Chartainvilliers 1914

A la veille de la guerre 14, Chartainvilliers, dont le lent déclin démographique est amorcé depuis un siècle, compte 306 habitants. Il n’en sera dénombré que 264 au recensement de 1921.
Entre temps, la Grande faucheuse aura fait son oeuvre et 24 hommes verront leur nom inscrit sur le monument aux morts du village inauguré en 1921

Un vie locale animée …

Dans les années qui ont précédé l’an 1914, la vie municipale locale a été animée.
Ainsi, en 1911, après la démission de Victor DAUVILLIERS, Maire élu en 1908, il faudra trois conseils municipaux
(30 avril, 14 mai et 2 juillet) pour pourvoir à son remplacement par … lui-même.

En octobre 1911, il sera procédé à une élection municipale partielle suite à la démission de cinq conseillers, soit la moitié des membres du Conseil.
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Mais la crise municipale couve jusqu’au scrutin municipal de mai 1912, ou M. TOUCHARD Edouard, qui avait en avril 1911 refusé son élection comme Maire, l’accepte cette fois ci.

… par le souci d’améliorer le quotidien

Les raisons de cette bataille locale en est le creusement d’un nouveau puits et l’installation de l’eau courante dans le village.
Lors de la séance du Conseil municipal de février 1914, celui-ci décide d’approuver le devis définitif proposé par la maison Brochet, soit 9 222 F, pour le forage d’un puits.
Par délibération du 3 juillet 1914, un crédit spécifique de 7 135 F., financé par un emprunt de même montant auprès du Crédit Foncier, sera inscrit au budget pour l’établissement d’un service d’eau potable. En outre, par application de la loi de Finances du 31 mars 1903 qui a autorisé un prélèvement spécial sur les fonds du pari mutuel en vue de subventionner les travaux communaux d’adduction d’eau potable, le service hydraulique a, au cours de l’année 1913, donné un avis favorable sur le projet présenté par la communes de Chartainvilliers. (p.366 Conseil Général d’Eure-et-Loir 1913 – Rapport des Chefs de service, Rapport de l’Ingénieur en Chef Service Hydraulique).

Soucieux d’améliorer la qualité de vie des habitants, dans sa séance du 13 mars 1914, le conseil municipal donne un avis favorable « à l’installation de l’énergie électrique dans la localité et est certain que ce progrès moderne sera bien accueilli par la population ».
Durant le premier semestre 1914, « Ouest Eclair » du 28/05/1914, nous apprend qu’une épidémie de rougeole a éclaté, notamment à Chartainvilliers. De ce fait, sur le plan militaire, « aucune permission ou congé ne sera accordé pour aller dans ces communes. Tous les hommes qui s’y trouvent actuellement en permission ou en congé y seront maintenus jusqu’à nouvel ordre. L’appel de ces hommes sera reporté à une date ultérieure ».
14 maladies contagieuses seront déclarées dans le village durant l’année 1914 (C. Gal 28 rapport de 1915 p.404).

Malgré cette épidémie, trois couples se marient en avril 1914. La même année, deux divorces « aux torts et griefs de la femme avec toutes les conséquences de droit » sont retranscrits dans les actes d’état civil de la Mairie et deux naissances sont enregistrées.

Prémices de guerre

Si les rumeurs de guerre grondent en Europe, la vie n’en continue pas moins son cours. Ainsi, dans le « Concours des Sept merveilles du monde », organisé par le journal « Le Matin », « Julien Rouleau de Chartainvilliers, 15 754e lauréat, a gagné un flacon  » Arôme des Fellahs » (Le Matin n°11052 du lundi 1 er juin 1914).
Le 28 juin 1914, les événements se précipitent. L’archiduc François-Ferdinand, prince héritier de l’empire austro-hongrois, est assassiné à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) par un nationaliste serbe. Le jeu des alliances va plonger l’Europe dans l’horreur de la guerre.
L’Autriche-Hongrie, alliée de l’Allemagne, déclare le 28 juillet 1914 la guerre à la Serbie. Celle-ci fait appel à la Russie, qui est liée, par le traité de la Triple-Entente, à la France et à la Grande-Bretagne.

Au même moment, dans son rapport au Conseil Général en date du 30 juin 1914, le Directeur des Postes dénombre 1664 abonnés au téléphone en Eure et Loir, et 232 cabines téléphoniques en service. A cette même date, alors qu’un bureau téléphonique, chargé en même temps du service télégraphique, vient d’ouvrir à Yermenonville, il précise que l’installation de bureaux de même nature aura lieu à bref délai dans différentes localités, dont : Chartainvilliers, Ecrosnes et Hanches.

Le 3 juillet 1914, le Maire expose au Conseil que l’administration du téléphone demande à ce que son poste d’abonné au téléphone soit réuni au bureau central de Chartainvilliers.
Le Conseil accepte à ce que Mr Touchard se relie au poste central de Chartainvilliers et les frais occasionnés par ce changement seront à la charge de la commune.
Lors de la même séance, deux familles du village bénéficie de l’attribution des allocations aux familles nécessiteuses des hommes présents sous les drapeaux en temps de guerre.

Le 12 juillet 1914, le Journal Officiel publie l’arrêté du Ministre de l’Intérieur attribuant à M. Beauchet Marie, sapeur pompier à la subdivision de Chartainvilliers, la médaille d’honneur pour avoir constamment fait preuve de dévouement.
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Le 14 juillet 1914 un bal public est organisé dans le village. Du fait de sa mobilisation, l’animateur de celui-ci, M. Régnier Edmond, qui sera tué en 1917, ne remettra à la Mairie sa note de frais de dix francs que le 9 janvier 1916.

« Le 31 juillet 1914, député, directeur fondateur du quotidien L’Humanité et porte-parole d’un courant pacifiste opposé à la guerre, Jean Jaurès est tué, dans un café de Paris, par le militant nationaliste Raoul Villain. Après sa mort, sous l’impulsion du président Raymond Poincarré, l’idée de « l’Union sacrée » face à l’ennemi prévaut à gauche. Ce concept se traduit par une trêve entre les partis politiques de tous bords et par une réconciliation entre la République et l’Eglise, qui envoie les prêtres au front comme aumôniers et brancardiers ». (La Croix 4/01/2014).

Mais la volonté de revanche a été largement développée depuis la défaite de 1870. Ainsi, dans de nombreuses écoles, à l’instar de celle de Chartainvilliers en 1899 (« La Patriote »), sont créées des sociétés de tir scolaires. Sociétés qui ne limitent pas leur action à l’instruction au tir, mais également à enraciner la discipline militaire.mairie_ecole_la-patriote

Chartainvilliers et la Beauce d’une manière générale auront eu, quelques années auparavant, un avant goût des combats militaires puisqu’en 1900 des manoeuvres de grandes ampleurs se déroulent dans ses environs.

« Les dernières manoeuvres préparatoires du 4° corps d’armée (division contre division) ont lieu aujourd’hui (9 septembre 1900). En arrivant à Maintenon, dans l’après-midi, nous avons vu rentrer, victorieuse, la 8e division (général de Saint-Julien), qui est partie de Paris il y a quelques jours et qui ayant, il est vrai, une certaine supériorité d’artillerie a repoussé, ce matin, une attaque de la 7° (général Niox), du côté de Châteauneuf-en-Thymerais.
La charmante petite ville de Maintenon, avec ses ponts et ses grands arbres verts qui se mirent dans les deux bras de l’Eure, était pleine de mouvement : le 124° régiment d’infanterie, de l’artillerie et des chasseurs, le quartier général de la 8° division d’infanterie, ….. donnait un aspect guerrier à l’ancien lieu de repos de la marquise, amie du grand roi tels, à Saint-Cyr, nos brillants élèves-officiers à l’ancien séjour des jeunes filles qu’elle avait tant aimées.
Lundi, toutes les troupes doivent se reposer, pour se préparer à la première période des grandes manoeuvres proprement dites corps d’armée contre corps d’armée, qui commencent mardi 11.
Le général de Négrier qui, comme on sait, doit présider à la lutte du 4° contre le 10° corps, a traversé aujourd’hui Maintenon, se dirigeant vers Châteauneuf; ce soir, le général Sonnois, commandant du 4° corps, a établi son quartier général à Chartainvilliers, à environ 6 kilomètres au sud-ouest de Maintenon ». (Le Temps 11/09/1900 n°14338).

Premiers jours de mobilisation

Mais l’engrenage se met en marche, en pleine moisson, « Samedi [1er août 1914] vers 4 heures, l’ordre de mobilisation générale est parvenu à Chartres.
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Comme une traînée de poudre, cette nouvelle, qu’on attendait depuis quelques jours, s’est répandue en ville.

Immédiatement, les communications privées, téléphoniques ou télégraphiques, ont été supprimées et l’administration des Postes et des Télégraphes a accompli l’effort considérable de faire parvenir dans presque toutes les communes du département l’ordre de mobilisation immédiate…
Dimanche [2 août 1914], pendant que les réservistes et territoriaux commençaient à rejoindre leur corps, a eu lieu la réception des chevaux et voitures par l’armée…
A quelques exceptions près, les prix nous ont paru suffisamment rémunérateurs ; dans tous les cas personne de s’est plaint, c’est à peine si un geste de mécontentement a été esquissé par ceux qui avaient estimé leur cheval un prix supérieur à celui payé.
Dans les écoles, préparées pour recevoir les troupes, des escouades de soldats travaillent fiévreusement. Capotes, képis, pantalons, équipement militaire étaient apportés dans des voitures réquisitionnées…
Des groupes sont arrêtés devant les affiches. On lit à haute voix la proclamation du président de la République à la nation française et on approuve son attitude énergique et correcte.
La soirée de dimanche …les abords de la gare étaient envahis par une foule nombreuse venue là pour chercher des nouvelles. Malheureusement celles-ci manquaient…
Aujourd’hui, aucun train de voyageurs ne circule. Les lignes de chemin de fer sont spécialement réservées pour les troupes. D’ailleurs tous les employés sont mobilisés…
Les hommes touchés par l’ordre de mobilisation arrivent nombreux ; ils se dirigent aussitôt vers leur casernement où ils sont aussitôt habillés et équipés. Tous montrent beaucoup d’entrain… ». (Journal de Chartres 4 août 1914).

Si la crainte de la guerre et de ses conséquences doivent être présentes, une forme d’insouciance et d’allégresse flottent dans le pays.
« …, la moisson avait du retard et presque tout le monde était aux champs, sauf nous les jeunes… vers deux heures et demie… voilà les gendarmes qui arrivent au grand trot sur leurs chevaux. Ils vont droit à la mairie.
Là, ils trouvent le maître d’école, et le maître ressort avec l’affiche dans les mains, l’affiche blanche avec deux drapeaux en croix :
MOBILISATION GENERALE.
Le maître nous crie :
Allez dire à Achille qu’il sonne la trompette, à Cagé de prendre son tambour. Vous, les gars, sonnez le tocsin…
ils ont laissé leurs faucheuses ; les charretiers ont ramené leurs chevaux. Tout ça arrivait à bride abattue. Tout ça s’en venait de la terre. Tout le monde arrivait devant la Mairie. Un attroupement. Ils avaient tout laissé. En pleine moisson, tout est resté là. Des centaines de gens devant la mairie. … On voyait que les hommes étaient prêts.

 Et toi, quand donc tu pars ?

 Je pars le deuxième jour.

 Moi, le troisième jour.

 Moi, le vingt-cinquième jour.

 Oh, t’iras jamais. On sera revenu. …

Tu aurais vu les gars. C’était quasiment une fête, cette musique là.
C’était la Revanche. On avait la haine des Allemands. Ils étaient venus à St-Loup, en 70… Dans l’ensemble, le monde a pris la guerre comme un plaisir.
Ils sont partis le lundi. Ils ont laissé leur travail et leur bonne femme comme rien du tout. Le monde était patriote comme un seul homme.
Ils parlaient du 75 et du fusil Lebel : à un kilomètre, tu tues un bonhomme.
Achille Pommeret, sa femme était malade d’accoucher ; il a pris le tramway à la Bourdinière ; il a pas voulu savoir si c’était un gars ou une fille. ». (extraits de Ephraïm Grenadou/Alain Prévost. Grenadou, paysan français Seuil, réédition, 1978, p.63-64).

3 août 1914 : l’Allemagne déclare la guerre à la France

Après avoir déclaré la guerre à la Russie le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914. La Grande-Bretagne rentre à son tour dans le conflit le 4 août.

L’affaire de la laiterie MAGGI

Alors que la mobilisation se met en place, les appelés de Chartainvilliers se rendent à leur centre de recrutement de Dreux. Ils y accèdent par la voie ferrée Maintenon-Dreux ouverte aux voyageurs depuis le 21 août 1887 (elle sera fermée le 20 mai 1940).

Comme souvent en temps de crise, des rumeurs apparaissent sur le comportement des étrangers. Dans le secteur de Maintenon, les agriculteurs qui travaillent pour la laiterie Maggi, propriété d’un industriel suisse, en subissent les conséquences.

Lettre du Président du Syndicat des cultivateurs du rayon de Maintenon adressée au Préfet d’Eure-et-Loir, le 11 août 1914.
« Monsieur le Préfet,
J’ai l’honneur de vous exposer qu’il y a dans une vingtaine de communes de la région de Maintenon, environ 700 cultivateurs, membres du syndicat, qui ont vendu par contrat le lait à provenir de leurs vaches à la Société Laitière Maggi..
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Or, depuis longtemps des bruits tendancieux circulaient représentant cette société comme étant une société d’espionnage au service de l’Allemagne.
Lors de l’ordre de Mobilisation générale, la population parisienne qui exècre tout ce qui est allemand, s’est ruée sur un certain nombre de boutiques et dépôts de cette société laitière, qu’ils ont saccagés.
Le résultat fut que le ramassage du lait fut cessé à Maintenon. Le lait manqua à Paris pendant que notre produit nous restait pour compte.
Le 8 août, le lait fut ramassé de nouveau au dépôt de Maintenon et continue depuis.
Mais cette cessation a fortement impressionné nos populations patriotes et beaucoup de fournisseurs ne veulent plus donner leur lait à cette société, à moins qu’il leur soit prouvé que ce n’est pas une société allemande.
C’est pourquoi, je prie Monsieur le Préfet, de bien vouloir présenter à Monsieur le Ministre de l’intérieur, mon humble requête et le prier de nous répondre si les cultivateurs du rayon de Maintenon peuvent continuer d’avoir confiance dans la société Laitière Maggi…
Le Président du Syndicat de Maintenon
Signé : Gaouabault
Cultivateur à Théléville, commune de Bouglainval
Par Maintenon. Eure-et-Loir ».
(Archives départementales d’Eure-et-Loir M 29, cité p. 15 L’Eure-et-Loir Pendant la Première Guerre Mondiale par JC Farcy CDDP d’Eure et Loir 4e trim 1981)

Dans ce contexte agité, sous la Présidence de l’Adjoint du fait de la mobilisation du Maire, en août 1914, le conseil municipal continue à administrer les affaires communales et décide qu’un cours d’adultes (pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture) sera ouvert pendant l’hiver 1914-15, dans ce but, il inscrit 100 F au budget (dont 25 F pour le chauffage) et sollicite une subvention de l’Etat.

Fin août 1914 : l’armée allemande à 50 kilomètres de Paris

Mais rapidement, les événements militaires tournent à la quasi déroute. L’Allemagne frappe d’abord la Belgique avant de déferler sur la France pour tenter de prendre Paris par l’Ouest.
Fin août, les armées allemandes occupent entièrement les Ardennes, partiellement le Nord-Pas de Calais et la Picardie.
Elles sont à Senlis, dans l’Oise, à moins de 50 kilomètres de la capitale. Le 30 août quelques bombes sont lâchées sur Paris par l’aviation ennemie.
Le 2 septembre, le gouvernement s’installe à Bordeaux.
Début septembre 1914, une contre offensive des troupes françaises et britanniques permet de stopper l’avancée allemande et les contraint au repli dans l’Aisne.

Première bataille de la Marne et ses célèbres taxis parisiens réquisitionnés.

« Les taxis parisiens ont-ils vraiment permis de sauver la situation lors de la bataille de la Marne ?
Christophe Gué : Les taxis ont transporté seulement cinq bataillons, qui n’ont pas combattu. Mais ils ont été employés en seconde ligne pendant la bataille de l’Ourcq, épisode clé pendant lequel l’action de la 6e armée française sur les arrières de la Ière armée allemande a provoqué sa volte-face et l’a amenée à se désolidariser de la IIème armée.
Inquiète de la brèche ainsi créée, la direction suprême allemande a ordonné la retraite. Les taxis de « la Marne » se prêtaient donc bien à une mise en scène faisant d’eux le symbole d’une France capable de se ressaisir dans les pires circonstances
C.G. : Pendant ces premiers mois, la guerre telle qu’on l’imaginait n’a pas résisté au choc de la réalité. En dépit des prescriptions des règlements parus depuis 1904, les troupes sont parties en campagne comme à ces grandes manoeuvres où les rares tirs à blanc de canons bien en vue ne les incitaient pas à s’abriter. Subitement, elles ont été prises sous le feu de batteries et de mitrailleuses invisibles. La réalité a eu plus de peine à atteindre les « jeunes Turcs » du grand quartier général (GQG) et des QG d’armées. En position de force depuis l’affaiblissement du haut commandement consécutif à l’affaire Dreyfus, ces officiers d’état-major ambitieux étaient possédés par la mystique de l’offensive.
Sans l’action de généraux comme Castelnau ou Lanrezac, le désastre aurait sans doute été total.
C.G. : Près du sixième des Français tués pendant la Grande Guerre l’ont été en août et septembre 1914 !
La puissance de destruction des armes modernes face aux « pantalons rouges » rendait inévitable de lourdes pertes. L’Etat-major du général Joffre les a aggravées en sous estimant les effets du feu, à l’instar du service de santé qui prévoyait 85% de blessures légères par balles.
(Entretien avec le Lieutenant-colonel Christophe Gué du Service Historique de la Défense, Chargé de cours à l’école de Guerre dans Dossier La Croix du 4/01/2014)

Septembre 1914 : Premiers morts pour Chartainvilliers

C’est le 16 septembre 1914 que le premier habitant de Chartainvilliers, ISAMBERT Victor, soldat au 301e Régiment d’Infanterie, « Mort pour la France »,est « tué à l’ennemi » à l’âge de 29 ans à Vaux-Marie dans la Meuse.

Les combats de Vaux-Marie opposent, du 7 septembre 1914 au 10 septembre 1914 pendant la Première Guerre mondiale, le 6e corps de la 3e armée française du général Sarrail au 13e corps de la 5e armée allemande commandée par le Kronprinz. Pendant que la bataille de la Marne se déroule plus à l’ouest, la 5e armée allemande tente d’enfoncer les lignes françaises pour empêcher un transfert de troupe vers la Marne et pour tenter d’encercler la place fortifiée de Verdun.
Après trois jours de combats particulièrement meurtriers, les troupes françaises réussissent à bloquer l’avance allemande. Le 10 septembre 1914, l’armée du Kronprinz entame un repli de 30 à 40 km pour s’aligner avec les autres armées allemandes.
Une partie des combats fut racontée par Maurice Genevoix, sous-lieutenant du 106e RI, dans son livre Sous Verdun. (wikipedia)

Un second, GUIARD Paul, soldat au 102e Régiment d’Infanterie, décédera le 26 septembre 1914 à Margny-aux-Cerises dans l’Oise, à l’âge de 23 ans.
Ces deux soldats tués s’ajouteront aux cinq décès enregistrés durant l’année 1914 dans la commune.

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De septembre à novembre 1914, le front s’étend de la mer du Nord à la frontière Suisse. Il va se figer derrières les tranchées creusées par chacune des armées en présence. A la guerre de mouvement se substitue la guerre de position.
Le gouvernement quitte Bordeaux pour revenir à Paris le 10 décembre 1914.

Arrêt des travaux de forage pour l’eau et solidarité aux blessés

En cette fin d’année 1914, à Chartainvilliers, en l’absence du Maire, mobilisé pour toute la durée de la guerre, en réponse à une première lettre de M. Brochot, puisatier, qui demande s’il y a lieu de reprendre les travaux de forage du puits qui ont été arrêtés par la mobilisation, le conseil municipal du 8 novembre 1914 répond que : « Vu les circonstances actuelles et les difficultés d’approvisionnement pour l’exécution des travaux (il) décide de laisser les travaux dans l’état actuel et de reprendre les affaires après la guerre.
Dans sa séance extraordinaire du 15 décembre 1914, à une nouvelle demande de l’entrepreneur des travaux de forage du puits pour l’eau potable, qui vu les frais de location de moteur et autres, désire reprendre les travaux, L’Adjoint au Maire répond : « j’ai l’honneur de vous informer que les membres présents du conseil municipal ne voient pas d’obstacle à ce que les travaux du forage soient repris.
Toutefois, vu les difficultés que vous avez (personnel, approvisionnement, transports), la Commune ne veut supporter aucune charge nouvelle par suite de la reprise du travail et le conseil entend rester strictement dans les clauses et conditions du traité que vous avez signé. » Du fait de cette exigence, le puisatier ne donnera pas suite à son souhait de reprise des travaux.

Lors de la même réunion, le Conseil décide de voter une somme de cinquante francs pour les soldats et évacués belges du camp d’Auvours, d’allouer cent francs, sur le budget communal, en faveur des blessés du département et d’ouvrir parmi la population une souscription.

* * *

Alors que beaucoup voyaient la victoire « au bout du fusil » et pensaient que le conflit serait de courte
durée, après la percée qui amène les armées allemandes aux portes de Paris en septembre 1914, il faut bien déchanter. A fin 1914, la Grande Guerre va s’installer dans la durée, et sera la grande broyeuse de vies humaines.
Si Chartainvilliers ne compte que deux soldats tués durant ces cinq premiers mois de conflit, il
n’en est pas de même au niveau des différents fronts.
Du seul coté français, l’année 1914 conduira à la mort, ou à la disparition, de 300 000 personnes, soit à peine moins que l’ensemble des pertes de l’année 1915 (350 000) et nettement plus que l’année 1916 (250 000), 1917 (165 000) ou 1918 (225 000).

« En cause : pas seulement le pantalon garance trop voyant, que le pouvoir civil a refusé de remplacer par souci de faire des économies, mais bien cette obstination à monter à l’assaut baïonnette au clair au mépris du feu…Les leçons de l’échec de ces premières semaines de guerre dans le domaine stratégique ne seront tirées qu’en 1917. Confronté à l’échec, l’état-major, avec le plein accord du pouvoir civil, persévère et sanctionne avec une extrême sévérité ce qui n’apparaît pas dans la ligne. Plusieurs généraux sont limogés. Et bon nombre des 675 fusillés pour refus de combattre de la première guerre mondiale le sont dès 1914-1915. » (Antoine Fouchet dans La Croix du 4/1/2014).

En plus de ces disparitions tragiques, la Grande Guerre va bouleverser considérablement la vie du pays. Les femmes vont remplacer les hommes dans de nombreuses tâches agricoles, mais aussi industrielles.
Des prisonniers allemands, mais aussi des réfugiés belges, ou des tunisiens vont être appelés à effectuer une partie des travaux des champs.

Patrimoine local

Patrimoine

L’Eglise
eglise_01Le monument, visible, le plus ancien de Chartainvilliers : l’église, érigée en 1390, puis reconstruite en 1696 sous l’égide de Madame de Maintenon comme en témoigne le bandeau sculpté sur le portail (armoiries stylisées sur la feuille communale mensuelle « La Voix du Frou »).
fronton_01La date de 1696 et les armoiries de Madame de Maintenon, qui figurent sur le fronton de l’église, attestent l’importance que l’amie du Grand Roi devait apporter à ce lieu de culte en le reconstruisant.>
Pour en savoir plus :http://chartainvilliers.fr/eglise

Les Terrasses
.terrasses_01 En 1685, Louis XIV, installé à Versailles, désire que les fontaines du Château fonctionnent jour et nuit; un projet, parmi tant d’autres, consiste à détourner les eaux de l’Eure à partir de Pontgouin et de les mener aux divers bassins alimentant le parc.
bornes_terrasses_01L’eau voyage au niveau du sol jusqu’à Théléville, puis il faut traverser la Vallée de l’Eure à Maintenon, pour cela Vauban projette la construction d’un aqueduc de 4480 m de long sur trois niveaux d’arcades (70 m de haut).
La déclaration de guerre à I’Espagne, et le manque d’argent, arrêtent les travaux qui ne seront jamais repris. 30 000 hommes ont travaillé sur le site, 10 000 sont morts de maladie (malaria, scorbut).
terrasse_carte_01Les Terrasses sont le témoignage de ce passé. A noter que la « Grande Voute » (XVIIe s.) est inscrite au répertoire de Monuments Historiques depuis le 19/03/1934.

Les bornes du Châpitre
Notre histoire est liée pour une période à celle du château de Maintenon. En effet, en 1674, Madame de Maintenon achète le Château, clos de murs, en bordure de l’Eure, et en restera propriétaire pendant 24 ans. Elle fera de sa nièce Charlotte Françoise d’Aubigné son héritière qui épousera en Mars 1698 Adrien-Maurice, duc d’Ayen, futur duc de Noailles. En 1731 le Duc fait construire un hôpital pour aider les pauvres gens malades et infirmes de ses Domaines. Il fonctionnera jusqu’à la Révolution. ll ne sera jamais rétabli, mais à la suite d’un procès intenté à la commune de Maintenon, en 1863, il sera attribué, à Chartainvilliers, une indemnisation pour compenser les bienfaits prévus par le fondateur. Cet “hôpital” a été jusqu’en 1990 le siège de la brigade de la Gendarmerie Nationale de Maintenon.

borne_01Six bornes sont positionnées en limite de Chartainvilliers, Bouglainval et Berchère-St-Germain. Sur certaines faces, peu lisibles, figurent les armes de la famille de Noailles (Geules à bande d’or) et sur d’autres faces les armes du chapitre de Chartres (la « chemisette »). Ces vestiges, d’environ un mètre de haut, rappellent la limite des propriétés respectives.

Eoliennes
tour_mairie-1925Chartainvilliers possède deux étranges tours. L’une est située au centre du village sur la route de St-Piat, à côté de la mairie, l’autre est située au sud sur la route de Jouy ; celle de la mairie porte la sirène. Elles sont d’allure XIXe siècle, construites en blocage de silex et mortier, avec base, encadrements et corniche en briques, cette dernière surmontée d’un rang de pierres. Le touriste pensait qu’il s’agissait d’anciens châteaux d’eau ayant perdu leurs cuves ; il y a bien un château d’eau situé à l’est, mais d’allure plus récente (XXe siècle).
En fait, c’est encore plus intéressant : ce sont des supports d’éoliennes !
Au XIXe siècle, le problème de l’alimentation en eau était préoccupant. Chartainvilliers est situé sur le plateau à 156 mètres d’altitude, à 2 km seulement de l’Eure à vol d’oiseau, mais 50 mètres plus haut. Il y avait bien deux puits, mais l’eau était à 50 mètres, car la nappe phréatique est pratiquement au même niveau que la rivière, à une si proche distance.
tour-eolienne_01En 1858, l’idée germa d’installer des pompes dans ces puits. L’idée prit corps en 1859, Mr Loison étant maire, sous la forme de pompes entraînées par des éoliennes. Les tours furent confiées à Mr Lavigne, entrepreneur à Maintenon, les pompes et les éoliennes à Mr Lethiers, charpentier et mécanicien à Jouy, inventeur de l’appareil hydraulique. Après quelques problèmes techniques et politiques, l’installation fonctionna au début de 1861. Le débit était de 700 1/h, ce qui donna satisfaction pour alimenter les fontaines publiques. Le touriste ne connaît pas la date de cessation de fonctionnement. La tour est de forme tronconique, d’un diamètre de 4,20 m à la base et de 3,50 m au sommet, et d’une hauteur de 10,50 m. L’intérieur est d’un diamètre constant de 2,50 m. Le rez-de-chaussée voûté, accessible par une porte, contenait le mécanisme permettant de faire fonctionner la pompe à bras en cas de manque de vent. Au-dessus, le bas du cylindre constituait un réservoir-tampon de 6,3 m3 ; une fenêtre est située au dessus du niveau de l’eau. L’éolienne tournait à 14,5 m de hauteur. Elle comprenait un rotor à 12 pales et une dérive ; on lui avait ajouté 5 pales plus petites pour modérer sa vitesse (?). Un renvoi d’angle entraînait un arbre vertical. Le touriste n’a aucune documentation sur la pompe.
Renseignements et plans ci-après tirés d’une notice consultable en mairie

Source : Roland DURECU Pierres 2005

Elections législatives

18/06/2017 – 2e Tour des Elections législatives

Inscrits : 543
Votants : 273 (50,27%)
Blancs : 29 (10,62%)
Nuls : 14 (2,44%)
Exprimés : 230 (84,24% et 40,14% des inscrits)

KASBARIAN Guillaume (LREM) : 117 (50,87%)
MASSELUS Franck (LR-UDI-DVD) : 113 (49,13%)

11/06/2017 – 1er Tour des Elections législatives

Inscrits : 543
Votants : 311 (57,27%)
Blancs : 9 (2,89%)
Nuls : 7
Exprimés : 295 (94,85%)

CAILLOL Valérie : 0
VILLEMADE Hugues (FG-PCF) : 6 (2,03%)
KASBARIAN Guillaume (LREM) : 102 (34,58%)
MASSELUS Franck (LR-UDI-DVD) : 48 (16,27%)
ROUXEL Sylvie (FN) : 51 (17,29%)
GAIDOU Stéphanie (Ext. D.) : 1 (0,34%)
MORAINNES Julien  (FI) : 29 (9,83%)
CORDIER Stéphane (PS-PRG-EELV) : 13 (4,41%)
LEMOINE Régine  (Debout La France) : 10 (3,39%)
COMMON Noé : 0
MAZAHERI Pierre  (Parti animaliste) : 15 (5,08%)
AUBERT Marie-José (LO) : 2 (0,68%)
DUMONS Clément (UPR) : 6 (2,03%)
TEILLEUX Michel (DVD) : 12 (4,07%)
BRIERE-SAUNIER Thibaut : 0

2012

Article titre non conforme 84

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1914

A la veille de la guerre 14, Chartainvilliers, dont le lent déclin démographique est amorcé depuis un siècle, compte 306 habitants. Il n’en sera dénombré que 264 au recensement de 1921. Entre temps, la Grande faucheuse aura fait son oeuvre et 24 hommes verront leur nom inscrit sur le monument aux morts du village inauguré en 1921

Un vie locale animée …

Dans les années qui ont précédé l’an 1914, la vie municipale locale a été animée. Ainsi, en 1911, après la démission de Victor DAUVILLIERS, Maire élu en 1908, il faudra trois conseils municipaux (30 avril, 14 mai et 2 juillet) pour pourvoir à son remplacement par … lui-même.

En octobre 1911, il sera procédé à une élection municipale partielle suite à la démission de cinq conseillers, soit la moitié des membres du Conseil.

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Mais la crise municipale couve jusqu’au scrutin municipal de mai 1912, ou M. TOUCHARD Edouard, qui avait en avril 1911 refusé son élection comme Maire, l’accepte cette fois ci.

… par le souci d’améliorer le quotidien

Les raisons de cette bataille locale en est le creusement d’un nouveau puits et l’installation de l’eau courante dans le village. Lors de la séance du Conseil municipal de février 1914, celui-ci décide d’approuver le devis définitif proposé par la maison Brochet, soit 9 222 F, pour le forage d’un puits. Par délibération du 3 juillet 1914, un crédit spécifique de 7 135 F., financé par un emprunt de même montant auprès du Crédit Foncier, sera inscrit au budget pour l’établissement d’un service d’eau potable. En outre, par application de la loi de Finances du 31 mars 1903 qui a autorisé un prélèvement spécial sur les fonds du pari mutuel en vue de subventionner les travaux communaux d’adduction d’eau potable, le service hydraulique a, au cours de l’année 1913, donné un avis favorable sur le projet présenté par la communes de Chartainvilliers. (p.366 Conseil Général d’Eure-et-Loir 1913 – Rapport des Chefs de service, Rapport de l’Ingénieur en Chef Service Hydraulique).

Soucieux d’améliorer la qualité de vie des habitants, dans sa séance du 13 mars 1914, le conseil municipal donne un avis favorable « à l’installation de l’énergie électrique dans la localité et est certain que ce progrès moderne sera bien accueilli par la population ». Durant le premier semestre 1914, « Ouest Eclair » du 28/05/1914, nous apprend qu’une épidémie de rougeole a éclaté, notamment à Chartainvilliers. De ce fait, sur le plan militaire, « aucune permission ou congé ne sera accordé pour aller dans ces communes. Tous les hommes qui s’y trouvent actuellement en permission ou en congé y seront maintenus jusqu’à nouvel ordre. L’appel de ces hommes sera reporté à une date ultérieure ». 14 maladies contagieuses seront déclarées dans le village durant l’année 1914 (C. Gal 28 rapport de 1915 p.404).

Malgré cette épidémie, trois couples se marient en avril 1914. La même année, deux divorces « aux torts et griefs de la femme avec toutes les conséquences de droit » sont retranscrits dans les actes d’état civil de la Mairie et deux naissances sont enregistrées.

Prémices de guerre

Si les rumeurs de guerre grondent en Europe, la vie n’en continue pas moins son cours. Ainsi, dans le « Concours des Sept merveilles du monde », organisé par le journal « Le Matin », « Julien Rouleau de Chartainvilliers, 15 754e lauréat, a gagné un flacon  » Arôme des Fellahs » (Le Matin n°11052 du lundi 1 er juin 1914). Le 28 juin 1914, les événements se précipitent. L’archiduc François-Ferdinand, prince héritier de l’empire austro-hongrois, est assassiné à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) par un nationaliste serbe. Le jeu des alliances va plonger l’Europe dans l’horreur de la guerre. L’Autriche-Hongrie, alliée de l’Allemagne, déclare le 28 juillet 1914 la guerre à la Serbie. Celle-ci fait appel à la Russie, qui est liée, par le traité de la Triple-Entente, à la France et à la Grande-Bretagne.

Au même moment, dans son rapport au Conseil Général en date du 30 juin 1914, le Directeur des Postes dénombre 1664 abonnés au téléphone en Eure et Loir, et 232 cabines téléphoniques en service. A cette même date, alors qu’un bureau téléphonique, chargé en même temps du service télégraphique, vient d’ouvrir à Yermenonville, il précise que l’installation de bureaux de même nature aura lieu à bref délai dans différentes localités, dont : Chartainvilliers, Ecrosnes et Hanches.

Le 3 juillet 1914, le Maire expose au Conseil que l’administration du téléphone demande à ce que son poste d’abonné au téléphone soit réuni au bureau central de Chartainvilliers. Le Conseil accepte à ce que Mr Touchard se relie au poste central de Chartainvilliers et les frais occasionnés par ce changement seront à la charge de la commune. Lors de la même séance, deux familles du village bénéficie de l’attribution des allocations aux familles nécessiteuses des hommes présents sous les drapeaux en temps de guerre.

Le 12 juillet 1914, le Journal Officiel publie l’arrêté du Ministre de l’Intérieur attribuant à M. Beauchet Marie, sapeur pompier à la subdivision de Chartainvilliers, la médaille d’honneur pour avoir constamment fait preuve de dévouement.

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Le 14 juillet 1914 un bal public est organisé dans le village. Du fait de sa mobilisation, l’animateur de celui-ci, M. Régnier Edmond, qui sera tué en 1917, ne remettra à la Mairie sa note de frais de dix francs que le 9 janvier 1916.

« Le 31 juillet 1914, député, directeur fondateur du quotidien L’Humanité et porte-parole d’un courant pacifiste opposé à la guerre, Jean Jaurès est tué, dans un café de Paris, par le militant nationaliste Raoul Villain. Après sa mort, sous l’impulsion du président Raymond Poincarré, l’idée de « l’Union sacrée » face à l’ennemi prévaut à gauche. Ce concept se traduit par une trêve entre les partis politiques de tous bords et par une réconciliation entre la République et l’Eglise, qui envoie les prêtres au front comme aumôniers et brancardiers ». (La Croix 4/01/2014).

Mais la volonté de revanche a été largement développée depuis la défaite de 1870. Ainsi, dans de nombreuses écoles, à l’instar de celle de Chartainvilliers en 1899 (« La Patriote »), sont créées des sociétés de tir scolaires. Sociétés qui ne limitent pas leur action à l’instruction au tir, mais également à enraciner la discipline militaire.mairie_la-patriote

Chartainvilliers et la Beauce d’une manière générale auront eu, quelques années auparavant, un avant goût des combats militaires puisqu’en 1900 des manoeuvres de grandes ampleurs se déroulent dans ses environs.

« Les dernières manoeuvres préparatoires du 4° corps d’armée (division contre division) ont lieu aujourd’hui (9 septembre 1900). En arrivant à Maintenon, dans l’après-midi, nous avons vu rentrer, victorieuse, la 8e division (général de Saint-Julien), qui est partie de Paris il y a quelques jours et qui ayant, il est vrai, une certaine supériorité d’artillerie a repoussé, ce matin, une attaque de la 7° (général Niox), du côté de Châteauneuf-en-Thymerais. La charmante petite ville de Maintenon, avec ses ponts et ses grands arbres verts qui se mirent dans les deux bras de l’Eure, était pleine de mouvement : le 124° régiment d’infanterie, de l’artillerie et des chasseurs, le quartier général de la 8° division d’infanterie, ….. donnait un aspect guerrier à l’ancien lieu de repos de la marquise, amie du grand roi tels, à Saint-Cyr, nos brillants élèves-officiers à l’ancien séjour des jeunes filles qu’elle avait tant aimées. Lundi, toutes les troupes doivent se reposer, pour se préparer à la première période des grandes manoeuvres proprement dites corps d’armée contre corps d’armée, qui commencent mardi 11. Le général de Négrier qui, comme on sait, doit présider à la lutte du 4° contre le 10° corps, a traversé aujourd’hui Maintenon, se dirigeant vers Châteauneuf ; ce soir, le général Sonnois, commandant du 4° corps, a établi son quartier général à Chartainvilliers, à environ 6 kilomètres au sud-ouest de Maintenon ». (Le Temps 11/09/1900 n°14338).

Premiers jours de mobilisation

Mais l’engrenage se met en marche, en pleine moisson, « Samedi 1914

[1er août 1914] vers 4 heures, l’ordre de mobilisation générale est parvenu à Chartres.

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Comme une traînée de poudre, cette nouvelle, qu’on attendait depuis quelques jours, s’est répandue en ville. … Immédiatement, les communications privées, téléphoniques ou télégraphiques, ont été supprimées et l’administration des Postes et des Télégraphes a accompli l’effort considérable de faire parvenir dans presque toutes les communes du département l’ordre de mobilisation immédiate… Dimanche [2 août 1914], pendant que les réservistes et territoriaux commençaient à rejoindre leur corps, a eu lieu la réception des chevaux et voitures par l’armée… A quelques exceptions près, les prix nous ont paru suffisamment rémunérateurs ; dans tous les cas personne de s’est plaint, c’est à peine si un geste de mécontentement a été esquissé par ceux qui avaient estimé leur cheval un prix supérieur à celui payé. Dans les écoles, préparées pour recevoir les troupes, des escouades de soldats travaillent fiévreusement. Capotes, képis, pantalons, équipement militaire étaient apportés dans des voitures réquisitionnées… Des groupes sont arrêtés devant les affiches. On lit à haute voix la proclamation du président de la République à la nation française et on approuve son attitude énergique et correcte. La soirée de dimanche …les abords de la gare étaient envahis par une foule nombreuse venue là pour chercher des nouvelles. Malheureusement celles-ci manquaient… Aujourd’hui, aucun train de voyageurs ne circule. Les lignes de chemin de fer sont spécialement réservées pour les troupes. D’ailleurs tous les employés sont mobilisés… Les hommes touchés par l’ordre de mobilisation arrivent nombreux ; ils se dirigent aussitôt vers leur casernement où ils sont aussitôt habillés et équipés. Tous montrent beaucoup d’entrain… ». (Journal de Chartres 4 août 1914).

Si la crainte de la guerre et de ses conséquences doivent être présentes, une forme d’insouciance et d’allégresse flottent dans le pays. « …, la moisson avait du retard et presque tout le monde était aux champs, sauf nous les jeunes… vers deux heures et demie… voilà les gendarmes qui arrivent au grand trot sur leurs chevaux. Ils vont droit à la mairie. Là, ils trouvent le maître d’école, et le maître ressort avec l’affiche dans les mains, l’affiche blanche avec deux drapeaux en croix : MOBILISATION GENERALE. Le maître nous crie : Allez dire à Achille qu’il sonne la trompette, à Cagé de prendre son tambour. Vous, les gars, sonnez le tocsin… ils ont laissé leurs faucheuses ; les charretiers ont ramené leurs chevaux. Tout ça arrivait à bride abattue. Tout ça s’en venait de la terre. Tout le monde arrivait devant la Mairie. Un attroupement. Ils avaient tout laissé. En pleine moisson, tout est resté là. Des centaines de gens devant la mairie. … On voyait que les hommes étaient prêts.
- Et toi, quand donc tu pars ?
- Je pars le deuxième jour.
- Moi, le troisième jour.
- Moi, le vingt-cinquième jour.
- Oh, t’iras jamais. On sera revenu. …

Tu aurais vu les gars. C’était quasiment une fête, cette musique là. C’était la Revanche. On avait la haine des Allemands. Ils étaient venus à St-Loup, en 70… Dans l’ensemble, le monde a pris la guerre comme un plaisir. Ils sont partis le lundi. Ils ont laissé leur travail et leur bonne femme comme rien du tout. Le monde était patriote comme un seul homme. Ils parlaient du 75 et du fusil Lebel : à un kilomètre, tu tues un bonhomme. Achille Pommeret, sa femme était malade d’accoucher ; il a pris le tramway à la Bourdinière ; il a pas voulu savoir si c’était un gars ou une fille. ». (extraits de Ephraïm Grenadou/Alain Prévost. Grenadou, paysan français Seuil, réédition, 1978, p.63-64).

3 août 1914 : l’Allemagne déclare la guerre à la France

Après avoir déclaré la guerre à la Russie le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914. La Grande-Bretagne rentre à son tour dans le conflit le 4 août.

L’affaire de la laiterie MAGGI

Alors que la mobilisation se met en place, les appelés de Chartainvilliers se rendent à leur centre de recrutement de Dreux. Ils y accèdent par la voie ferrée Maintenon-Dreux ouverte aux voyageurs depuis le 21 août 1887 (elle sera fermée le 20 mai 1940).

Comme souvent en temps de crise, des rumeurs apparaissent sur le comportement des étrangers. Dans le secteur de Maintenon, les agriculteurs qui travaillent pour la laiterie Maggi, propriété d’un industriel suisse, en subissent les conséquences.

Lettre du Président du Syndicat des cultivateurs du rayon de Maintenon adressée au Préfet d’Eure-et-Loir, le 11 août 1914. « Monsieur le Préfet, J’ai l’honneur de vous exposer qu’il y a dans une vingtaine de communes de la région de Maintenon, environ 700 cultivateurs, membres du syndicat, qui ont vendu par contrat le lait à provenir de leurs vaches à la Société Laitière Maggi.

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Or, depuis longtemps des bruits tendancieux circulaient représentant cette société comme étant une société d’espionnage au service de l’Allemagne. Lors de l’ordre de Mobilisation générale, la population parisienne qui exècre tout ce qui est allemand, s’est ruée sur un certain nombre de boutiques et dépôts de cette société laitière, qu’ils ont saccagés. Le résultat fut que le ramassage du lait fut cessé à Maintenon. Le lait manqua à Paris pendant que notre produit nous restait pour compte. Le 8 août, le lait fut ramassé de nouveau au dépôt de Maintenon et continue depuis. Mais cette cessation a fortement impressionné nos populations patriotes et beaucoup de fournisseurs ne veulent plus donner leur lait à cette société, à moins qu’il leur soit prouvé que ce n’est pas une société allemande. C’est pourquoi, je prie Monsieur le Préfet, de bien vouloir présenter à Monsieur le Ministre de l’intérieur, mon humble requête et le prier de nous répondre si les cultivateurs du rayon de Maintenon peuvent continuer d’avoir confiance dans la société Laitière Maggi… Le Président du Syndicat de Maintenon Signé : Gaouabault Cultivateur à Théléville, commune de Bouglainval Par Maintenon. Eure-et-Loir ». (Archives départementales d’Eure-et-Loir M 29, cité p. 15 L’Eure-et-Loir Pendant la Première Guerre Mondiale par JC Farcy CDDP d’Eure et Loir 4e trim 1981)

Dans ce contexte agité, sous la Présidence de l’Adjoint du fait de la mobilisation du Maire, en août 1914, le conseil municipal continue à administrer les affaires communales et décide qu’un cours d’adultes (pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture) sera ouvert pendant l’hiver 1914-15, dans ce but, il inscrit 100 F au budget (dont 25 F pour le chauffage) et sollicite une subvention de l’Etat.

Fin août 1914 : l’armée allemande à 50 kilomètres de Paris

Mais rapidement, les événements militaires tournent à la quasi déroute. L’Allemagne frappe d’abord la Belgique avant de déferler sur la France pour tenter de prendre Paris par l’Ouest. Fin août, les armées allemandes occupent entièrement les Ardennes, partiellement le Nord-Pas de Calais et la Picardie. Elles sont à Senlis, dans l’Oise, à moins de 50 kilomètres de la capitale. Le 30 août quelques bombes sont lâchées sur Paris par l’aviation ennemie. Le 2 septembre, le gouvernement s’installe à Bordeaux. Début septembre 1914, une contre offensive des troupes françaises et britanniques permet de stopper l’avancée allemande et les contraint au repli dans l’Aisne.

Première bataille de la Marne et ses célèbres taxis parisiens réquisitionnés.

« Les taxis parisiens ont-ils vraiment permis de sauver la situation lors de la bataille de la Marne ? Christophe Gué : Les taxis ont transporté seulement cinq bataillons, qui n’ont pas combattu. Mais ils ont été employés en seconde ligne pendant la bataille de l’Ourcq, épisode clé pendant lequel l’action de la 6e armée française sur les arrières de la Ière armée allemande a provoqué sa volte-face et l’a amenée à se désolidariser de la IIème armée. Inquiète de la brèche ainsi créée, la direction suprême allemande a ordonné la retraite. Les taxis de « la Marne » se prêtaient donc bien à une mise en scène faisant d’eux le symbole d’une France capable de se ressaisir dans les pires circonstances C.G. : Pendant ces premiers mois, la guerre telle qu’on l’imaginait n’a pas résisté au choc de la réalité. En dépit des prescriptions des règlements parus depuis 1904, les troupes sont parties en campagne comme à ces grandes manoeuvres où les rares tirs à blanc de canons bien en vue ne les incitaient pas à s’abriter. Subitement, elles ont été prises sous le feu de batteries et de mitrailleuses invisibles. La réalité a eu plus de peine à atteindre les « jeunes Turcs » du grand quartier général (GQG) et des QG d’armées. En position de force depuis l’affaiblissement du haut commandement consécutif à l’affaire Dreyfus, ces officiers d’état-major ambitieux étaient possédés par la mystique de l’offensive. Sans l’action de généraux comme Castelnau ou Lanrezac, le désastre aurait sans doute été total. C.G. : Près du sixième des Français tués pendant la Grande Guerre l’ont été en août et septembre 1914 ! La puissance de destruction des armes modernes face aux « pantalons rouges » rendait inévitable de lourdes pertes. L’Etat-major du général Joffre les a aggravées en sous estimant les effets du feu, à l’instar du service de santé qui prévoyait 85% de blessures légères par balles. (Entretien avec le Lieutenant-colonel Christophe Gué du Service Historique de la Défense, Chargé de cours à l’école de Guerre dans Dossier La Croix du 4/01/2014)

Septembre 1914 : Premiers morts pour Chartainvilliers

C’est le 16 septembre 1914 que le premier habitant de Chartainvilliers, ISAMBERT Victor, soldat au 301e Régiment d’Infanterie, « Mort pour la France »,est « tué à l’ennemi » à l’âge de 29 ans à Vaux-Marie dans la Meuse.

Les combats de Vaux-Marie opposent, du 7 septembre 1914 au 10 septembre 1914 pendant la Première Guerre mondiale, le 6e corps de la 3e armée française du général Sarrail au 13e corps de la 5e armée allemande commandée par le Kronprinz. Pendant que la bataille de la Marne se déroule plus à l’ouest, la 5e armée allemande tente d’enfoncer les lignes françaises pour empêcher un transfert de troupe vers la Marne et pour tenter d’encercler la place fortifiée de Verdun. Après trois jours de combats particulièrement meurtriers, les troupes françaises réussissent à bloquer l’avance allemande. Le 10 septembre 1914, l’armée du Kronprinz entame un repli de 30 à 40 km pour s’aligner avec les autres armées allemandes. Une partie des combats fut racontée par Maurice Genevoix, sous-lieutenant du 106e RI, dans son livre Sous Verdun. (wikipedia)

Un second, GUIARD Paul, soldat au 102e Régiment d’Infanterie, décédera le 26 septembre 1914 à Margny-aux-Cerises dans l’Oise, à l’âge de 23 ans. Ces deux soldats tués s’ajouteront aux cinq décès enregistrés durant l’année 1914 dans la commune.

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De septembre à novembre 1914, le front s’étend de la mer du Nord à la frontière Suisse. Il va se figer derrières les tranchées creusées par chacune des armées en présence. A la guerre de mouvement se substitue la guerre de position. Le gouvernement quitte Bordeaux pour revenir à Paris le 10 décembre 1914.

Arrêt des travaux de forage pour l’eau et solidarité aux blessés

En cette fin d’année 1914, à Chartainvilliers, en l’absence du Maire, mobilisé pour toute la durée de la guerre, en réponse à une première lettre de M. Brochot, puisatier, qui demande s’il y a lieu de reprendre les travaux de forage du puits qui ont été arrêtés par la mobilisation, le conseil municipal du 8 novembre 1914 répond que : « Vu les circonstances actuelles et les difficultés d’approvisionnement pour l’exécution des travaux (il) décide de laisser les travaux dans l’état actuel et de reprendre les affaires après la guerre. Dans sa séance extraordinaire du 15 décembre 1914, à une nouvelle demande de l’entrepreneur des travaux de forage du puits pour l’eau potable, qui vu les frais de location de moteur et autres, désire reprendre les travaux, L’Adjoint au Maire répond : « j’ai l’honneur de vous informer que les membres présents du conseil municipal ne voient pas d’obstacle à ce que les travaux du forage soient repris. Toutefois, vu les difficultés que vous avez (personnel, approvisionnement, transports), la Commune ne veut supporter aucune charge nouvelle par suite de la reprise du travail et le conseil entend rester strictement dans les clauses et conditions du traité que vous avez signé. » Du fait de cette exigence, le puisatier ne donnera pas suite à son souhait de reprise des travaux.

Lors de la même réunion, le Conseil décide de voter une somme de cinquante francs pour les soldats et évacués belges du camp d’Auvours, d’allouer cent francs, sur le budget communal, en faveur des blessés du département et d’ouvrir parmi la population une souscription.

* * *

Alors que beaucoup voyaient la victoire « au bout du fusil » et pensaient que le conflit serait de courte durée, après la percée qui amène les armées allemandes aux portes de Paris en septembre 1914, il faut bien déchanter. A fin 1914, la Grande Guerre va s’installer dans la durée, et sera la grande broyeuse de vies humaines. Si Chartainvilliers ne compte que deux soldats tués durant ces cinq premiers mois de conflit, il n’en est pas de même au niveau des différents fronts. Du seul coté français, l’année 1914 conduira à la mort, ou à la disparition, de 300 000 personnes, soit à peine moins que l’ensemble des pertes de l’année 1915 (350 000) et nettement plus que l’année 1916 (250 000), 1917 (165 000) ou 1918 (225 000).

« En cause : pas seulement le pantalon garance trop voyant, que le pouvoir civil a refusé de remplacer par souci de faire des économies, mais bien cette obstination à monter à l’assaut baïonnette au clair au mépris du feu…Les leçons de l’échec de ces premières semaines de guerre dans le domaine stratégique ne seront tirées qu’en 1917. Confronté à l’échec, l’état-major, avec le plein accord du pouvoir civil, persévère et sanctionne avec une extrême sévérité ce qui n’apparaît pas dans la ligne. Plusieurs généraux sont limogés. Et bon nombre des 675 fusillés pour refus de combattre de la première guerre mondiale le sont dès 1914-1915. » (Antoine Fouchet dans La Croix du 4/1/2014).

En plus de ces disparitions tragiques, la Grande Guerre va bouleverser considérablement la vie du pays. Les femmes vont remplacer les hommes dans de nombreuses tâches agricoles, mais aussi industrielles. Des prisonniers allemands, mais aussi des réfugiés belges, ou des tunisiens vont être appelés à effectuer une partie des travaux des champs.

1915

1915

« Maintenant tu ne lis pas les journaux.
Mais plus tard, méfie-toi de ceux qui cherchent à te faire croire que les peuples sont chacun d’une espèce différente et qu’il faut qu’il y en ait un qui prédomine le leur ; si c’est vrai pour les uns, c’est vrai pour les autres, et c’est la guerre à perpétuité. »


Henri Barbusse Le Feu

Une année meurtrière

Alors qu’on la voyait rapide et victorieuse, la guerre s’installe et sa cruauté apparaît à tous.

A l’image du pays, où 350 000 morts seront dénombrés, l’année 1915 sera, pour les familles de Chartainvilliers la plus meurtrière des quatre années de guerre. Sur les 24 noms mentionnés sur le monument aux Morts, 8, soit le tiers, le sont au titre de l’année 1915.

Pour éviter de démoraliser les populations civiles, une loi est votée dés le 15 janvier 1915 pour interdire toute exhumation et transfert de corps de militaire mort au front.

Cela fait suite à l’interdiction faite à la presse, par le général Commandant la 4e Région militaire, en octobre 1914, de ne pas publier de listes des tués ou des blessés.


«Tac ! Tac ! Pan ! Les coups de fusil, la canonnade. Au-dessus de nous, partout, ça crépite ou ça roule, par longues rafales ou par coups séparés. Le sombre et flamboyant orage ne cesse jamais, jamais. Depuis plus de quinze mois, depuis cinq cents jours, en ce lieu du monde où nous sommes, la fusillade et le bombardement ne se sont pas arrêtés du matin au soir et du soir au matin. On est enterré au fond d’un éternel champ de bataille ; mais comme le tic-tac des horloges de nos maisons, aux temps d’autrefois, dans le passé quasi légendaire, on n’entend que cela lorsqu’on écoute».

On comprend mieux, dans ces conditions, que cette année 1915 ait pu servir, à partir de notes personnelles rédigées sur le front, de trame au célèbre roman d’Henri Barbusse «Le Feu», Prix Goncourt 1916, dont est extrait le paragraphe précédent.

Ce titre, à lire ou à relire, a d’autant plus sa place dans cette chronique que sa rédaction a été, pour partie, réalisée lors d’une hospitalisation de l’auteur à Courville en 1916.

Peut-être y-a-t-il croisé une habitante de Chartainvilliers, dont le conseil municipal a demandé, en décembre 1915, l’internement à l’hospice des vieillards de cette commune.

Dans cette guerre dévoreuse d’hommes, les blessés sont nombreux et les besoins militaires immenses. Aussi, il convient de soigner au plus vite les moins invalides, pour leur permettre un retour rapide sur le front.

C’est l’une des missions données au département d’Eure-et-Loir. Alors que les structures hospitalières permanentes sont débordées, de nombreux centres de soins temporaires voient le jour dans des institutions collectives ou dans des résidences privées. C’est à la gare de Maintenon, où a été installée une infirmerie, que passe l’immense majorité des évacués du front venant se faire soigner dans le département.

Pour permettre le financement de ces structures, des appels à la générosité sont lancés. Dans sa séance du 8 février 1915, le Conseil municipal de Chartainvilliers décide de voter une somme de cinquante francs pour l’œuvre de la Croix Rouge du Canton de Maintenon.
En novembre de la même année, il alloue une somme de vingt-cinq francs pour subvenir aux énormes dépenses de la Société de secours aux Blessés militaires de l’hôpital auxiliaire n°14 installé 23, Boulevard Chasles à Chartres.
Soit 1,1% des recettes fiscales communales, perçues au titre de 1915, qui s’élevaient à 6 455,42 frs.

La Guerre a besoin d’argent. Pour faire sortir l’or des placards, et le transformer en emprunts, des actions sont menées sous l’égide de la Banque de France. « Garder son or serait aujourd’hui se montrer mauvais français » affirme le Journal de Chartres du 27 septembre 1915. A cette date, l’équivalent de 6,5 millions de frs d’or ont été apportés par les habitants d’Eure-et-Loir, 800 millions de frs au niveau national.

Des progrès en chirurgie

Il arrive que l’horreur engendre des avancées. Ce sera le cas en matière de chirurgie militaire et civile pour la Première Guerre mondiale.
« Au départ, la doctrine était de renvoyer les blessés vers des hôpitaux de leur région d’origine. Mais ils mettaient souvent deux à trois semaines avant d’arriver. Et beaucoup mouraient de la gangrène en cours de route » (Professeur Blanc).
Aussi, , dés la fin de 1914, il fut décidé d’installer des hôpitaux militaires « de l’avant » à proximité du front.

« C’est à cette époque qu’est né un concept, toujours en vigueur aujourd’hui, celui de « triage » ou « catégorisation » des blessés pour les orienter en fonction de leur état ». (Marc Beaumelle, adjoint au Conservateur du Musée Service de Santé des armées à Paris).

Le conflit participa également au développement de l’anesthésie qui, en 1914, était inexistante sur le front.
« De 1915 à 1917, les chirurgiens utilisèrent du chloroforme qui, peu à peu, fut remplacer par l’éther » (M. Beaumelle). Après l’entrée en guerre des Etats-Unis, dés la fin 1917, les chirurgiens français purent utiliser de nouveaux produits, venus d’outre-Atlantique, en particulier le protoxyde d’Azote.

Pour éviter la propagation de la maladie, une loi du 18 octobre 1915 impose la prise en charge des réformés pour cause de tuberculose dans des structures dédiées.

Suppression de la météo et de l’absinthe

Le 5 février 1915, il est interdit à la presse de publier des bulletins météo, et en mars commencent les premiers rapatriements de civils français des zones occupées par l’Allemagne.

Le 16 du même mois, interdiction de vendre de l’absinthe, ou toute substance spiritueuses de la même famille, afin de permettre une relance de l’économie autour du vin.

Sur le Front, l’enlisement et début d’utilisation des gaz toxiques

Après le « feu vert » donné aux navires français et britanniques pour tenter d’ouvrir un front à l’est et de forcer le passage des détroits des Dardanelles, l’Empire turc, entré en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, oppose une résistance farouche.
Les troupes alliées rembarqueront le 9 janvier 1916.

Le 18 mars 1915, il est décidé de mettre fin aux attaques en Champagne, 100 000 morts pour un gain de … 3 km.

Le 22 mars, des zeppelins allemands bombardent Chantilly dans l’Oise, et le 22 avril, à Langemark, prés d’Ypres,en Belgique, première attaque au gaz chloré.

Le 26 avril 1915, l’Italie signe le pacte de Londres, change de camp et rejoint ainsi la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie). Faisant partie au tout début de la guerre de la Triple-Alliance avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, elle avait, dans un premier temps, opté pour la neutralité.

Le 7 mai 1915, le « Lusitania » est torpillé près de l’Angleterre par un sous-marin allemand (1 198 morts, dont 120 citoyens des Etats-Unis).
Seuls six des vingt-deux canots de sauvetage peuvent être mis à la mer. En un quart d’heure, à peine, ce paquebot ultramoderne, réquisitionné par la Navy en août 1914 et équipé de 12 canons, s’enfonce rapidement par 93 mètres de profondeur.
L’indignation est générale à travers la planète, en dehors des pays des empires centraux.

W. WILSON, souligne immédiatement le décès de nombreux compatriotes américains, pour menacer l’Allemagne d’une entrée en guerre aux côtés de l’Entente.

L’indignation est telle, que l’Empereur d’Allemagne désavoue le capitaine du sous-marin, lui inflige une sanction, décide au mois d’août suivant de suspendre la guerre sous-marine, et d’offrir aux Etats-Unis une indemnité pour les pertes du Lusitania.

Mais l’évidence de l’abomination de l’acte condamné en 1915, a été mise à mal en 1972, lors de l’ouverture des archives.
L’acte de torpillage d’un navire transportant des civils reste condamnable, mais l’Amirauté britannique, et les autorités Américaines ne sont pas exclues de tout reproche.
En effet, le paquebot transportait, en contrebande, 50 tonnes d’obus et de très grandes quantité de poudre et d’explosifs.

A l’intérieur, tout est à réorganiser

Les difficultés d’approvisionnement se développent. De nombreux vols de poules, de légumes, de bovins, mais aussi de céréales sont enregistrés. Ainsi, à Bouglainval, en août 1915, Mme Letellier a constaté que toute sa récolte d’avoine lui a été volée dans un champ. Elle estime la perte à 150 frs, et n’a aucun soupçon sur l’auteur du vol.


Outre, les hommes mobilisés qui font défaut, c’est l’ensemble de la vie sociale, et économique, qu’il faut réorganiser.

Ainsi, le 2 mai, le Conseil municipal de Dreux demande l’octroi de 100 prisonniers de guerre pour les travaux des champs. Deux cents seront alloués pour l’arrondissement de Dreux.

A Chartainvilliers, des soldats permissionnaires sont affectés aux travaux agricoles. Aussi, dans sa séance du 22 août 1915, le Conseil municipal décide de prendre à la charge de la commune les frais de nourriture pour dix soldats venus faire la moisson, et non encore répartis chez les cultivateurs lors de leur arrivée le soir dans la localité.

Outre des soldats mis en permission, des prisonniers, sont mis, à compter du 3 juillet 1915, à disposition de collectivités exclusivement pour des travaux « en vue d’un intérêt général. Ces prisonniers ne doivent donc jamais être mis à la disposition des particuliers » (Règlement du Ministre de la guerre).

En Eure-et-Loir, pour l’agriculture, il est fait également appel à de la main d’oeuvre coloniale et étrangère, notamment des kabyles algériens et des jeunes tunisiens.
Dans les écoles, comme à Chartainvilliers, l’instituteur, est mobilisé sur le front. Sa femme le supplée comme secrétaire de Mairie, et c’est une remplaçante, Mlle LORENT, qui vient donner la leçon aux élèves du village, à partir de la rentrée du 27 septembre 1915.

Avisé par Monsieur FOUCAULT, instituteur titulaire du poste de Chartainvilliers mobilisé, du désir de ne plus continuer à assurer le logement de l’institutrice intérimaire qui le remplace dans la seule chambre disponible du logement occupé par Madame FOUCAULT, [dans notre actuelle Mairie], le Conseil municipal décide de voter, en janvier 1916, à Mlle LORENT, intérimaire, la somme de onze francs par mois comme indemnité représentative de logement due au personnel de l’enseignement public. Cette indemnité est supérieure aux 125 F par an maximum, pouvant être attribués pour une commune de moins de 1 000 habitants.

L’organisation de l’école en temps de guerre

A travers le rapport sur la vie scolaire dans le département depuis la déclaration de guerre, publié dans le journal Le Progrès du 30 janvier 1916, on peut apprendre que la déclaration de guerre eut pour conséquences immédiates l’appel de près de deux cents instituteurs et, dans les localités importantes, la réquisition d’une partie des immeubles scolaires pour des fins diverses…

« Dans l’agglomération de Chartres, la réquisition des écoles fut particulièrement gênante ; jusqu’à Pâques, à cause de l’insuffisance des locaux provisoires, une partie des élèves ne purent bénéficier que de classe de demi-temps.

Le personnel de remplacement qui comprend près de deux cents maîtres et maîtresses est composé d’instituteurs et de quelques institutrices en retraite, quelques instituteurs et un nombre plus élevé d’institutrices réfugiées des départements envahis, des jeunes gens et des jeunes filles qui étaient déjà occupés avant la guerre comme maîtres auxiliaires auxquels sont venus se joindre beaucoup d’autres jeunes gens et jeunes filles brevetés qui souhaitent presque tous rester dans l’enseignement…

Au début des hostilités, des garderies de vacances, assez souvent avec cantine, furent organisées dans beaucoup de communes ; elles rendirent de grands services aux familles en laissant plus de liberté aux adultes et aux adolescents pour les travaux qui pressaient. Quelques jours après la rentrée d’octobre, les jeunes filles des écoles mixtes et des écoles spéciales étaient invitées à confectionner des vêtements chauds pour les soldats du front. Les instituteurs et les institutrices surent trouver l’argent nécessaire à l’achat de la laine et des tissus et les élèves travaillèrent tout l’hiver avec la plus louable ardeur. Dans un arrondissement, le nombre des effets remis à l’inspection primaire s’est élevé à plus de six mille…

Les maîtres et leurs élèves ont été pour beaucoup dans le succès des diverses « journées » qui ont été organisées : Noël aux armées, journée du 75, journée serbe, journée française…

Le nombre des cours d’adultes pour hommes a été réduit de près de moitié… Il en est ainsi à Chartainvilliers, où le Conseil municipal, qui en août 1915 avait demandé des subventions pour la tenue d’un cours d’adultes, dans sa séance du 14 novembre 1915 décide, vu la mobilisation des jeunes classes qui fréquentaient le cours d’adultes et l’importance des travaux de la campagne, qu’il ne sera pas fait de cours d’adultes pendant l’hiver 1915-1916.

Et là où ils furent maintenus, l’objet habituel des cours fut modifié assez profondément… Auditeurs et auditrices furent régulièrement renseignés sur la guerre (cause, faits, espoirs…) ; l’amour de la patrie et la confiance dans ses destinées furent exaltés…

Dans un département essentiellement agricole, l’éducation physique des jeunes gens, généralement robustes, ne devait pas retenir beaucoup les efforts des maîtres ; ils ont eu l’impression d’être plus utiles à la patrie, et collaborer un peu à sa défense, en faisant plus servir les sociétés de tir à la carabine organisée au sein des amicales d’anciens élèves; les séances de tir furent tenues même pendant les mois d’hiver et régulièrement suivies… ».

A Chartainvilliers, rappelons qu’une société de tir « La Patriote », dont l’instituteur était le Président, existe depuis 1899.

Les animaux aussi sont concernés par la guerre

En plus des hommes, la guerre a grand besoin de nourriture, mais aussi de chevaux et autres bêtes de somme.

Dans l’attente des réquisitions de l’autorité militaire, les animaux sont consignés dans les fermes.
Lorsqu’ils créent des dégâts les propriétaires sont indemnisés.

A Chartainvilliers, dans sa séance du 8 février 1915, le Conseil municipal décide de payer à Madame GUERIN une somme de 21 f. pour des réparations de bris de râteliers faits par des chevaux de mobilisation. Les dépenses, n’ayant pas été constatées par l’autorité militaire, restent moitié à la charge de la commune, moitié à la charge de la propriétaire de la ferme.

Inquiétudes pacifistes

Dans le département, des activités « pacifistes » sont détectées dès février 1915.

A Brou, les gendarmes ont saisi trois cartes postales qui se trouvaient à l’étalage de Mme veuve Thierry, épicière. Mme Thierry avait reçu la visite, dans le courant du mois de janvier, d’une nommée Specht, se disant représentante de la maison « Aux Alliés », 8, rue Cadet, à Paris.

La commerçante avait répondu aux offres de la femme Spetch en achetant 400 cartes postales, mais en outre de celles choisies, elle reçut dernièrement les trois cartes saisies.
Ces cartes portaient les mots : « Il faut lui dire de revenir, la guerre devrait bientôt finir. Quand la guerre sera finie notre bonheur sera infini. Reviens bien vite, reviens bientôt et reçois mille bons bécots. »

A la fin 1915, sur demande du Ministère de l’Intérieur, le Préfet vérifie s’il y a diffusion de propagande pacifiste. En réponse, le Sous-préfet de Nogent-le-Rotrou répond par la négative : « Si des brochures ou tracts ont pu toucher, ce que je ne pense pas, certaines personnes, elles n’ont en rien ébranlé la confiance de nos populations dont le patriotisme et le robuste bon sens résisteraient certainement à toutes tentatives de propagande ».

Dans le même temps, le Sous-préfet de Châteaudun demande au juge de paix de Brou de « donner des instructions verbales et confidentielles… au directeur du Journal de Brou », pour « interdire tous les articles pour ou contre la paix de façon à éviter des polémiques intempestives sur cette question ».

C’est dans ce contexte que s’annonce l’année 1916. Année de la publication, et du Prix Goncourt, du roman d’Henri Barbusse « Le Feu ».

Paroles d’écrivain

Des instituteurs sont sous-officiers à la compagnie ou infirmiers. Dans le régiment, un frère mariste est sergent au service de santé ; un ténor, cycliste du major ; un avocat, secrétaire du colonel ; un rentier, caporal d’ordinaire à la Compagnie Hors Rang. Ici, rien de tout cela. Nous sommes des soldats combattants, nous autres, et il n’y a presque pas d’intellectuels, d’artistes ou de riches qui, pendant cette guerre, auront risqué leurs figures aux créneaux, sinon en passant, ou sous des képis galonnés.

Oui, c’est vrai, on diffère profondément.
Mais pourtant on se ressemble.

Malgré les diversités d’âge, d’origine, de culture, de situation, et de tout ce qui fut, malgré les abîmes qui nous séparaient jadis, nous sommes en grandes lignes les mêmes. À travers la même silhouette grossière, on cache et on montre les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère simplifié d’hommes revenus à l’état primitif.
Le même parler, fait d’un mélange d’argots d’atelier et de caserne, et de patois, assaisonné de quelques néologismes, nous amalgame, comme une sauce, à la multitude compacte d’hommes qui, depuis des saisons, vide la France pour s’accumuler au Nord-Est.

Et puis, ici, attachés ensemble par un destin irrémédiable, emportés malgré nous sur le même rang, par l’immense aventure, on est bien forcé, avec les semaines et les nuits, d’aller se ressemblant. L’étroitesse terrible de la vie commune nous serre, nous adapte, nous efface les uns dans les autres.
C’est une espèce de contagion fatale. Si bien qu’un soldat apparaît pareil à un autre sans qu’il soit nécessaire, pour voir cette similitude, de les regarder de loin, aux distances où nous ne sommes que des grains de la poussière qui roule dans la plaine.
On attend. On se fatigue d’être assis : on se lève. Les articulations s’étirent avec des crissements de bois qui joue et de vieux gonds : l’humidité rouille les hommes comme les fusils, plus lentement mais plus à fond.


On est là, implantés, oisifs. Ce sera dur, aujourd’hui, de venir à bout de la journée, de se débarrasser de l’après-midi. On grelotte, on est mal ; on change de place sur place, comme un bétail parqué.
Cocon explique à son voisin la disposition de l’enchevêtrement de nos tranchées. Il a vu un plan directeur et il a fait des calculs. Il y a dans le secteur du régiment quinze lignes de tranchées françaises, les unes abandonnées, envahies par l’herbe et quasi nivelées, les autres entretenues à vif et hérissées d’hommes. Ces parallèles sont réunies par des boyaux innombrables qui tournent et font des crochets comme de vieilles rues. Le réseau est plus compact encore que nous le croyons, nous qui vivons dedans. Sur les vingt-cinq kilomètres de largeur qui forment le front de l’armée, il faut compter mille kilomètres de lignes creuses : tranchées, boyaux, sapes. Et l’armée française a dix armées. Il y a donc, du côté français, environ dix mille kilomètres de tranchées et autant du côté allemand… Et le front français n’est à peu près que la huitième partie du front de la guerre sur la surface du monde.
Ainsi parle Cocon, qui conclut en s’adressant à son voisin :
— Dans tout ça, tu vois ce qu’on est, nous autres…

L’entente des démocraties, l’entente des immensités, la levée du peuple du monde, la foi brutalement simple… Tout le reste, tout le reste, dans le passé, le présent et l’avenir, est absolument indifférent.
Et un soldat ose ajouter cette phrase, qu’il commence pourtant à voix presque basse :
— Si la guerre actuelle a fait avancer le progrès d’un pas, ses malheurs et ses tueries compteront pour peu.
Et tandis que nous nous apprêtons à rejoindre les autres, pour recommencer la guerre, le ciel noir, bouché d’orage, s’ouvre doucement au-dessus de nos têtes. Entre deux masses de nuées ténébreuses, un éclair tranquille en sort, et cette ligne de lumière, si resserrée, si endeuillée, si pauvre, qu’elle a l’air pensante, apporte tout de même la preuve que le soleil existe.

Evolution de la population

En déclin depuis la Révolution, entre 1954 et 1968 (197 habitants) la population a connu une baisse accélérée. Depuis, elle s’est installée dans un mouvement de croissance qui l’a conduite à presque quadrupler.
C’est dans la période de 1975 à 1982 que la poussée démographique a été la plus conséquente, suite à la réalisation du lotissement « Les Bruyères » au lieu-dit « La Sente du Vau » comme le montre le graphe suivant . Après une stabilisation entre 1982 et 1990, la croissance a repris, et le nombre des habitants recensés en 2006 était de 749, soit une densité de 84,2 habitants au km2. Parmi ceux-ci, on dénombrait 378 hommes et 371 femmes.

Pour 2009, sur la base d’un recensement effectué selon de nouvelles modalités, la population légale a été fixée par l’INSEE à 772 habitants, dont 21 comptés à part. La population légale de 2008 était de 781 habitants, dont 17 comptés à part.
A noter que selon un recensement effectué en 2011, la population municipale était de 725 habitants, soit un retrait de 26 habitants par rapport à celle calculée par l’INSEE pour 2009.

En 2006, dernières données connues, la population de la commune est relativement jeune par rapport à celle du canton, ainsi qu’à celle du département. Son âge moyen était de 36,04 ans lors du recensement de 1999, dont 35,94 années pour les femmes et 36,14 pour les hommes.

Le nombre moyen de personnes par foyer est passé de 2,62 en 1975 à 3,07 en 1990, pour reculer à 2,90 en 2006.

Comme toutes les communes, Chartainvilliers fait l’objet régulièrement d’une enquête de recensement réalisée par l’INSEE.

Nous publions dans les liens suivants, les principaux résultats connus, à ce jour, de ces enquêtes.

 2009 http://chartainvilliers.fr/recensement-2009

 recensement 2006 http://28084.campagnol.fr/IMG/pdf/recensement_200612204.pdf

 recensement 1999 http://28084.campagnol.fr/IMG/pdf/recensement_19992722.pdf

 Graphique de population de Chartainvilliers de 1790 à 2009
http://28084.campagnol.fr/IMG/pdf/2012_POPULATion_1790_20092526.pdf

 Graphique de la population reconstituée de Chartainvilliers de 1616 à 1790 (pdf)http://28084.campagnol.fr/IMG/pdf/chartain_POPULATion_1616_17903926.pdf

 Démographie de Chartainvilliers 1801 à 2000 (pdf)http://28084.campagnol.fr/IMG/pdf/etat-civil_1801_20004257.pdf

Des informations plus fines sur les registres d’état-civil de la commune peuvent être obtenues sur le site des archives départementales d’Eure-et-Loir.
Le site Internet des archives départementales d’Eure-et-Loir vous offre la possibilité de consulter en ligne, pour l’ensemble des communes du département, dont Chartainvilliers :

 les tables décennales de l’état civil, de l’an XI (1802) à 1902, ainsi que, pour quelques communes, des tables alphabétiques ou chronologiques des actes plus anciens ;

 les registres paroissiaux puis de l’état civil, de l’origine à 1882.

adresse : http://www.archives28.fr

Conseils municipaux 2015

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2015_11_05-conseil-municipal
2015_09_25-conseil
conseil-02072015
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2015_03_19-conseil-municipal
2015_01_19-conseil-municipal

http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2016
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25/06/2017 Vide grenier

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18/06/2017 Fête de la Musique
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18/06/2017 2e Tour de l’élection Législative

Inscrits : 543
Votants : 273 (50,27%)
Blancs : 29 (10,62%)
Nuls : 14 (2,44%)
Exprimés : 230 (84,24% et 40,14% des inscrits)

KASBARIAN Guillaume : 117 (50,87%)
MASSELUS Franck : 113 (49,13%)
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Election Législative
11/06/2017 – 1er tour
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Exposition vieux tracteurs 10/06/2017
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Cérémonie du 8 mai 2017
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Election Présidentielle
07/05/2017 – 2e tour
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Carnaval 25 mars 2017
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Mare 31/12/2016
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17 NOVEMBRE 2016 SOIREE BEAUJOLAIS
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11 NOVEMBRE 2016
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07/10/2016 : Sortie des Carnutes à Chenonceau
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17/06/2016 : Fête de l’école arrosée
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17/06/2016 : Remise des Prix, la dernière pour la Directrice
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12/06/2016 : Vide-grenier
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maintenon1
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19/03/2016 Carnaval
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15/01/2016 Contre une fermeture de classe au RPI
fermeture-ecole Regroupement de soutien
devant l’Inspection académique de Chartres contre la suppression d’une classe du RPI St-Piat-Mévoisins-Soulaires-Chartainvilliers

09/01/2016 : Cérémonie des vœux et galette
011
05/12/2015 : Noël des Enfants et colis des Anciens
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13/12/2015 : Elections régionales – 2e tour
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Résultats 2015 et 2010 http://chartainvilliers.fr/elections-regionales

06/12/2015 : Elections régionales
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28 Novembre 2015 Réunion des habitants
Réforme territoriale

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11 Novembre 2015
2015_11_11_01
(pour en savoir plus :
http://chartainvilliers.fr/chartainvilliers-1914
http://chartainvilliers.fr/chartainvilliers-1915)

Repas du 14 juillet 2015
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Fête de la musique : 21 juin 2015
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Fête de l’Ecole 20 juin 2015
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Remise des Prix 20 juin 2015
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Foire à tout 14 juin 2015
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Carnaval 11 avril 2015
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Cérémonie des vœux et départ de Philippe
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Fin d’année 2014
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Noël 2014
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la déco à René
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Soirée Beaujolais du 20 novembre 2014

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Cérémonie du 11 novembre 2014
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p1100648

Sortie des Carnutes Honfleur 26 septembre 2014
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Ball trap 30 et 31 août 2014
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Feu d’artifice 30 août 2014
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14 juillet 2014 : Repas Champêtre
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21 juin 2014 : Fête de la Musique
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20 juin 2014 : Fête de l’école
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15 juin 2014 : Foire à tout
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25 mai 2014 : Elections européennes
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8 Mai 2014 : Commémoration victoire sur l’Allemagne nazie
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23 mars 2014 : Elections municipales
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19 mars 2014 : Journée Nationale du Souvenir
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11/01/2014 VOEUX du Maire et du Conseil municipal
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Giboulées de mars 2013
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Elections européennes

25 mai 2014 : Elections européennes
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RESULTATS CHARTAINVILLIERS
Inscrits : 537
Votants : 264 ; 49,16%
Blancs-Nuls : 10 ; 3,79%
Exprimés : 254 ; 96,21%

MONOT Bernard Bleue Marine FN : 65;25,59%
HORTEFEUX Brice UMP : 55 ; 21,65%
DENANOT Jean-Paul PS-PRG : 41 ; 16,14%
HEUSQUIN Clarisse Europe Ecologie : 19 ; 7,48%
MAUREL-DARLEUX Corinne Front de Gauche : 18 ; 7,09%
COURT- FORTUNE Patrice Debout la République : 18 ; 7,09%
AUCONIE Sophie UDI Modem : 18 ; 7,09%
HULOT Mari-Martine Alliance écologiste Indépendante : 5 ; 1,97%
THILLAYE Sabine Nous Citoyens Div. Droite : 4 ; 1,57%
ROBROLLE-MARY Béatrice Div. : 4 ; 1,57%
OGER NIVARD Michelle Citoyen du vote blanc : 4 ; 1,57%
BROUSSEAU Vinvent UPR Div. : 2 ; 0,79%
DANIEAU Laurence Nouvelle Donne Div. Gauche : 1 ; 0,39%

2009 :

2015 en images

05 Décembre 2015 Noël des Enfants
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06/13 décembre 2015 : Elections Régionales
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28 Novembre 2015 Réunion des habitants
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11 Novembre 2015
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REPAS DU 14 JUILLET 2015
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FETE de la MUSIQUE : 21 juin 2015
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FETE de L’ECOLE et Remise des Prix : 20 juin 2015
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Foire à tout : 14 juin 2015
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Carnaval 11 avril 2015
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Election départementale 22 mars 2015
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Cérémonie des vœux et départ de Philippe
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Recensement 2009

Chartainvilliers en chiffres : Résultats du recensement 2009

En juin 2012, l’INSEE a mis à jour les données issues des derniers recensements effectués sur le village. Chartainvilliers, comme l’ensemble des communes y est « auscultée ». Nous publions ci-après les principaux éléments, sur la population, le logement et l’emploi de ce sondage grandeur nature.

La Population

En 2009, Chartainvilliers comptait 751 habitants, dont 383 hommes et 368 femmes, soit une densité de 82,8 habitants au km2. Depuis 1999, la commune a « gagné » 121 habitants, et 512 depuis 1975.

Au cours des années deux mille, l’excédent naturel (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) a contribué à la hausse de la population à hauteur moyenne de 0,6% par an. L’excédent migratoire apparent (différence entre les arrivées et les départs) a été de 1,2% par an.

Chartainvilliers appartient à l’arrondissement de Chartres, Préfecture du département. L’arrondissement regroupe 202 138 habitants, soit une densité de 94,9 habitants au km2. La population du village représente donc moins de 0,4 % de celui-ci.
Par rapport au recensement 1999, la population de la commune a progressé de 19,2%, celle de l’arrondissement de 4 % et celui du département de 4,35 %.

Etat matrimonial

62,4 % des plus de 15 ans sont mariés, 27,4 % célibataires, 6,6 % divorcé(e)s, et 3,6 % veuves ou veufs.
Au niveau du canton, les proportions sont respectivement de : 53,8 %, 33 %, 6,8 % et 6,4 %.

Les jeunes et les seniors

Les jeunes sont nombreux dans la commune. 219 personnes ont moins de 20 ans, soit 29,2% de la population, alors que cette proportion est de 25,6% seulement dans le département. A l’opposé, 66 personnes ont plus de 65 ans, soit 8,8% de l’ensemble des habitants. Les 17 habitants qui ont 75 ans ou plus ne représentent que 2,3% du total, alors que la proportion est de 8,9% dans le département.

Lieu de naissance

Les habitants de Chartainvilliers sont d’origines diverses. Seulement un tiers est né dans le département, ou la région. 62% sont nés en France métropolitaine, 0,3% dans les DOM-TOM et 3,3% à l’étranger. Parmi ces derniers les 2/3 sont de nationalité française.

L’Habitat

La commune comprend 307 logements : 273 résidences principales, 18 résidences secondaires ou occasionnelles et 15 logements vacants. Le nombre moyen de pièces par logement est de 5,2. Dans les résidences principales on dénombrait une moyenne de 2,75 occupants.

Propriétaires et locataires

Il n’y a aucun immeuble collectif, la quasi totalité des résidences principales est constituée de maisons individuelles. La grande majorité des ménages de la commune (251, soit 91,7%) est propriétaire de son logement. Il n’y a que 19 ménages (47 personnes) locataires ou sous locataires et 4 ménages logés gratuitement.

Confort des logements

Les installations sanitaires et le moyen de chauffage sont des éléments objectifs d’appréciation de la qualité des logements. A Chartainvilliers, la plupart des résidences principales ont au moins une baignoire ou une douche (271 sur 273) et possèdent un chauffage central (137) ou électrique (96).

L’emploi

Parmi les 513 habitants de la commune de plus de quinze ans, 387 personnes (75,2%) sont actives : 196 hommes et 190 femmes. Au moment du recensement, 29 d’entre eux recherchaient un emploi et 358 travaillaient. Parmi ceux qui ont un emploi, 31 exercent une profession à leur compte ou aident leur conjoint; les 261 autres sont salariés.
Une minorité (28, soit 8,7%) de ces actifs exerce dans la commune; 264 personnes vont travailler en dehors, dont 124 (38,7%) dans le département et 140 (43,7%) vers l’Ile de France. 255 personnes ont un emploi à temps complet et 37 travaillent à temps partiel.

En 2009, dans la tranche d’âge 15 / 64 ans, 69,5 % des habitants étaient des actifs avec un emploi, 11,9 % des retraités, 8,3 % des étudiants, 5,7 % des actifs à la recherche d’un emploi et 4,6 % des « autres inactifs ».
Pour la même année, ces proportions étaient, au niveau du département, respectivement de : 66,6%, 9,7%, 8,1%, 7,6% et de 8%.

Formation

Alors que l’intégralité des 5/15 ans est scolarisée (108), la répartition des diplômes dans la population des plus de 15 ans fait apparaître une grande diversité avec une dominante pour les titulaires de CAP/BEP (28,3%).
47,8% des plus de 15 ans ont un diplôme de niveau bac ou supérieur, moins de 9% de la catégorie d’âge étudiée n’est titulaire d’aucun diplôme.

Déplacements

Pour se déplacer, 4 ménages ne disposaient d’aucune voiture, 95 d’une voiture et 174 de deux voitures ou plus. En 10 ans, le nombre de véhicules présents dans le village a augmenté de plus de 30%.
Parmi ceux ayant un emploi, 30 exerçaient sur place, 143 dans le département d’Eure-et-Loir, 183 dans une autre région (essentiellement Ile-de France), et 2 dans une région non métropolitaine.

Revenus

En 2009, le revenu imposable médian des foyers fiscaux de la commune était de 30 477 €, et l’impôt sur le revenu payé moyen de 1 534 €.
Les 24,5 % des foyers fiscaux qui étaient non imposables ne disposaient que d’un revenu imposable moyen de 11 268 €.
Au niveau du canton de Maintenon, le revenu net déclaré moyen par les foyers fiscaux était de 27 803 €, et celui des foyers non imposables de 10 803 €.

Economie

Au 31/12/2009, il y avait 27 établissements actifs recensés sur le territoire de la commune.
Parmi ceux-ci :

  11 (40,7 %) étaient rattachés au commerce, services et transports, et ils employaient 17 salariés (50 %) ;

  7 (25,9 %) étaient rattachés à l’agriculture, et ils employaient 13 salariés (38,2 %) ;

  2 (14,8 %) étaient des administrations publiques (dont la Mairie), et employaient 4 salariés (11,8 %).

En 2000, les 6 exploitations agricoles du village cultivaient une surface agricole moyenne de 151 hectares (contre 104 en 1988).

Sources : Chiffres clés INSEE site internet

Chartainvilliers 1915

« Maintenant tu ne lis pas les journaux.
Mais plus tard, méfie-toi de ceux qui cherchent à te faire croire que les peuples sont chacun d’une espèce différente et qu’il faut qu’il y en ait un qui prédomine le leur ; si c’est vrai pour les uns, c’est vrai pour les autres, et c’est la guerre à perpétuité. »
 
Henri Barbusse Le Feu

Une année meurtrière

Alors qu’on la voyait rapide et victorieuse, la guerre s’installe et sa cruauté apparaît à tous.

A l’image du pays, où 350 000 morts seront dénombrés, l’année 1915 sera, pour les familles de Chartainvilliers la plus meurtrière des quatre années de guerre. Sur les 24 noms mentionnés sur le monument aux Morts, 8, soit le tiers, le sont au titre de l’année 1915.

Pour éviter de démoraliser les populations civiles, une loi est votée dés le 15 janvier 1915 pour interdire toute exhumation et transfert de corps de militaire mort au front.

Cela fait suite à l’interdiction faite à la presse, par le général Commandant la 4e Région militaire, en octobre 1914, de ne pas publier de listes des tués ou des blessés.

«Tac ! Tac ! Pan ! Les coups de fusil, la canonnade. Au-dessus de nous, partout, ça crépite ou ça roule, par longues rafales ou par coups séparés. Le sombre et flamboyant orage ne cesse jamais, jamais. Depuis plus de quinze mois, depuis cinq cents jours, en ce lieu du monde où nous sommes, la fusillade et le bombardement ne se sont pas arrêtés du matin au soir et du soir au matin. On est enterré au fond d’un éternel champ de bataille ; mais comme le tic-tac des horloges de nos maisons, aux temps d’autrefois, dans le passé quasi légendaire, on n’entend que cela lorsqu’on écoute».

On comprend mieux, dans ces conditions, que cette année 1915 ait pu servir, à partir de notes personnelles rédigées sur le front, de trame au célèbre roman d’Henri Barbusse «Le Feu», Prix Goncourt 1916, dont est extrait le paragraphe précédent.

Ce titre, à lire ou à relire, a d’autant plus sa place dans cette chronique que sa rédaction a été, pour partie, réalisée lors d’une hospitalisation de l’auteur à Courville en 1916.

Peut-être y-a-t-il croisé une habitante de Chartainvilliers, dont le conseil municipal a demandé, en décembre 1915, l’internement à l’hospice des vieillards de cette commune.

Dans cette guerre dévoreuse d’hommes, les blessés sont nombreux et les besoins militaires immenses. Aussi, il convient de soigner au plus vite les moins invalides, pour leur permettre un retour rapide sur le front.

C’est l’une des missions données au département d’Eure-et-Loir. Alors que les structures hospitalières permanentes sont débordées, de nombreux centres de soins temporaires voient le jour dans des institutions collectives ou dans des résidences privées. C’est à la gare de Maintenon, où a été installée une infirmerie, que passe l’immense majorité des évacués du front venant se faire soigner dans le département.

Pour permettre le financement de ces structures, des appels à la générosité sont lancés. Dans sa séance du 8 février 1915, le Conseil municipal de Chartainvilliers décide de voter une somme de cinquante francs pour l’œuvre de la Croix Rouge du Canton de Maintenon.
En novembre de la même année, il alloue une somme de vingt-cinq francs pour subvenir aux énormes dépenses de la Société de secours aux Blessés militaires de l’hôpital auxiliaire n°14 installé 23, Boulevard Chasles à Chartres.
Soit 1,1% des recettes fiscales communales, perçues au titre de 1915, qui s’élevaient à 6 455,42 frs.

La Guerre a besoin d’argent. Pour faire sortir l’or des placards, et le transformer en emprunts, des actions sont menées sous l’égide de la Banque de France. « Garder son or serait aujourd’hui se montrer mauvais français » affirme le Journal de Chartres du 27 septembre 1915. A cette date, l’équivalent de 6,5 millions de frs d’or ont été apportés par les habitants d’Eure-et-Loir, 800 millions de frs au niveau national.

Des progrès en chirurgie

Il arrive que l’horreur engendre des avancées. Ce sera le cas en matière de chirurgie militaire et civile pour la Première Guerre mondiale.

« Au départ, la doctrine était de renvoyer les blessés vers des hôpitaux de leur région d’origine. Mais ils mettaient souvent deux à trois semaines avant d’arriver. Et beaucoup mouraient de la gangrène en cours de route » (Professeur Blanc).
Aussi, , dés la fin de 1914, il fut décidé d’installer des hôpitaux militaires « de l’avant » à proximité du front.

« C’est à cette époque qu’est né un concept, toujours en vigueur aujourd’hui, celui de « triage » ou « catégorisation » des blessés pour les orienter en fonction de leur état ». (Marc Beaumelle, adjoint au Conservateur du Musée Service de Santé des armées à Paris).

Le conflit participa également au développement de l’anesthésie qui, en 1914, était inexistante sur le front.
« De 1915 à 1917, les chirurgiens utilisèrent du chloroforme qui, peu à peu, fut remplacer par l’éther » (M. Beaumelle). Après l’entrée en guerre des Etats-Unis, dés la fin 1917, les chirurgiens français purent utiliser de nouveaux produits, venus d’outre-Atlantique, en particulier le protoxyde d’Azote.

Pour éviter la propagation de la maladie, une loi du 18 octobre 1915 impose la prise en charge des réformés pour cause de tuberculose dans des structures dédiées.

Suppression de la météo et de l’absinthe

Le 5 février 1915, il est interdit à la presse de publier des bulletins météo, et en mars commencent les premiers rapatriements de civils français des zones occupées par l’Allemagne.

Le 16 du même mois, interdiction de vendre de l’absinthe, ou toute substance spiritueuses de la même famille, afin de permettre une relance de l’économie autour du vin.

Sur le Front, l’enlisement et début d’utilisation des gaz toxiques

Après le « feu vert » donné aux navires français et britanniques pour tenter d’ouvrir un front à l’est et de forcer le passage des détroits des Dardanelles, l’Empire turc, entré en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, oppose une résistance farouche.
Les troupes alliées rembarqueront le 9 janvier 1916.

Le 18 mars 1915, il est décidé de mettre fin aux attaques en Champagne, 100 000 morts pour un gain de … 3 km.

Le 22 mars, des zeppelins allemands bombardent Chantilly dans l’Oise, et le 22 avril, à Langemark, prés d’Ypres,en Belgique, première attaque au gaz chloré.

Le 26 avril 1915, l’Italie signe le pacte de Londres, change de camp et rejoint ainsi la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie). Faisant partie au tout début de la guerre de la Triple-Alliance avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, elle avait, dans un premier temps, opté pour la neutralité

Le 7 mai 1915, le « Lusitania » est torpillé près de l’Angleterre par un sous-marin allemand (1 198 morts, dont 120 citoyens des Etats-Unis).
Seuls six des vingt-deux canots de sauvetage peuvent être mis à la mer. En un quart d’heure, à peine, ce paquebot ultramoderne, réquisitionné par la Navy en août 1914 et équipé de 12 canons, s’enfonce rapidement par 93 mètres de profondeur.
L’indignation est générale à travers la planète, en dehors des pays des empires centraux.
 
W. WILSON, souligne immédiatement le décès de nombreux compatriotes américains, pour menacer l’Allemagne d’une entrée en guerre aux côtés de l’Entente.
L’indignation est telle, que l’Empereur d’Allemagne désavoue le capitaine du sous-marin, lui inflige une sanction, décide au mois d’août suivant de suspendre la guerre sous-marine, et d’offrir aux Etats-Unis une indemnité pour les pertes du Lusitania.
 
Mais l’évidence de l’abomination de l’acte condamné en 1915, a été mise à mal en 1972, lors de l’ouverture des archives.
L’acte de torpillage d’un navire transportant des civils reste condamnable, mais l’Amirauté britannique, et les autorités Américaines ne sont pas exclues de tout reproche. 
En effet, le paquebot transportait, en contrebande, 50 tonnes d’obus et de très grandes quantité de poudre et d’explosifs.

A l’intérieur, tout est à réorganiser

Les difficultés d’approvisionnement se développent. De nombreux vols de poules, de légumes, de bovins, mais aussi de céréales sont enregistrés. Ainsi, à Bouglainval, en août 1915, Mme Letellier a constaté que toute sa récolte d’avoine lui a été volée dans un champ. Elle estime la perte à 150 frs, et n’a aucun soupçon sur l’auteur du vol.

Outre, les hommes mobilisés qui font défaut, c’est l’ensemble de la vie sociale, et économique, qu’il faut réorganiser.

Ainsi, le 2 mai, le Conseil municipal de Dreux demande l’octroi de 100 prisonniers de guerre pour les travaux des champs. Deux cents seront alloués pour l’arrondissement de Dreux.

A Chartainvilliers, des soldats permissionnaires sont affectés aux travaux agricoles. Aussi, dans sa séance du 22 août 1915, le Conseil municipal décide de prendre à la charge de la commune les frais de nourriture pour dix soldats venus faire la moisson, et non encore répartis chez les cultivateurs lors de leur arrivée le soir dans la localité.

Outre des soldats mis en permission, des prisonniers, sont mis, à compter du 3 juillet 1915, à disposition de collectivités exclusivement pour des travaux « en vue d’un intérêt général. Ces prisonniers ne doivent donc jamais être mis à la disposition des particuliers » (Règlement du Ministre de la guerre).
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En Eure-et-Loir, pour l’agriculture, il est fait également appel à de la main d’oeuvre coloniale et étrangère, notamment des kabyles algériens et des jeunes tunisiens.

Dans les écoles, comme à Chartainvilliers, l’instituteur, est mobilisé sur le front. Sa femme le supplée comme secrétaire de Mairie, et c’est une remplaçante, Mlle LORENT, qui vient donner la leçon aux élèves du village, à partir de la rentrée du 27 septembre 1915.

Avisé par Monsieur FOUCAULT, instituteur titulaire du poste de Chartainvilliers mobilisé, du désir de ne plus continuer à assurer le logement de l’institutrice intérimaire qui le remplace dans la seule chambre disponible du logement occupé par Madame FOUCAULT, [dans notre actuelle Mairie], le Conseil municipal décide de voter, en janvier 1916, à Mlle LORENT, intérimaire, la somme de onze francs par mois comme indemnité représentative de logement due au personnel de l’enseignement public. Cette indemnité est supérieure aux 125 F par an maximum, pouvant être attribués pour une commune de moins de 1 000 habitants.

L’organisation de l’école en temps de guerre

A travers le rapport sur la vie scolaire dans le département depuis la déclaration de guerre, publié dans le journal Le Progrès du 30 janvier 1916, on peut apprendre que la déclaration de guerre eut pour conséquences immédiates l’appel de près de deux cents instituteurs et, dans les localités importantes, la réquisition d’une partie des immeubles scolaires pour des fins diverses…

« Dans l’agglomération de Chartres, la réquisition des écoles fut particulièrement gênante ; jusqu’à Pâques, à cause de l’insuffisance des locaux provisoires, une partie des élèves ne purent bénéficier que de classe de demi-temps.

Le personnel de remplacement qui comprend près de deux cents maîtres et maîtresses est composé d’instituteurs et de quelques institutrices en retraite, quelques instituteurs et un nombre plus élevé d’institutrices réfugiées des départements envahis, des jeunes gens et des jeunes filles qui étaient déjà occupés avant la guerre comme maîtres auxiliaires auxquels sont venus se joindre beaucoup d’autres jeunes gens et jeunes filles brevetés qui souhaitent presque tous rester dans l’enseignement…
 
Au début des hostilités, des garderies de vacances, assez souvent avec cantine, furent organisées dans beaucoup de communes ; elles rendirent de grands services aux familles en laissant plus de liberté aux adultes et aux adolescents pour les travaux qui pressaient. Quelques jours après la rentrée d’octobre, les jeunes filles des écoles mixtes et des écoles spéciales étaient invitées à confectionner des vêtements chauds pour les soldats du front. Les instituteurs et les institutrices surent trouver l’argent nécessaire à l’achat de la laine et des tissus et les élèves travaillèrent tout l’hiver avec la plus louable ardeur. Dans un arrondissement, le nombre des effets remis à l’inspection primaire s’est élevé à plus de six mille…

Les maîtres et leurs élèves ont été pour beaucoup dans le succès des diverses « journées » qui ont été organisées : Noël aux armées, journée du 75, journée serbe, journée française…

Le nombre des cours d’adultes pour hommes a été réduit de près de moitié… Il en est ainsi à Chartainvilliers, où le Conseil municipal, qui en août 1915 avait demandé des subventions pour la tenue d’un cours d’adultes, dans sa séance du 14 novembre 1915 décide, vu la mobilisation des jeunes classes qui fréquentaient le cours d’adultes et l’importance des travaux de la campagne, qu’il ne sera pas fait de cours d’adultes pendant l’hiver 1915-1916.

Et là où ils furent maintenus, l’objet habituel des cours fut modifié assez profondément… Auditeurs et auditrices furent régulièrement renseignés sur la guerre (cause, faits, espoirs…) ; l’amour de la patrie et la confiance dans ses destinées furent exaltés…

Dans un département essentiellement agricole, l’éducation physique des jeunes gens, généralement robustes, ne devait pas retenir beaucoup les efforts des maîtres ; ils ont eu l’impression d’être plus utiles à la patrie, et collaborer un peu à sa défense, en faisant plus servir les sociétés de tir à la carabine organisée au sein des amicales d’anciens élèves; les séances de tir furent tenues même pendant les mois d’hiver et régulièrement suivies… ».

A Chartainvilliers, rappelons qu’une société de tir, dont l’instituteur était le Président, existe depuis 1899

Les animaux aussi sont concernés par la guerre

En plus des hommes, la guerre a grand besoin de nourriture, mais aussi de chevaux et autres bêtes de somme.

Dans l’attente des réquisitions de l’autorité militaire, les animaux sont consignés dans les fermes.
Lorsqu’ils créent des dégâts les propriétaires sont indemnisés.

A Chartainvilliers, dans sa séance du 8 février 1915, le Conseil municipal décide de payer à Madame GUERIN une somme de 21 f. pour des réparations de bris de râteliers faits par des chevaux de mobilisation. Les dépenses, n’ayant pas été constatées par l’autorité militaire, restent moitié à la charge de la commune, moitié à la charge de la propriétaire de la ferme.

Inquiétudes pacifistes

Dans le département, des activités « pacifistes » sont détectées dès février 1915.

A Brou, les gendarmes ont saisi trois cartes postales qui se trouvaient à l’étalage de Mme veuve Thierry, épicière. Mme Thierry avait reçu la visite, dans le courant du mois de janvier, d’une nommée Specht, se disant représentante de la maison « Aux Alliés », 8, rue Cadet, à Paris.

La commerçante avait répondu aux offres de la femme Spetch en achetant 400 cartes postales, mais en outre de celles choisies, elle reçut dernièrement les trois cartes saisies.
Ces cartes portaient les mots : « Il faut lui dire de revenir, la guerre devrait bientôt finir. Quand la guerre sera finie notre bonheur sera infini. Reviens bien vite, reviens bientôt et reçois mille bons bécots. »

A la fin 1915, sur demande du Ministère de l’Intérieur, le Préfet vérifie s’il y a diffusion de propagande pacifiste. En réponse, le Sous-préfet de Nogent-le-Rotrou répond par la négative : « Si des brochures ou tracts ont pu toucher, ce que je ne pense pas, certaines personnes, elles n’ont en rien ébranlé la confiance de nos populations dont le patriotisme et le robuste bon sens résisteraient certainement à toutes tentatives de propagande ».

Dans le même temps, le Sous-préfet de Châteaudun demande au juge de paix de Brou de « donner des instructions verbales et confidentielles… au directeur du Journal de Brou », pour « interdire tous les articles pour ou contre la paix de façon à éviter des polémiques intempestives sur cette question ».

C’est dans ce contexte que s’annonce l’année 1916. Année de la publication, et du Prix Goncourt, du roman d’Henri Barbusse « Le Feu ».

Paroles d’écrivain

   Des instituteurs sont sous-officiers à la compagnie ou infirmiers. Dans le régiment, un frère mariste est sergent au service de santé ; un ténor, cycliste du major ; un avocat, secrétaire du colonel ; un rentier, caporal d’ordinaire à la Compagnie Hors Rang. Ici, rien de tout cela. Nous sommes des soldats combattants, nous autres, et il n’y a presque pas d’intellectuels, d’artistes ou de riches qui, pendant cette guerre, auront risqué leurs figures aux créneaux, sinon en passant, ou sous des képis galonnés.

Oui, c’est vrai, on diffère profondément.
Mais pourtant on se ressemble.

Malgré les diversités d’âge, d’origine, de culture, de situation, et de tout ce qui fut, malgré les abîmes qui nous séparaient jadis, nous sommes en grandes lignes les mêmes. À travers la même silhouette grossière, on cache et on montre les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère simplifié d’hommes revenus à l’état primitif.
Le même parler, fait d’un mélange d’argots d’atelier et de caserne, et de patois, assaisonné de quelques néologismes, nous amalgame, comme une sauce, à la multitude compacte d’hommes qui, depuis des saisons, vide la France pour s’accumuler au Nord-Est.

Et puis, ici, attachés ensemble par un destin irrémédiable, emportés malgré nous sur le même rang, par l’immense aventure, on est bien forcé, avec les semaines et les nuits, d’aller se ressemblant. L’étroitesse terrible de la vie commune nous serre, nous adapte, nous efface les uns dans les autres.
C’est une espèce de contagion fatale. Si bien qu’un soldat apparaît pareil à un autre sans qu’il soit nécessaire, pour voir cette similitude, de les regarder de loin, aux distances où nous ne sommes que des grains de la poussière qui roule dans la plaine.
On attend. On se fatigue d’être assis : on se lève. Les articulations s’étirent avec des crissements de bois qui joue et de vieux gonds : l’humidité rouille les hommes comme les fusils, plus lentement mais plus à fond.

On est là, implantés, oisifs. Ce sera dur, aujourd’hui, de venir à bout de la journée, de se débarrasser de l’après-midi. On grelotte, on est mal ; on change de place sur place, comme un bétail parqué.
Cocon explique à son voisin la disposition de l’enchevêtrement de nos tranchées. Il a vu un plan directeur et il a fait des calculs. Il y a dans le secteur du régiment quinze lignes de tranchées françaises, les unes abandonnées, envahies par l’herbe et quasi nivelées, les autres entretenues à vif et hérissées d’hommes. Ces parallèles sont réunies par des boyaux innombrables qui tournent et font des crochets comme de vieilles rues. Le réseau est plus compact encore que nous le croyons, nous qui vivons dedans. Sur les vingt-cinq kilomètres de largeur qui forment le front de l’armée, il faut compter mille kilomètres de lignes creuses : tranchées, boyaux, sapes. Et l’armée française a dix armées. Il y a donc, du côté français, environ dix mille kilomètres de tranchées et autant du côté allemand… Et le front français n’est à peu près que la huitième partie du front de la guerre sur la surface du monde.
Ainsi parle Cocon, qui conclut en s’adressant à son voisin :
— Dans tout ça, tu vois ce qu’on est, nous autres…

L’entente des démocraties, l’entente des immensités, la levée du peuple du monde, la foi brutalement simple… Tout le reste, tout le reste, dans le passé, le présent et l’avenir, est absolument indifférent.
Et un soldat ose ajouter cette phrase, qu’il commence pourtant à voix presque basse :
— Si la guerre actuelle a fait avancer le progrès d’un pas, ses malheurs et ses tueries compteront pour peu.
Et tandis que nous nous apprêtons à rejoindre les autres, pour recommencer la guerre, le ciel noir, bouché d’orage, s’ouvre doucement au-dessus de nos têtes. Entre deux masses de nuées ténébreuses, un éclair tranquille en sort, et cette ligne de lumière, si resserrée, si endeuillée, si pauvre, qu’elle a l’air pensante, apporte tout de même la preuve que le soleil existe.

* * * *

Les huit soldats de Chartainvilliers Morts en 1915

JULLIOT Victor, né le 27/09/1892, Matricule 803 Dreux 1912, 2e cl. au 156e Régiment d’Infanterie,
Mort pour la France le 25/03/1915 à Zonnebecke (Belgique, près d’Ypres)

GALLAIS Edmond, né le 27/10/1887, Matricule 85 Dreux 1907, Caporal au 301e Régiment d’Infanterie,
Disparu le 21/04/1915 à St-Remy (Meuse)

DELAPORTE Abel, né le 16/07/1892, Matricule 781 Dreux 1912, 2e cl. au 156e Régiment d’Infanterie,
Tué à l’ennemi entre le 9 et 15/05/1915 à Neuville-St-Vaast (Pas-de-Calais)

LOCHON Albert, né le 10/10/1890, Matricule 1025 Dreux 1910, soldat au 170e Régiment d’Infanterie,
Tué le 13/06/1915 à Aix-Noulette (Pas-de-Calais)

LAMY (I) Octave, né le 28/12/1885, maçon, Matricule 229 Dreux 1905, Caporal (31/3/1915) au 317e Régiment d’Infanterie,
Tué à l’ennemi le 28/09/1915 devant St-Hilaire-le-Grand (Marne)

PIERRE Eugène, né le 07/05/1895,Matricule 538 Dreux 1915, Caporal au 21e Bataillon de Chasseurs à Pied,
Mort pour la France disparu au combat le 18/06/1915 à Lorette Souchez (Pas-de-Calais)

JUBIN Emile, né le 01/08/1874, Matricule 147 Dreux 1894, 2e cl. au , maladie aggravée en service,
Décédé le 02/11/1915 à Vernet-les-Bains (Pyrénées Orientales)

PAPILLON Gabriel, né le 04/04/1882, Matricule 408 Dreux 1902, 2e Cl. au 67e régiment d’Infanterie,
Tué à l’ennemi le 26/09/1915 à La Tranchée de Lubeck (Marne)

PV des conseils municipaux

Vous trouverez ci-après le compte rendu du dernier conseil municipal.
Pour accéder aux comptes rendus, format PDF, des précédentes réunions, cliquer sur l’année désirée.
http://chartainvilliers.fr/conseils-municipaux-2017
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REUNION DU 30 NOVEMBRE 2017

Convocation du 23 novembre 2017
Affichage du 4 décembre 2017
L’an deux mil dix-sept, le 30 novembre, à 20 h 30, le Conseil Municipal de la commune de CHARTAINVILLIERS, a été légalement convoqué à la mairie, en session ordinaire, sous la présidence de Monsieur Alain BOUTIN, Maire.
Étaient présents : J. CHEUL, J.C. FOUQUET, C. PICHOT, F. TANTY, adjoints,
D. BAËTE, T. HERNANDO, D. LEJEUNE, B. LEMAIRE,
M.P. PLANTE, F. RIBOUST.
Était absent excusé : G. BOUAZIZ.
Élection du secrétaire de séance
D. BAËTE est élu secrétaire de séance.
Approbation du compte-rendu de la séance du 19 septembre 2017
Aucune observation n’étant faite, le compte-rendu de la séance du 19 septembre 2017 est adopté à l’unanimité.
Signature convention particulière avec Chartres Métropole pour gestion des services de l’eau et de l’assainissement
Le maire expose que lors d’une rencontre avec Chartres Métropole, il a évoqué le fait que notre service Eau / Assainissement rembourse une part de salaires et charges sociales au budget commune.
Le projet de convention, dont les conseillers ont été destinataires, est proposé pour une année. Nous continuons à gérer notre service Eau / Assainissement, avec achat de l’eau au syndicat, entretien du matériel et des installations, revente de l’eau aux usagers. Rien ne change pendant un an.
Le maire précise que les tarifs de l’eau resteront les mêmes jusqu’en 2020, année d’harmonisation du prix de l’eau pour toutes les communes de Chartres Métropole.
De fait, nous gagnons le remboursement des salaires et charges encore une année.
M.P. PLANTE demande ce qui se passera dans un an. A. BOUTIN répond que Chartres Métropole reprendra la gestion de l’eau. Les agents municipaux n’auront plus à s’occuper de la station d’épuration, sauf convention particulière. L’entretien du site de la station pourrait être confié à la commune, contre indemnisation.
F. TANTY exprime que cette année de transition permettra aux services de Chartres Métropole d’avoir un aperçu plus global et plus technique de la gestion de notre service Eau / Assainissement. Il ajoute que Chartres Métropole ne reprennent pas les agents communaux, sauf en temps complet.

A.BOUTIN précise que pour les changements de compteurs, Chartres Métropole fournira le matériel, et les agents communaux s’occuperont du remplacement. Il ajoute que d’ici un an et demi, toutes les communes de Chartres Métropole seront équipées de compteurs avec télé-relève.
Suite à une question de F. TANTY, le maire précise la taxe FSIREP est remplacée actuellement par une taxe communautaire. Pour notre commune, rien ne change. Il ajoute qu’une facture type de 120 m3 a été adressée ce jour à Chartres Métropole, pour qu’ils intègrent notre facturation.
F. TANTY indique qu’une facture de 120 m3 s’élève actuellement sur la commune à environ 390 €, à Chartres ville, c’est 575,45 €.
A. BOUTIN rappelle que 2020 sera l’année de l’harmonisation des tarifs, mais il pourrait y avoir des périodes de facturation décalées. Par ailleurs, la mensualisation existe sur Chartres Métropole.
A. BOUTIN expose que Chartres Métropole a pris contact avec le SYMVANI, afin de conventionner pour la récupération des boues.
F. RIBOUST remarque que la convention proposée mentionne qu’il n’y a pas d’achat d’eau. Le maire répond que cela sera supprimé. En fait, Chartres Métropole achète l’eau au Syndicat de Soulaires, et l’eau est facturée à la commune.
Du fait de la signature de conventions avec les syndicats, la commune n’aura plus de représentants ni au Symvani, ni au Syndicat de Pompage de Soulaires.
Le conseil municipal, à l’unanimité, autorise le maire à signer les conventions avec Chartres Métropole pour la gestion des services de l’eau et de l’assainissement.
Signature convention particulière avec Chartres Métropole pour instruction des demandes d’autorisation d’occupation des sols
Le maire expose, pour mémoire, que les instructions de demandes d’urbanisme étaient gérées par la D.D.T., puis reprises par le Conseil Départemental, service de l’A.T.D. qui était payant (forfait par habitant + nombre de dossiers instruits dans l’année. Avec Chartres Métropole, ce sera la même gestion mais gratuite ! Pour la commune, il s’agit d’une économie d’environ 750 euros.
C’est la même procédure, on envoie les dossiers à Chartres Métropole pour instruction, ils nous donnent leur avis, mais c’est toujours le maire qui donne ou non son accord. Chartres Métropole ne se substitue pas à la commune.
B. LEMAIRE se fait préciser qu’en cas de problème, la responsabilité incombe au maire, signature du document d’urbanisme.
Le maire propose de confier à Chartres Métropole l’instruction des permis de construire, les permis d’aménager, les déclarations préalables, les certificats d’urbanisme opérationnels (CUb), les autorisations pour ravalement et clôtures.
Il rappelle que les CUa sont des certificats d’urbanisme uniquement d’information, qui ne nécessitent pas d’avoir recours à Chartres Métropole. Les CUb sont en revanche utilisés, par exemple, lors de la mise en vente d’un terrain constructible.
En cas de demande de permis de démolir, la commune devra d’abord prendre une délibération les autorisant.
Le conseil municipal, à l’unanimité, autorise le maire à signer la convention avec Chartres Métropole pour l’instruction des demandes d’autorisation d’occupation du sol.
Signature convention avec Portes Euréliennes d’Ile-de-France pour continuité des services du périscolaire
Le maire regrette d’annoncer que ce point est à retirer de l’ordre du jour, la commune n’ayant reçu aucune proposition de convention de la part de Portes Euréliennnes.
Il évoque une réunion, mardi dernier, en présence du Secrétaire Général de la Préfecture, qui a donné un délai de 15 jours pour avancer sur ce dossier, en imposant des conventions tripartites. Donc Chartres Métropole sera inclus dans la négociation.
Il évoque également une autre réunion avec Chartres Métropole, qui a accepté de prendre en charge les frais, quelque que soit le centre aéré choisi par les familles.
Il avoue ne pas comprendre l’attitude de Portes Euréliennes, ne serait-ce qu’en qualité de gestionnaire d’un service public. Le centre aéré de Changé peut perdre 50 % de ses effectifs.
C. PICHOT évoque à son tour une réunion à Ecrosnes, d’une commission de Portes Euréliennes à ce sujet. Elle a été très perturbée de comprendre que les enfants de Chartainvilliers seraient tenus à l’écart, du fait de l’entrée de la commune à Chartres Métropole. Elle estime que les élus ne s’occupent pas des enfants, mais d’intérêts politiques. La situation lui semble très problématique et très nébuleuse, du côté de Portes Euréliennes.
Le maire pense qu’une nouvelle réunion du conseil municipal sera nécessaire, courant décembre, pour ce dossier.
F. TANTY exprime que l’intérêt des usagers doit être notre préoccupation principale, au travers des centres de loisirs, et de la cantine. Il faut assurer la continuité de services, mais à quel prix ?
A. BOUTIN précise qu’aucun problème n’a été rencontré par Chartres Métropole avec d’autres communautés de communes.
C. PICHOT pense que le conseil municipal doit se battre pour que tout reste sur les mêmes bases. A. BOUTIN rétorque que cela ne sera pas possible, sauf si Portes Euréliennes adopte une position beaucoup plus conciliante.
F. TANTY ajoute que pour la cantine, Chartres Métropole n’a pas la compétence. Aujourd’hui, le centre de Changé arrive à des seuils de saturation de fréquentation, certains jours. Il ne faudrait pas que les enfants de la commune deviennent la variable d’ajustement pour la fréquentation de la cantine. Cela peut être une crainte.
D. BAËTE évoque la mise en place de conditions d’accès au service de la cantine (deux parents qui travaillent, par exemple…).
A. BOUTIN exprime que pour le transport scolaire, rien ne change. Il ajoute que l’objectif est d’éviter trop de bouleversements pour les familles. Il assure qu’au 1er janvier, les enfants ne seront pas à la rue.
Désignation des représentants de la commune siégeant à Chartres Métropole
Le maire exprime que nous n’avons pas le choix, puisque, selon la loi Nôtre, il faut prendre l’ordre du tableau. Pour notre commune, c’est donc le maire et le premier adjoint.
F. TANTY exprime qu’il n’est pas d’accord avec cette règle, qui est une atteinte à la libre administration des communes.
Le conseil municipal, à l’unanimité, moins trois abstentions , acte la désignation du Maire comme membre titulaire, et du premier adjoint comme membre suppléant, représentant la commune au sein du conseil communautaire de Chartres Métropole.
Frais d’assemblées électorales (présidentielles et législatives)
Le maire expose que la commune a perçu de la Préfecture des frais d’assemblées électorales pour les élections présidentielles et législatives 2017.
L’usage est de reverser ces sommes à la secrétaire de mairie, pour le surcroit de travail occasionné par ces scrutins.
Le conseil municipal donne un accord unanime au reversement des frais d’assemblées électorales pour les scrutins des présidentielles et des législatives à la secrétaire de mairie.
Indemnité de gardiennage d’église
Le maire rappelle qu’il s’agit d’une compensation financière pour l’utilisation du compteur de l’église. En 2016, l’indemnité s’élevait à 85 €, versée au diocèse.
C. PICHOT propose de la porter à 90 €.
Le conseil municipal, à l’unanimité moins une voix , décide de verser la somme de 85 euros à titre d’indemnité de gardiennage d’église.
Indice de fermages des baux ruraux
Le maire rappelle qu’il s’agit de quelques terres qui sont louées à des agriculteurs. Il convient d’approuver l’indice de fermages de valeur 106,28 pour la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018.
Le montant des recettes afférent à ces baux ruraux s’élève à 108,33 euros.
Le conseil donne un accord unanime à l’application de l’indice de fermages de valeur 106,28, pour la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018.
Rapport annuel sur l’eau et l’assainissement
Le maire rappelle que les rapports sur l’eau et l’assainissement doivent être établis chaque année. Chaque conseiller a reçu un exemplaire des rapports.
Concernant l’eau potable, le nombre total d’abonnés est de 307. Le volume annuel importé s’élève à 31 321 m3, pour un volume consommé par les abonnés de 29 641 m3.
Un tableau synthétique des relevés d’eau pour analyses est joint au rapport, et indique une qualité conforme à la réglementation.
L’encours de la dette pour l’eau potable s’élève à 23.961,35 euros.
Aucun investissement n’a été réalisé durant l’exercice 2016.
Le prix du mètre cube d’eau s’élève à 0,95 €. La facture moyenne pour 120 m3 d’eau s’élève en 2016 à 204,80 euros.
Suite à la question de F. RIBOUST, le maire explique que la différence de volume d’eau consommé avec le volume importé correspond à la consommation propre des services communaux (parterres…) et des fuites.
Le maire ajoute que notre réseau a un rendement très correct.
D. BAËTE demande qui choisit les lieux de prélèvement pour les analyses d’eau de consommation ; il est surpris de voir plusieurs fois la même rue sur une année. Le maire répond que ce sont les agents mandatés par l’A.R.S. (Agence Régionale de Santé) qui assurent les prélèvements qui font ce choix. Il expose qu’il a déjà refusé un prélèvement à la salle polyvalente, faute d’un débit d’eau insuffisant qui peut fausser les résultats.
B. LEMAIRE pense que se référer souvent à un même point de prélèvement peut permettre malgré tout un suivie régulier.
Concernant l’assainissement, le nombre total d’abonnés est de 297, pour un volume facturé en assainissement de 27 113 m3. Le volume de boues extraites de la station d’épuration est de 390 tonnes. Les rapports de l’Agence Technique Départementale démontrent un bon fonctionnement de la station d’épuration.
Plus aucun emprunt n’est en cours pour l’assainissement.
Divers travaux d’entretien et de remplacement de matériel ont été réalisés, pour un total de 6.978,83 € H.T.
Le montant d’une facture de 120 m3 d’eau + assainissement s’élève pour un abonné à un total de 398,60 euros, taxes comprises. Le prix moyen du m3 assaini s’établit donc à 3,32 euros, pour l’année 2016, toutes taxes et redevances incluses.
Le conseil, à l’unanimité, donne son aval à ces deux rapports, pour l’exercice 2016, tels qu’ils leur ont été présentés.
Questions diverses
Le maire évoque une réunion avec Chartres Métropole pour la gestion des déchets. Rien ne change pour la commune. Les jours de collecte restent identiques, et nous gardons nos bacs. Les déchets seront traités par le SITREVA jusqu’en 2020. Les administrés pourront continuer à bénéficier des déchèteries sur le territoire des Portes Euréliennes, ainsi que de celles de Chartres Métropole (notamment celle de Champhol).
Les bacs pour le verre et les déchets verts, en apport volontaire, sur le parking de l’école perdurent. C’est la même société qui les traitera.
Le maire précise que pour toutes les communes de Chartres Métropole, entre le 1er décembre et le 31 mars, le bac à végétaux est retiré (pour être changés ou entretenus).
C’est également Chartres Métropole qui changera les bacs hors d’usage des administrés (ordures ménagères ou tri sélectif).
Enfin, nous n’aurons plus à payer la redevance spéciale, qui n’existe pas à Chartres Métropole, en deçà d’un volume de 100 m3.
Le maire évoque ensuite une réunion avec le R.P.I. et Chartres Métropole pour les transports scolaires. Chartres Métropole s’aligne sur ce que paie la Région. F. TANTY pense que ce n’est pas très juste, dans la mesure où les charges de secrétariat, par exemple, ne sont pas retenues.
A.BOUTIN ajoute que les familles payant déjà un abonnement ont reçu le formulaire pour les cartes de transport sur Chartres.
Concernant l’éclairage public, les factures EDF et le contrat avec Territoire d’Energie Centre-Val de Loire sont repris par Chartres Métropole. C’est toujours Territoire d’Energie qui interviendra pour les pannes (après information de Chartres Métropole).
Concernant les travaux, la porte de la salle polyvalente a été posée ; les nouvelles plantations à la mare doivent être réalisées prochainement. La mare peine à se remplir naturellement, vu le faible volume de précipitations.
Concernant les manifestations dans la commune, le repas des Carnutes s’est déroulé sans problème, ainsi que la commémoration du 11 novembre. La soirée Beaujolais a connu le même succès que les années précédentes.
Lors du conseil d’école du 9 novembre, il a été décidé de débattre du retour ou non de la semaine à 4 jours, en mars prochain.
Concernant le P.L.U., la rédaction du règlement a débuté.
C. PICHOT demande si nous allons devoir demander l’aval de Portes Euréliennes. Le maire répond que non. En janvier, la commune redeviendra maîtresse de son P.L.U.
A la question de F. TANTY, le maire répond qu’une réunion publique sera organisée avant que tout soit arrêté. F. TANTY maintient qu’il faut prévoir le futur proche de la commune, et inclure certains projets dans le P.L.U. Il évoque notamment les liaisons douces (piétonnes ou cyclistes) pour la circulation dans la commune, qu’il juge de plus en plus risquée pour les piétons. On pourrait profiter du déclassement de certaines routes. Il évoque également le projet d’une nouvelle salle polyvalente, l’existante n’étant plus adaptée à certaines activités. Il rappelle que l’école d’aujourd’hui avait été anticipée dans l’ancien document d’urbanisme.
Le maire informe les conseillers qu’une convention a été passée avec le Tribunal de Grande Instance de Chartres pour accueillir un jeune de la commune qui doit effectuer 70 heures de travail d’intérêt général, à compter du 18 décembre.
Le Comité de Jumelage a adressé un courrier de remerciements pour le versement de la subvention.
Janine CHEUL informe les conseillers que la commune a reçu le 4ème prix départemental des villages fleuris.
Tour de tapis
M.P. PLANTÉ : Demande si nous avons reçu une réponse de la mairie de Pierres concernant le refus d’inscription à la crèche d’une famille de Chartainvilliers. Le maire répond par la négative.
C. PICHOT : est allée à une réunion, le 28 novembre, concernant l’opération Nettoyage de Printemps par Chartres Métropole. Cette opération se déroulera le 26 mai 2018. Les gants et les sacs seront fournis. Chartres Métropole conçoit le projet comme une journée de sensibilisation à la protection de l’environnement, pour les enfants.
On lui a également remis des autocollants STOP PUB.
B. LEMAIRE : Abonde dans le sens des propos de F. TANTY, et souhaite une réflexion sur la circulation dans la commune. Il remarque de plus en plus d’incivilités (vitesse excessive, mauvais stationnement…). Il évoque l’extension de zones 30 dans le village, de marquages au sol, ainsi que l’absence de verbalisation dans la commune en cas d’infraction.
D. LEJEUNE : évoque de nouveau les panneaux de signalisation de Chartainvilliers. Le maire répond que le Conseil Départemental s’en occupe.

D. BAËTÉ : demande si des réponses ont été reçues suite à l’enquête sur l’aménagement de l’aire de loisirs. C. PICHOT dit qu’on lui a parlé d’une piste de roller. D. BAËTE pense qu’il faut envisager un autre mode de communication. Aucune proposition n’a été reçue en mairie.

La séance est levée à 22 h 55.

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Urbanisme

DEPUIS LE 27 MARS 2017 LE PLAN D’OCCUPATION DES SOLS EST CADUQUE(LOI ALUR)

UN PLAN LOCAL D’URBANISME EST COURS D’ELABORATION

La commune s’est dotée depuis 1986 d’un plan d’occupation des sols (P.O.S.) révisé à différentes reprises, dont 1995 et 2008.

Le territoire communal est couvert par deux grandes catégories de zones : les zones urbaines et les zones naturelles.
Les zones urbaines, dites « zone U », disposent d’équipements publics permettant d’admettre immédiatement des constructions. Il y a trois zones urbaines à Chartainvilliers. leur vocation principale est l’habitat, mais les corps de ferme y sont également situés, et le commerce, les services, et l’artisanat non nuisant n’en sont pas exclus.

Vous trouverez ci-dessous, le plan de zonage, ainsi que la description, et le réglement, de chacune des 3 zones urbaines.

Plan des zones
pos_zones-2008


Règlement ZONE UA
La zone UA correspond principalement au centre bourg ancien dont l’urbanisation s’est appuyée sur les rues de Gallardon et de l’Egalité, ainsi que sur les rues Jean Moulin et du 11 Novembre. Ces deux axes sont reliés par les rues de la Mairie et du Puits. Le parcellaire y est très irrégulier.

pos_zone-ua_reglement


Règlement ZONE UB
La zone UB correspond aux extensions situées entre le bourg et la RD 906 (chartres/maintenon). Le parcellaire est plus régulier et plus homogène qu’en zone UA.

pos_zone-ub_reglement


Règlement ZONE UC
La zone UC regroupe les constructions récentes des résidences des Bruyères et du Vau. Le parcellaire y est régulier et homogène.

pos_zone-uc_reglement

Il existe par ailleurs des zones dites « naturelles ».

* « NA », pour les zones d’urbanisation future, insuffisament équipées pour admettre des constructions immédiates.
* « NC », pour les zones de richesses naturelles, à protéger en raison de la valeur agricole des terres qui la composent. Il existe également un secteur NCa qui correspond à des jardins privatifs à protéger en centre bourg.
* « ND », pour les zones de sites, à protéger en raison de la qualité des éléments naturels qui la composent ou des paysages qu’elle offre.

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Pour des renseignements officiels et à jour des dernières dispositions d’urbanisme, s’adresser en Mairie.

2016 en images

Mare 31/12/2016
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17 NOVEMBRE 2016 SOIREE BEAUJOLAIS
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11 NOVEMBRE 2016
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11novembre-2

07/10/2016 : Sortie des Carnutes à Chenonceau
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17/06/2016 Une fête d’école arrosée
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17/06/2016 Dernière Remise des Prix pour la Directrice
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2016_06_17-derniers-prix-pour-la-directrice_02

17/06/2016 Remise des Prix à l’école
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12/06/2016 Vide-greniers
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2016_06_12-vide-greniers_03

Chartainvilliers fleuri
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19/03/2016 :Carnaval
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09/01/2016 : Cérémonie des vœux et galette
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