou de « donner des instructions verbales et confidentielles… au directeur du Journal de Brou », pour « interdire tous les articles pour ou contre la paix de façon à éviter des polémiques intempestives sur cette question ».

C’est dans ce contexte que s’annonce l’année 1916. Année de la publication, et du Prix Goncourt, du roman d’Henri Barbusse « Le Feu ».

Paroles d’écrivain

   Des instituteurs sont sous-officiers à la compagnie ou infirmiers. Dans le régiment, un frère mariste est sergent au service de santé ; un ténor, cycliste du major ; un avocat, secrétaire du colonel ; un rentier, caporal d’ordinaire à la Compagnie Hors Rang. Ici, rien de tout cela. Nous sommes des soldats combattants, nous autres, et il n’y a presque pas d’intellectuels, d’artistes ou de riches qui, pendant cette guerre, auront risqué leurs figures aux créneaux, sinon en passant, ou sous des képis galonnés.

Oui, c’est vrai, on diffère profondément.
Mais pourtant on se ressemble.

Malgré les diversités d’âge, d’origine, de culture, de situation, et de tout ce qui fut, malgré les abîmes qui nous séparaient jadis, nous sommes en grandes lignes les mêmes. À travers la même silhouette grossière, on cache et on montre les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère simplifié d’hommes revenus à l’état primitif.
Le même parler, fait d’un mélange d’argots d’atelier et de caserne, et de patois, assaisonné de quelques néologismes, nous amalgame, comme une sauce, à la multitude compacte d’hommes qui, depuis des saisons, vide la France pour s’accumuler au Nord-Est.

Et puis, ici, attachés ensemble par un destin irrémédiable, emportés malgré nous sur le même rang, par l’immense aventure, on est bien forcé, avec les semaines et les nuits, d’aller se ressemblant. L’étroitesse terrible de la vie commune nous serre, nous adapte, nous efface les uns dans les autres.
C’est une espèce de contagion fatale. Si bien qu’un soldat apparaît pareil à un autre sans qu’il soit nécessaire, pour voir cette similitude, de les regarder de loin, aux distances où nous ne sommes que des grains de la poussière qui roule dans la plaine.
On attend. On se fatigue d’être assis : on se lève. Les articulations s’étirent avec des crissements de bois qui joue et de vieux gonds : l’humidité rouille les hommes comme les fusils, plus lentement mais plus à fond.

On est là, implantés, oisifs. Ce sera dur, aujourd’hui, de venir à bout de la journée, de se débarrasser de l’après-midi. On grelotte, on est mal ; on change de place sur place, comme un bétail parqué.
Cocon explique à son voisin la disposition de l’enchevêtrement de nos tranchées. Il a vu un plan directeur et il a fait des calculs. Il y a dans le secteur du régiment quinze lignes de tranchées françaises, les unes abandonnées, envahies par l’herbe et quasi nivelées, les autres entretenues à vif et hérissées d’hommes. Ces parallèles sont réunies par des boyaux innombrables qui tournent et font des crochets comme de vieilles rues. Le réseau est plus compact encore que nous le croyons, nous qui vivons dedans. Sur les vingt-cinq kilomètres de largeur qui forment le front de l’armée, il faut compter mille kilomètres de lignes creuses : tranchées, boyaux, sapes. Et l’armée française a dix armées. Il y a donc, du côté français, environ dix mille kilomètres de tranchées et autant du côté allemand… Et le front français n’est à peu près que la huitième partie du front de la guerre sur la surface du monde.
Ainsi parle Cocon, qui conclut en s’adressant à son voisin :
— Dans tout ça, tu vois ce qu’on est, nous autres…

L’entente des démocraties, l’entente des immensités, la levée du peuple du monde, la foi brutalement simple… Tout le reste, tout le reste, dans le passé, le présent et l’avenir, est absolument indifférent.
Et un soldat ose ajouter cette phrase, qu’il commence pourtant à voix presque basse :
— Si la guerre actuelle a fait avancer le progrès d’un pas, ses malheurs et ses tueries compteront pour peu.
Et tandis que nous nous apprêtons à rejoindre les autres, pour recommencer la guerre, le ciel noir, bouché d’orage, s’ouvre doucement au-dessus de nos têtes. Entre deux masses de nuées ténébreuses, un éclair tranquille en sort, et cette ligne de lumière, si resserrée, si endeuillée, si pauvre, qu’elle a l’air pensante, apporte tout de même la preuve que le soleil existe.

* * * *

Les huit soldats de Chartainvilliers Morts en 1915

JULLIOT Victor, né le 27/09/1892, Matricule 803 Dreux 1912, 2e cl. au 156e Régiment d’Infanterie,
Mort pour la France le 25/03/1915 à Zonnebecke (Belgique, près d’Ypres)

GALLAIS Edmond, né le 27/10/1887, Matricule 85 Dreux 1907, Caporal au 301e Régiment d’Infanterie,
Disparu le 21/04/1915 à St-Remy (Meuse)

DELAPORTE Abel, né le 16/07/1892, Matricule 781 Dreux 1912, 2e cl. au 156e Régiment d’Infanterie,
Tué à l’ennemi entre le 9 et 15/05/1915 à Neuville-St-Vaast (Pas-de-Calais)

LOCHON Albert, né le 10/10/1890, Matricule 1025 Dreux 1910, soldat au 170e Régiment d’Infanterie,
Tué le 13/06/1915 à Aix-Noulette (Pas-de-Calais)

LAMY (I) Octave, né le 28/12/1885, maçon, Matricule 229 Dreux 1905, Caporal (31/3/1915) au 317e Régiment d’Infanterie,
Tué à l’ennemi le 28/09/1915 devant St-Hilaire-le-Grand (Marne)

PIERRE Eugène, né le 07/05/1895,Matricule 538 Dreux 1915, Caporal au 21e Bataillon de Chasseurs à Pied,
Mort pour la France disparu au combat le 18/06/1915 à Lorette Souchez (Pas-de-Calais)

JUBIN Emile, né le 01/08/1874, Matricule 147 Dreux 1894, 2e cl. au , maladie aggravée en service,
Décédé le 02/11/1915 à Vernet-les-Bains (Pyrénées Orientales)

PAPILLON Gabriel, né le 04/04/1882, Matricule 408 Dreux 1902, 2e Cl. au 67e régiment d’Infanterie,
Tué à l’ennemi le 26/09/1915 à La Tranchée de Lubeck (Marne)

Elections législatives

18/06/2017 – 2e Tour des Elections législatives

Inscrits : 543
Votants : 273 (50,27%)
Blancs : 29 (10,62%)
Nuls : 14 (2,44%)
Exprimés : 230 (84,24% et 40,14% des inscrits)

KASBARIAN Guillaume (LREM) : 117 (50,87%)
MASSELUS Franck (LR-UDI-DVD) : 113 (49,13%)

11/06/2017 – 1er Tour des Elections législatives

Inscrits : 543
Votants : 311 (57,27%)
Blancs : 9 (2,89%)
Nuls : 7
Exprimés : 295 (94,85%)

CAILLOL Valérie : 0
VILLEMADE Hugues (FG-PCF) : 6 (2,03%)
KASBARIAN Guillaume (LREM) : 102 (34,58%)
MASSELUS Franck (LR-UDI-DVD) : 48 (16,27%)
ROUXEL Sylvie (FN) : 51 (17,29%)
GAIDOU Stéphanie (Ext. D.) : 1 (0,34%)
MORAINNES Julien  (FI) : 29 (9,83%)
CORDIER Stéphane (PS-PRG-EELV) : 13 (4,41%)
LEMOINE Régine  (Debout La France) : 10 (3,39%)
COMMON Noé : 0
MAZAHERI Pierre  (Parti animaliste) : 15 (5,08%)
AUBERT Marie-José (LO) : 2 (0,68%)
DUMONS Clément (UPR) : 6 (2,03%)
TEILLEUX Michel (DVD) : 12 (4,07%)
BRIERE-SAUNIER Thibaut : 0

2012

Elections européennes

25 mai 2014 : Elections européennes
2014_05_25-europeennes_01
RESULTATS CHARTAINVILLIERS
Inscrits : 537
Votants : 264 ; 49,16%
Blancs-Nuls : 10 ; 3,79%
Exprimés : 254 ; 96,21%

MONOT Bernard Bleue Marine FN : 65;25,59%
HORTEFEUX Brice UMP : 55 ; 21,65%
DENANOT Jean-Paul PS-PRG : 41 ; 16,14%
HEUSQUIN Clarisse Europe Ecologie : 19 ; 7,48%
MAUREL-DARLEUX Corinne Front de Gauche : 18 ; 7,09%
COURT- FORTUNE Patrice Debout la République : 18 ; 7,09%
AUCONIE Sophie UDI Modem : 18 ; 7,09%
HULOT Mari-Martine Alliance écologiste Indépendante : 5 ; 1,97%
THILLAYE Sabine Nous Citoyens Div. Droite : 4 ; 1,57%
ROBROLLE-MARY Béatrice Div. : 4 ; 1,57%
OGER NIVARD Michelle Citoyen du vote blanc : 4 ; 1,57%
BROUSSEAU Vinvent UPR Div. : 2 ; 0,79%
DANIEAU Laurence Nouvelle Donne Div. Gauche : 1 ; 0,39%

2009 :

Recensement 2009

Chartainvilliers en chiffres : Résultats du recensement 2009

En juin 2012, l’INSEE a mis à jour les données issues des derniers recensements effectués sur le village. Chartainvilliers, comme l’ensemble des communes y est “auscultée”. Nous publions ci-après les principaux éléments, sur la population, le logement et l’emploi de ce sondage grandeur nature.

La Population

En 2009, Chartainvilliers comptait 751 habitants, dont 383 hommes et 368 femmes, soit une densité de 82,8 habitants au km2. Depuis 1999, la commune a “gagné” 121 habitants, et 512 depuis 1975.

Au cours des années deux mille, l’excédent naturel (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) a contribué à la hausse de la population à hauteur moyenne de 0,6% par an. L’excédent migratoire apparent (différence entre les arrivées et les départs) a été de 1,2% par an.

Chartainvilliers appartient à l’arrondissement de Chartres, Préfecture du département. L’arrondissement regroupe 202 138 habitants, soit une densité de 94,9 habitants au km2. La population du village représente donc moins de 0,4 % de celui-ci.
Par rapport au recensement 1999, la population de la commune a progressé de 19,2%, celle de l’arrondissement de 4 % et celui du département de 4,35 %.

Etat matrimonial

62,4 % des plus de 15 ans sont mariés, 27,4 % célibataires, 6,6 % divorcé(e)s, et 3,6 % veuves ou veufs.
Au niveau du canton, les proportions sont respectivement de : 53,8 %, 33 %, 6,8 % et 6,4 %.

Les jeunes et les seniors

Les jeunes sont nombreux dans la commune. 219 personnes ont moins de 20 ans, soit 29,2% de la population, alors que cette proportion est de 25,6% seulement dans le département. A l’opposé, 66 personnes ont plus de 65 ans, soit 8,8% de l’ensemble des habitants. Les 17 habitants qui ont 75 ans ou plus ne représentent que 2,3% du total, alors que la proportion est de 8,9% dans le département.

Lieu de naissance

Les habitants de Chartainvilliers sont d’origines diverses. Seulement un tiers est né dans le département, ou la région. 62% sont nés en France métropolitaine, 0,3% dans les DOM-TOM et 3,3% à l’étranger. Parmi ces derniers les 2/3 sont de nationalité française.

L’Habitat

La commune comprend 307 logements : 273 résidences principales, 18 résidences secondaires ou occasionnelles et 15 logements vacants. Le nombre moyen de pièces par logement est de 5,2. Dans les résidences principales on dénombrait une moyenne de 2,75 occupants.

Propriétaires et locataires

Il n’y a aucun immeuble collectif, la quasi totalité des résidences principales est constituée de maisons individuelles. La grande majorité des ménages de la commune (251, soit 91,7%) est propriétaire de son logement. Il n’y a que 19 ménages (47 personnes) locataires ou sous locataires et 4 ménages logés gratuitement.

Confort des logements

Les installations sanitaires et le moyen de chauffage sont des éléments objectifs d’appréciation de la qualité des logements. A Chartainvilliers, la plupart des résidences principales ont au moins une baignoire ou une douche (271 sur 273) et possèdent un chauffage central (137) ou électrique (96).

L’emploi

Parmi les 513 habitants de la commune de plus de quinze ans, 387 personnes (75,2%) sont actives : 196 hommes et 190 femmes. Au moment du recensement, 29 d’entre eux recherchaient un emploi et 358 travaillaient. Parmi ceux qui ont un emploi, 31 exercent une profession à leur compte ou aident leur conjoint; les 261 autres sont salariés.
Une minorité (28, soit 8,7%) de ces actifs exerce dans la commune; 264 personnes vont travailler en dehors, dont 124 (38,7%) dans le département et 140 (43,7%) vers l’Ile de France. 255 personnes ont un emploi à temps complet et 37 travaillent à temps partiel.

En 2009, dans la tranche d’âge 15 / 64 ans, 69,5 % des habitants étaient des actifs avec un emploi, 11,9 % des retraités, 8,3 % des étudiants, 5,7 % des actifs à la recherche d’un emploi et 4,6 % des « autres inactifs ».
Pour la même année, ces proportions étaient, au niveau du département, respectivement de : 66,6%, 9,7%, 8,1%, 7,6% et de 8%.

Formation

Alors que l’intégralité des 5/15 ans est scolarisée (108), la répartition des diplômes dans la population des plus de 15 ans fait apparaître une grande diversité avec une dominante pour les titulaires de CAP/BEP (28,3%).
47,8% des plus de 15 ans ont un diplôme de niveau bac ou supérieur, moins de 9% de la catégorie d’âge étudiée n’est titulaire d’aucun diplôme.

Déplacements

Pour se déplacer, 4 ménages ne disposaient d’aucune voiture, 95 d’une voiture et 174 de deux voitures ou plus. En 10 ans, le nombre de véhicules présents dans le village a augmenté de plus de 30%.
Parmi ceux ayant un emploi, 30 exerçaient sur place, 143 dans le département d’Eure-et-Loir, 183 dans une autre région (essentiellement Ile-de France), et 2 dans une région non métropolitaine.

Revenus

En 2009, le revenu imposable médian des foyers fiscaux de la commune était de 30 477 €, et l’impôt sur le revenu payé moyen de 1 534 €.
Les 24,5 % des foyers fiscaux qui étaient non imposables ne disposaient que d’un revenu imposable moyen de 11 268 €.
Au niveau du canton de Maintenon, le revenu net déclaré moyen par les foyers fiscaux était de 27 803 €, et celui des foyers non imposables de 10 803 €.

Economie

Au 31/12/2009, il y avait 27 établissements actifs recensés sur le territoire de la commune.
Parmi ceux-ci :

  11 (40,7 %) étaient rattachés au commerce, services et transports, et ils employaient 17 salariés (50 %) ;

  7 (25,9 %) étaient rattachés à l’agriculture, et ils employaient 13 salariés (38,2 %) ;

  2 (14,8 %) étaient des administrations publiques (dont la Mairie), et employaient 4 salariés (11,8 %).

En 2000, les 6 exploitations agricoles du village cultivaient une surface agricole moyenne de 151 hectares (contre 104 en 1988).

Sources : Chiffres clés INSEE site internet

Article titre non conforme 75

07 Décembre 2013 : Pére Noël (à venir)

17 Novembre 2013 – Repas des Carnutes
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11 Novembre 2013
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24/10/2013 Fin du Châreau d’eau
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Travaux d’été
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31/08 et 01/09/2013 : Ball Trap de la Société de Chasse
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14 Juillet 2013
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21 Juin 2013 : Fête de la Musique
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16 Juin 2013 Vide Grenier
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8 Mai 2013 – Une Gerbe aux Monuments aux Morts
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19 mars 2013 : Journée Nationale du Souvenir
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Gibouléees de mars
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20 janvier 2013 : Toujours la neige
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19 janvier 2013 : Première neige
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La Guerre de 1870-1871

Après la défaite de Sedan et la reddition de l’Empereur, le 4 septembre 1870, à la tribune du Corps législatif, Gambetta proclame la déchéance de Napoléon III. La République est instaurée. Mais la menace est lourde : à l’exception de leurs régiments occupés à assiéger Strasbourg et Metz, les armées allemandes marchent sur Paris. Le 19 septembre l’encerclement de la capitale est achevé. Un long siège commence. Parti de Paris en ballon le 7 octobre, Gambetta organise l’armée sur les rives de la Loire. L’armée bavaroise barre la route à Artenay et, le 10 octobre, s’empare d’Orléans. Puis les Bavarois entrèrent dans Châteaudun et Chartres le 21 octobre. Avant l’armistice du 28 janvier 1871 de nombreux combats se déroulèrent en Beauce et sur les rives de la Loire.
Concernant Chartainvilliers, quatre documents, reproduits ci-dessous évoquent cette période.

Tout d’abord un long article, d’un “courageux voyageur” qui a traversé les lignes prusiennes entre le 29 septembre et le 2 octobre 1870, publié dans “Le Français” et repris dans JOURNAL DES DÉBATS du dimanche 9 octobre 1870. Cet article évoque l’arrivée des prusiens à Chartainvilliers le 30 septembre 1870.

Ensuite, le compte rendu rédigé en 1872 par le Maire de Chartainvilliers du moment, M. BRADIN, à l’attention de M. le Préfet.

Puis, le rapport du Préfet sur les moments forts et pertes subies dans la commune de Chartainvilliers.

Enfin, le compte rendu de l’inauguration, en octobre 1872, d’un monuments aux Morts à Epernon où figure un jeune de Chartainvilliers.

L’invasion Prusienne 29/09-02/10/1870 près de Chartainvilliers
On lit dans Le Français :

« Un courageux voyageur veut bien nous donner le récit détaillé de son voyage à travers les lignes prussiennes. En voici la première partie :

« Paris, le 7 octobre 1870.
» Vous m’ayez demandé de vouloir bien vous communiquer tous les détails de mon voyage dans les pays envahis.
» Ayant passé six jours au milieu de l’armée ennemie, ayant parcouru plus de trente villes et villages envahis, ayant partout questionné Prussiens et paysars français, mon récit serait interminable, et ma mémoire même n’y suffirait peut-être pas, n’ayant voulu prendre aucune note pour ne point être soupçonné d’espionnage au cas d’une arrestation à laquelle je m’attendais à chaque instant.
» Mais avant de commencer mon récit, je compléterai d’abord les renseignemens donnés par le ministre de la guerre au gouvernement sur les armes dont peuvent disposer les pays qui ne sont pas envahis, renseignemens publiés dans le Journal officiel de ce jour.
» Un arrivage considérable de fusils américains, système, Chassepot, a eu lieu vers le 24 septembre. Ils ont été distribués dans un grand nombre de villes jusqu’à Chartres et Evreux. Toutes les villes de l’Ouest votent des sommes considérables pour l’achat de fusils chassepots, et frêtent des navires afin d’en effectuer le transport d’Angleterre en France. Les particuliers eux-mêmes font faire des chassepots à leurs frais.
» Quant à la fabrication de mitrailleuses, dirigée par M. le chef d’escadron de Reffye, un des surveillans m’a affirmé que la commande s’élevait à 2 000.
» La commande de ces mitrailleuses avait été faite au directeur d’Indret, établissement du gouvernement, mais le directeur de cet établissement n’ayant pas voulu se mettre à l’entière disposition du chef d’escadron de Reffye, ce dernier a prié M. Voruz, à Nantes, de mettre ses immenses ateliers à sa disposition, et le lendemain 10 septembre, 1 100 ouvriers travaillaient à la fabrication de ces terribles engins.
» Il est certain qu’à cette heure beaucoup de mitrailleuses ont déjà été dirigées sur Tours, car M. Voruz, avec lequel j’ai causé longuement chez M. le procureur de la République à Nantes, espérait en livrer avant la fin de septembre.
» Chartres, le 29 septembre, était occupé par 9,000 mobiles ; 500 mobiles du Lot-et-Garonne occupaient Epernon, lorsque le préfet d’Eure-et-Loir reçut la nouvelle que les Prussiens, qui occupaient déjà Rambouillet, se dirigeaient sur Epernon. Ordre immédiat fut donné de se replier sur Chartres, et, dans la nuit du 29 au 30, un train spécial ramena à Chartres les 500 mobiles d’Epernon. La veille, le général commandant à Chartres avait été destitué, et le lendemain, le préfet, M. Labiche, était également destitué, d’après ce que m’a affirmé le maire de Maintënon.
» Les mobiles étaient pleins d’enthousiasme et de patriotisme; ils désiraient ardemment marcher sur Paris.
» Le 30 septembre, à sept heures du matin, je partis de Chartres traversant Saint-Prest, Jouy et Saint-Piat. Tous les postes étaient encore occupés par des gardes nationaux français, furieux d’avoir été désarmés à l’approche des Prussiens. Je séjournai à Saint-Piat deux heures environ, et je me trouvai avec le maire de Maintenon et celui de Chartainvilliers, commune située à 1 kilomètre de Saint-P[r]i[v]at et environ trois lieues de Chartres,
» Tous deux venaient de recevoir à l’instant même des éclaireurs prussiens. Ils me donnèrent donc les renseignemens les plus précis.
» A Chartainviniers, point extrême de la reconnaissance prussienne, les éclaireurs, au nombre de treize, demandèrent simplement au maire une carte du département, afin de savoir s’ils pouvaient s’aventurer plus loin. Le maire leur répondit qu’il n’en avait pas. Alors ils exigèrent au moins une carte de France, et menacèrent le maire de leurs revolvers. Le maire se vit forcé de leur obéir, et, après examen de là carte, les éclaireurs, voyant qu’ils étaient très près de Chartres, retournérent à Maintenon au pas, et j’y arrivai en même temps qu’eux, à deux heures de l’après-midi,
» A Maintenon, les Prussiens y étaient arrivés à six heures du matin, au nombre de quatorze. A 500 mètres de la ville, neuf francs-tireurs d’Epernon avaient tiré sur eux. quelques coups de fusil sans aucun resulat ; trois s’étaient enfuis à travers les bois, je les vis entre Saint-Piat et Maintenon; les six autres avaient été faits prisonniers. Les Prussiens brisèrent sur la route les fusils des francs-tireurs et les conduisirent à la mairie, disant au maire de les conserver prisonniers, de les bien nourrir et de les rendre lorsque les Prussiens, revenant en plus grand nombre, pourraient les emmener ; que, s’ils étaient rendus à la liberté, la. ville serait brûlée.
» Puis, un des quatorze éclaireurs fut détaché pour aller porter à Rambouillet des nouvelles de leur mission, et seul il put traverser sans encombre tous les pays situés entre Maintenon, Epernon et Rambouillet, pendant que les treize autres coutinuaient leur route jusqu’à Chartainvilliers.
» A Epernon, la population était consternée par le retrait des 500 mobiles, le désarmement des gardes nationaux et la prise de la ville par quatorze Prussiens.
» Je partis d’Epernon le 1″ octobre, à six heures du matin. A moins d’une demi-lieue, je rencontrai des éclaireurs du 6e hussard prussien. A cause des accidens de terrain et des détours de la route, les hussards marchaient avec beaucoup de précautions. Ils s’arrêtaient à chaque tournant. Un des leurs montait au grand galop et à travers champs sur les hauteurs qui dominent la route pour explorer avec une longue-vue ; puis, après s’être assuré qu’il n’y avait pas de francs-tireurs, il revenait et poursuivait avec ceux des éclaireurs qui l’attendaient.
A un kilomètre plus loin, sur la hauteur qui domine Saint-Hilarion, campaient environ 200 hussards et quelques fantassins. Je passai, forcément au milieu d’eux, et le chef d’escadron me dit, en très bon français :
» – Où allez-vous, Monsieur ?
» – Je me dirige sur Paris.
» – Veuillez me faire voir vos papiers.
» Je lui présentai mon passeport. Il le lut tout haut. Pendant ce temps, un hussard qui se tenait à ses côtés, s’adressant à moi :
» – Vous savez que Paris est cerné et qu’il vous sera difûcile d’y entrer. Pourquoi essayer ?
» Afin de lui cacher la ferme résolution que j’avais d’arriver a Paris quand même, je lui répliquai
» – Je sais qu’il me sera impossible de rentrer à Paris ; mais, dans les environs, j’ai des amis chez lesquels je pourrai rester.
» Puis le chef d’escadron dit un mot au soldat avec lequel je parlais et me remit mon passeport.
» Aussitôt que j’eus cessé de parler, le maire de Saint-Hilarion, qui se trouvait derrière moi, s’adressant au chef d’escadron :
» – Monsieur, combien vous faut-il de vaches aujourd’hui ?
» – Quatre vaches et dix sacs d’avoine, monsieur le maire, répondit le chef prussien.
» Or, Saint-Hilarion est une commune de 548 habitans.
Je descendis dans le village et je vis quatre hussards emmener un paysan avec une voiture attelée de deux chevaux. Ils allaient charger ce qu’ils avaient volé dans une propriété assez importante qui avait été délaissée par son propriétaire à l’approche des Prussiens.
» Quelques pas plus loin, dix hussards enfonçaient la porte et les volets d’une grande tuilerie qui avait été abandonnée, et ils entraient dans la maison au moment où je passais près d’eux. Enfin un paysan que je rencontrai à environ 300 mètres m’affirma que les hussards l’avaient forcé à boire une bouteille du bordeaux qu’ils venaient de voler dans une propriété voisine.
» A partir de Saint-Hilarion, je fus en pleine Prusse : à chaque pas, des Prussiens. Je ne vous donnerai donc que les faits principaux.
» Le ler, à Rambouillet, les forces prussiennes ne s’élevaient pas à plus de 1 300 à 1 400 hommes : 5 à 600 hussards et cuirassiers blancs, 800 fantassins. Pas une pièce de canon.
» Le dépôt de fourrages, contenant plus de 80 000 fr. de provisions tant en foin qu’en avoine, avait été complètement dévalisé et dirigé sur Trappes, où campaient environ 20 000 hommes, peut-être de là sur Versailles. Devant le dépôt des fourrages, la route, sur une grande longueur, était toute couverte d’avoine.
» Le dépôt des manufactures de tabacs avait eu le même sort. La garnison prussienne avait pris tous les approvisionnemens, s’élevant a une vingtaine de mille francs, et comme ils n’avaient pas jugé le tabac à priser d’une grande utilité, ils en avaient jeté une grande partie sur la route. Tous les débits de tabac avaient été également pillés, de telle sorte que de Rambouillet à Paris il est impossible de se procurer du tabac, et les habitans sont réduits à en demander aux soldats prussiens ou à en aller acheter aux cantinières prussiennes, à Saint-Germain.
» A Rambouillet, comme dans toute la localité, villes, villages et hameaux, les réquisitions en argent, vivres et fourrages avaient été tellement exorbitantes, que les habitans manquaient de tout. Il était presque impossible de trouver à manger. Et cependant, dans les auberges, les soldats prussiens se faisaient servir le peu qui restait et payaient avec des bouts de papier qu’ils disaient valoir 6 fr. J’ai vu un restaurateur refuser ce papier; il a été menacé.
La ville avait un aspect de tristesse indescriptible. Au bout de chaque rue stationnaient des factionnaires prussiens, les rues n’étaient sillonnées que par les soldats ennemis et des voitures de paysans apportant, sous l’escorte de hussards, les réquisitions qui avaient été faites dans les villages environnans.
» A la mairie, le drapeau prussien et un factionnaire prussien.
» Le ler, au matin, un paysan qui avait résisté aux réquisitions et blessé à la main un soldat avait été fusillé.
» Je rencontrai a Rambouiltet quatre personnes qui arrivaient de Maule, pays situé entre Rambouillet et Mantes. Elles avaient été obligées de quitter leurs maisons incendiées par les Prussiens à la suite d’un combat très vigoureux dans lequel 1 200 francs-tireurs, embusqués dans la forêt des Alluets, avaient complètement défait un corps prussien fort d’au moins 1 800 hommes et appuyé par de l’artillerie.
» J’ai pris de nombreux renseignemens sur ce combat, a Saint-Léger, les Menuls, Neauphle-le-Château et jusqu’à Saint-Germain-en-Laye. Tous ces renseignemens concordent admirablement. Le corps prussien a été mis en complète déroute les francs-tireurs ont pris quatre pièces de canon et démonté une cinquième. Partis avec six pièces de canon de Saint-Germain, les Prussiens sont revenus avec deux pièces, dont une démontés.
» La vue de Rambouillet m’avait profondément attristé, et, ne pensant pas que mon voyage pût avoir un intérêt pour: Paris, que je croyais parfaitement renseigné sur les positions de l’armée prussienne, je voulus autaut que possible éviter les centres prussiens, c’est-à-dire Trappes et l’état-major de Versailles, où j’aurais pu avoir de précieux renseignemens. Je fis un grand détour pour éviter ces deux pays, et me dirigeai par la forêt de la Pommeraye, .Saint-Léger, la forêt de Saint-Léger, les Menuls, Mareuil-le-Guyon, Pontchartrain, Le Pontel et Neauphle-le-Château. Tous ces pays ne sont pas occupés par l’armée prussienne, mais chaque jour des détachemens prussiens viennent y faire des réquisitions exorbitantes.
» Entre les Menuls et Mareuil, presque à la bifurcation de la route de Montfort-l’Amaury, je vis arriver au grand galop une quarantaine de hussards. Au milieu de l’escorte, un cabriolet emportait les réquisitions en argent faites dans les communes.
Les hussards tenant toute la route, je marchai le plus près possible du fossé. Un hussard se détacha du groupe et vint à fond de train s’arrêter à un pas devant moi, et, me couchant en joue, me dit :
» – Halte là ! Avez-vous vu des Prussiens sur la route de Rambouillet ?
» – Non.
» – Il a dû en passer ?
» – Je ne le sais.
» – Vous venez cependant de Rambouillet ?
» – Oui, mais par les chemins de la. forêt et non par la route.
» – Les chemins de la forêt sont-ils bons ?

– Impraticables à pied.
» – Combien y a-t-il d’ici à Rambouillet ?
» – Trois lieues au moins.
» – Au revoir, Monsieur, me dit le hussard en me faisant le salut militaire.
» J’insiste sur ce petit détail, qui s’est répété vingt fois au moins pendant mon voyage, pour faire voir la prudence des Prussiens. L’escorte venait de traverser trois maisons situées sur la route, et plus de quinze personnes étaient devant les portes. Gens du pays, habitant sur le bord de la route, ils eussent pu donner des renseignemens certains, mais, ayant peur que des francs-tireurs ne fussent cachés dans les maisons, les Prussiens avaient franchi ce passage au galop et m’arrêtaient seul sur la route et, pendant que le hussard me parlait, deux autres étaient postés derrière moi à cinq ou six pas, étudiant mes mouvemens ; l’escorte s’était arrêtée à environ 100 mètres.
» Le 2 octobre, à six heures du matin, je partis de Neauphle-le-Château, pays dont les grandes propriétés appartiennent, paraît-il, à un général prussien.
» Villepreux, commune de 690 habitans, située à une lieue de Neauphle, avait une garnison de 300 cuirassiers blanc. Les chevaux campaient en partie dans une prairie située au bas du village, et toutes les voitures du pays avaient été requises pour le transport des fourrages. Dans une seule ferme située sur la route de Villepreux à Saint-Nom, le fermier m’a dit qu’à la première réquisition, on lui avait enlevé deux meules d’avoine d’une valeur de plus de 10 000 fr., toute l’avoine battue et le foin bottelé. Le tout avait été dirigé sur Versailles. »
Source : JOURNAL DES DÉBATS DU DIMANCHE 9 OCTOBRE 1870. (d’après Gallica – site de la BNF)

LE RAPPORT DU MAIRE
« La commune de Chartainvilliers a été envahie le lundi 24 octobre 1870, par un détachement de cavaliers qui vinrent faire la recherche des armes de la garde nationale, qu’ils ne trouvèrent pas. Ce détachement pouvait compter 80 hommes et ne resta que quelques heures à Chartainvilliers; il se rendit le même jour à Maintenon pour la même opération. Il venait de Jouy où s’étaient passés les faits de cruauté que l’on connaît. S’il eût trouvé des armes dans ma commune, dont les gardes nationaux étaient allés à Epernon, sur la déclaration de son chef, il se serait livré à des actes dont l’ennemi n’avait que trop l’habitude.
Les soldats allemands ont quitté définitivement la commune le jeudi 16 février; depuis cette époque pas un seul n’a passé dans le village.
Comme occupation, je ne parle pas des 13 cavaliers éclaireurs qui ont passé dans la commune le 30 septembre, venant de Rambouillet, et qui sont allés jusqu’à Léves, près de Chartres; mais je dois signaler les occupations du 18 novembre (200 Bavarois fantassins), du 24 décembre au 4 janvier (charretiers du train, cuirassiers blancs); des 14 et 15 février (1 140 hommes de toutes armes et 630 chevaux).
Le 4 octobre, à Epernon, un jeune garde national de Chartainvilliers, fut tué, ou plutôt assassiné, car, ayant jeté son fusil, il fut tiré à bout portant. Pourtant il avait des habits qui le distinguaient suffisamment.
Son camarade, un autre jeune homme de 18 ans, plus heureux, fut épargné, grâce à l’intervention d’un simple sergent, et emmené prisonnier. Il est rentré dans ses foyers en mars. »
Le Maire de Chartainvilliers,
BRADIN

(Extrait des Rapports des Maires sur les événements qui se sont passés dans leurs communes – Ed. Petrot/Garnier – 1872 Source : CIC 12/1998

Guerre de 1870/1871 à Chartainvilliers, rapport du Préfet

Population : 388 habitants
Arrivée des Prussiens 30 septembre 1870
Départ : 15 février 1871
Principales occupations :
24 octobre (80 hommes)
18 novembre (200 bavarois)
24 décembre au 4 janvier (cuirassiers blancs)
14 et 15 février (1140 hommes)
Pertes : 26 853,09 f.

Source : p.305 Conseil Général d’Eure-et-Loir session ordinaire de 1871 – Rapport du Préfet – Gallica site de la BNF

Un Garde national de Chartainvilliers, célébré à Epernon

Le 4 octobre 1872, on célébrait à Epernon un service religieux pour les Mobiles et Gardes nationaux qui étaient morts en défendant cette ville deux ans auparavant : on inaugurait le même jour les deux monuments érigés en leur honneur, et en grande partie votée par la municipalité.

On se rendit ensuite au cimetière, où après la bénédiction de la tombe, M. de Pontoi pris la parole pour rendre hommage aux Mobiles de La Loupe que commandait son fils.
Le monument du cimetière est une colonne de stuc à fût brisé, reposant sur un socle à quatre faces. Sur la partie la partie de la colonne tournée vers la route, on lit :
O crux ave, spes unica
Sursum corda
Et au dessous :
Ici reposent nos morts du 4 octobre 1870.
Sur le pan à droite sont inscrits les noms suivants :

Dauvilliers Louis-Victor-Maurice, 21 ans, garde national de Chartainvilliers ;

Source :p.286, La Garde Mobile d’Eure-et-Loir et ses aumoniers (1870-1871) , par M. le Chanoine Provost, 1901 – d’après Journal de Chartres 6 octobre 1872 – Gallica-bnf

Madame de Maintenon

1691

Reconstruction de l’église de Chartainvilliers par Mme de Maintenon

… Cette grande entreprise de l’aqueduc amena souvent le roi à Maintenon. On sait que madame de Maintenon y résidait peu, et n’y pouvait faire que des séjours momentanés ; elle s’en occupait néanmoins avec intérêt, et elle y fit beaucoup de bien : « Mes principales obligations, écrivait-elle, sont à présent à Maintenon. » Elle obtient pour cette petite ville le rétablissement et l’augmentation des foires et marchés (a); elle fonda des écoles et un hôpital (b). Elle fit reconstruire sur son terrain, et entièrement à ses fais, l’église et le presbytère qui étaient en ruine (c), de même que l’église et les presbytères de deux villages voisins (d). Elle fit venir en outre des Normands et des Flamands, et apprendre aux habitants à travailler en toiles, sans parler de tous les autres secours qu’elle distribuait abondamment aux pauvres, aux vieillards et aux enfants…

(a) Lettres patentes de 1686 (archives de Maintenon);

(b) « Le Père Chavrand, écrivit-elle, est à Maintenon pour y établir un hôpital général. Je me suis lassée d’y donner beaucoup et d’entendre toujours crier qu’on y meurt de faim. Je verrai au moins clair à leur dépense. » (Lettre à M. d’Aubigné, du 9 juin 1685). Cet hôpital fut remplacé en 1731 par un autre plus considérable, dans un autre endroit de la ville, que le Maréchal de Noailles fonda et construisit. [Hôpital dont le partage des revenus fera l’objet d’un contentieux juridique entre Maintenon, Chartainvilliers et Villiers-le-Morhier]

(c) Le 24 juin 1694, décret de la dédicace procédant à la consécration de l’église Saint-Pierre de Maintenon, bâtie, construite et ornée depuis peu par les soins de la très haute, très puissante et très pieuse dame Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, avec indulgence d’une année à tous les fidèles qui la visiteront ce même jour, et de quarante jours à ceux qui la visiteront lejour de la dédicace. (Arch. de Maintenon.)

(d) Reconstruction à neuf de l’église de Chartainvilliers en 1691. Acte de reconnaissance des habitants, des vases et ornements, donnés par madame de Maintenon. Idem pour le village de Pierres (Arch. De Maintenon)

Source : Histoire de Madame de Maintenon et des principaux événements du règne de Louis XIV par M. le Duc de Noailles de l’Académie Française tome 2, 1849. P.96-97

Chartainvilliers sur la cloche
L’inscription de la cloche de la chapelle de Boigneville, dans les environs de Gallardon. C’est la nomenclature très-exacte des villes, villages et hameaux dont Mme de Maintenon était en possession :
L’AN 1690, J’AY ÉTÉ FAITE PAR L’ORDRE DE TRÈS HAUTE ET TRÈS PUISSANTE DAME MADAME FRANÇOISE D’AUBIGNÉ MARQUISE DE MAINTENON, DAME DU PARC, PIERRES, TENEUSK, LE BOIS RICHEUX, SAINT-PIAT, GROGNEUL, CHANGÉ, CHARTAINVILLERS, BOIGNEVILLE, YERMENONVILLE ET AUTRES LIEUX. — DENYS MOUSSET M. F. ».
Quelle différence entre cette longue énumération, si peu à sa place, des titres et qualités d’une célèbre et puissante dame

Source : Étude sur les cloches : lettre à M. Didron, directeur des “Annales archéologiques” / par Claude Sauvageot -V. Didron (Paris)-1863 _ Gallica_BNF

1706 :
LE MAI DE 1706 A MAINTENON
Rendre hommage à la Marquise en violant ses lois…
MAI n. m.: En ancien français, mai, nom du cinquième mois, était employé par métonymie pour désigner les branches vertes qui poussent en mai (XIIe s.), et le jeune arbre planté en signe de fête le premier mai devant la porte d’une personne que l’on veut honorer (XVIe s.), d’où la locution de sens figuré planter le mai à quelqu’un “le fêter, le gâter” (aussi par dérision, 1532). ? Le mot, qui symbolisait le plus beau mois de l’année (1210) en opposition avec février symbole de l’hiver, entrait dans plusieurs locutions avec une idée de bonheur, de prospérité comme avoir bon mai (XIIe-XIIIe s.). On l’appelle encore plaisamment le joli mois de mai (expression attestée en 1690). Ces valeurs ont décliné, sauf dans les dialectes, avec l’abandon des coutumes correspondantes.
Après ces rappels, voilà, ci-après, la relation d’un mai mouvementé de l’an 1706.

Souvent les archives judiciaires nous font saisir sur le vif des manifestations de la vie sociale d’une façon aussi concrète qu’un ethnologue qui aurait voulu nous décrire ce dont il a été le témoin.
Pierre Edme Boucher, licencié ès lois, avocat au Parlement, bailli, juge civil, criminel et de police de la ville de Maintenon, nous retrace par le menu les incidents survenus à l’occasion de l’abattage de l’arbre qui sera placé comme mai, en 1706, « devant la porte et principale entrée du chasteau” de Madame de Maintenon, en signe d’hommage.
De nombreux garçons, fidèles à la tradition, s’étaient donné rendez-vous dans un bois à l’extérieur de la ville le trente avril au matin. Une fois abattu, l’arbre avait été placé sur une charrette pour être apporté à Maintenon par Changé.
A cet endroit, plusieurs quittèrent le cortège, s’arrêtèrent chez Gandon pour se rafraîchir et de là prirent à nouveau la clef des champs avec leurs fusils et leurs chiens. Garçons notables du Marquisat, âgés de 20 à 28 ans, ils étaient :


  procureurs : Philippe Fauveau et Pierre Corbières;

  praticien : Mathieu Desfèves;

  marchand : Charles Boullanger;

  arpenteur : Philippe Fauveau, fils de Gilles;

  et commis au greffe du baillage : Joseph Ragoulleau.
Leurs premières pièces de gibier furent tirées dans le parc du château de Grogneul; la clôture n’avait-elle pas des brèches? et François Lallier, le concierge, ne demandait qu’un lièvre pour fermer les yeux. Arpentant la plaine, ils traversèrent la garenne de Saint-Piat d’où ils remontèrent vers Chartainvilliers où « ils burent un coup » chez Michel Lefeuvre dit Fidélion. Le retour se fit par les terrasses de l’aqueduc et le fils de Fauvé les introduisit dans la garenne de la Folie où ils chassèrent à l’affût.
Claude Boitel, cabaretier à Maintenon, fut leur traiteur pour le dimanche suivant, avec deux lièvres et quatre perdrix. Ce soir du 30 avril, il fournissait à notre joyeuse équipée « poissons, marmites, chaudrons et autres instruments de cette nature » pour un charivari dans les rues et carrefours — que voulez-vous, ils voulurent donner une aubade aux dames et demoiselles de cette ville, mais n’avaient ni violons, ni tambours!
Chasser illégalement sur les terres de Madame de Maintenon, avec l’autorisation des officiers de ladite Dame, excéda Antoine Orillac, un des gardes-chasse qui n’eut pas de mal à les surprendre dans les aulnaies de Chimay. Il y eut procès en règle, avec information, interrogatoire… Dans les 15 jours, le juge Boucher condamna nommément Boullanger le marchand.., et ses complices qu’il évite de désigner, sans doute parce qu’ils appartiennent au même corps que lui. On insista plus sur le charivari que sur le délit de chasse, mais il fallait sans doute mettre fin à un passe-droit dont nos lurons avaient peut-être abusé cette année-là. La Marquise sut être grande dame puisque remise fut faite des amendes, dommages et intérêts; ils en furent pour les frais 75 livres, avec l’injonction formelle de ne se servir de leur fusil, le 1er mai, que « pour aller saluer ladite Dame lorsque le mai serait planté ».

Le mai à Maintenon, avant la Révolution, était donc offert en signe de déférence à un notable. La tradition d’offrir un mai s’est poursuivie dans le temps, plus particulièrement sous la forme du mai amoureux. Il s’agissait, pour les jeunes gens (cette coutume tend à disparaître) d’aller nuitamment accrocher, devant la maison où habitait une jeune fille à marier, un mai qui pouvait être la tête d’un bouleau enrubanné — c’était l’usage dans la région de Maintenon — ou, parfois une botte de lilas — dans le Drouais par exemple —. La famille de la jeune fille invitait alors les garçons à boire, le jour ou le dimanche suivant.
Le rite du mai était une manifestation sensible du renouveau de la nature; une branche d’arbre, pleine de sève, exprimait la végétation renaissante. Entre les deux guerres, on semble avoir attaché beaucoup d’importance aux fanfreluches de papier dont on enrobait la branche d’arbre; la manifestation en faveur de la Vie était moins évidente, heureusement on ne glissa pas jusqu’à l’emploi de fleurs en matière synthétique.
Actuellement, le premier mai est surtout consacré à la cueillette du muguet que l’on offre volontiers à la bien-aimée ou que l’on va cueillir avec elle. Ne faut-il pas voir là une autre manifestation de notre sensibilité devant la nature à travers une plante plus fragile et plus évocatrice ?

D’après les archives du Bailliage de Maintenon, aux Archives Départementales d’Eure-et-Loir. — B. 269. Pierre BIZEAU.
(Etude publiée d’abord dans La Nature, n°2, 1968, organe du Comité de défense de la nature, dont le siège et à Maintenon, 22 ave de la Gare)