Elections législatives

18/06/2017 – 2e Tour des Elections législatives

Inscrits : 543
Votants : 273 (50,27%)
Blancs : 29 (10,62%)
Nuls : 14 (2,44%)
Exprimés : 230 (84,24% et 40,14% des inscrits)

KASBARIAN Guillaume (LREM) : 117 (50,87%)
MASSELUS Franck (LR-UDI-DVD) : 113 (49,13%)

11/06/2017 – 1er Tour des Elections législatives

Inscrits : 543
Votants : 311 (57,27%)
Blancs : 9 (2,89%)
Nuls : 7
Exprimés : 295 (94,85%)

CAILLOL Valérie : 0
VILLEMADE Hugues (FG-PCF) : 6 (2,03%)
KASBARIAN Guillaume (LREM) : 102 (34,58%)
MASSELUS Franck (LR-UDI-DVD) : 48 (16,27%)
ROUXEL Sylvie (FN) : 51 (17,29%)
GAIDOU Stéphanie (Ext. D.) : 1 (0,34%)
MORAINNES Julien  (FI) : 29 (9,83%)
CORDIER Stéphane (PS-PRG-EELV) : 13 (4,41%)
LEMOINE Régine  (Debout La France) : 10 (3,39%)
COMMON Noé : 0
MAZAHERI Pierre  (Parti animaliste) : 15 (5,08%)
AUBERT Marie-José (LO) : 2 (0,68%)
DUMONS Clément (UPR) : 6 (2,03%)
TEILLEUX Michel (DVD) : 12 (4,07%)
BRIERE-SAUNIER Thibaut : 0

2012

Elections européennes

25 mai 2014 : Elections européennes
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RESULTATS CHARTAINVILLIERS
Inscrits : 537
Votants : 264 ; 49,16%
Blancs-Nuls : 10 ; 3,79%
Exprimés : 254 ; 96,21%

MONOT Bernard Bleue Marine FN : 65;25,59%
HORTEFEUX Brice UMP : 55 ; 21,65%
DENANOT Jean-Paul PS-PRG : 41 ; 16,14%
HEUSQUIN Clarisse Europe Ecologie : 19 ; 7,48%
MAUREL-DARLEUX Corinne Front de Gauche : 18 ; 7,09%
COURT- FORTUNE Patrice Debout la République : 18 ; 7,09%
AUCONIE Sophie UDI Modem : 18 ; 7,09%
HULOT Mari-Martine Alliance écologiste Indépendante : 5 ; 1,97%
THILLAYE Sabine Nous Citoyens Div. Droite : 4 ; 1,57%
ROBROLLE-MARY Béatrice Div. : 4 ; 1,57%
OGER NIVARD Michelle Citoyen du vote blanc : 4 ; 1,57%
BROUSSEAU Vinvent UPR Div. : 2 ; 0,79%
DANIEAU Laurence Nouvelle Donne Div. Gauche : 1 ; 0,39%

2009 :

Recensement 2009

Chartainvilliers en chiffres : Résultats du recensement 2009

En juin 2012, l’INSEE a mis à jour les données issues des derniers recensements effectués sur le village. Chartainvilliers, comme l’ensemble des communes y est « auscultée ». Nous publions ci-après les principaux éléments, sur la population, le logement et l’emploi de ce sondage grandeur nature.

La Population

En 2009, Chartainvilliers comptait 751 habitants, dont 383 hommes et 368 femmes, soit une densité de 82,8 habitants au km2. Depuis 1999, la commune a « gagné » 121 habitants, et 512 depuis 1975.

Au cours des années deux mille, l’excédent naturel (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) a contribué à la hausse de la population à hauteur moyenne de 0,6% par an. L’excédent migratoire apparent (différence entre les arrivées et les départs) a été de 1,2% par an.

Chartainvilliers appartient à l’arrondissement de Chartres, Préfecture du département. L’arrondissement regroupe 202 138 habitants, soit une densité de 94,9 habitants au km2. La population du village représente donc moins de 0,4 % de celui-ci.
Par rapport au recensement 1999, la population de la commune a progressé de 19,2%, celle de l’arrondissement de 4 % et celui du département de 4,35 %.

Etat matrimonial

62,4 % des plus de 15 ans sont mariés, 27,4 % célibataires, 6,6 % divorcé(e)s, et 3,6 % veuves ou veufs.
Au niveau du canton, les proportions sont respectivement de : 53,8 %, 33 %, 6,8 % et 6,4 %.

Les jeunes et les seniors

Les jeunes sont nombreux dans la commune. 219 personnes ont moins de 20 ans, soit 29,2% de la population, alors que cette proportion est de 25,6% seulement dans le département. A l’opposé, 66 personnes ont plus de 65 ans, soit 8,8% de l’ensemble des habitants. Les 17 habitants qui ont 75 ans ou plus ne représentent que 2,3% du total, alors que la proportion est de 8,9% dans le département.

Lieu de naissance

Les habitants de Chartainvilliers sont d’origines diverses. Seulement un tiers est né dans le département, ou la région. 62% sont nés en France métropolitaine, 0,3% dans les DOM-TOM et 3,3% à l’étranger. Parmi ces derniers les 2/3 sont de nationalité française.

L’Habitat

La commune comprend 307 logements : 273 résidences principales, 18 résidences secondaires ou occasionnelles et 15 logements vacants. Le nombre moyen de pièces par logement est de 5,2. Dans les résidences principales on dénombrait une moyenne de 2,75 occupants.

Propriétaires et locataires

Il n’y a aucun immeuble collectif, la quasi totalité des résidences principales est constituée de maisons individuelles. La grande majorité des ménages de la commune (251, soit 91,7%) est propriétaire de son logement. Il n’y a que 19 ménages (47 personnes) locataires ou sous locataires et 4 ménages logés gratuitement.

Confort des logements

Les installations sanitaires et le moyen de chauffage sont des éléments objectifs d’appréciation de la qualité des logements. A Chartainvilliers, la plupart des résidences principales ont au moins une baignoire ou une douche (271 sur 273) et possèdent un chauffage central (137) ou électrique (96).

L’emploi

Parmi les 513 habitants de la commune de plus de quinze ans, 387 personnes (75,2%) sont actives : 196 hommes et 190 femmes. Au moment du recensement, 29 d’entre eux recherchaient un emploi et 358 travaillaient. Parmi ceux qui ont un emploi, 31 exercent une profession à leur compte ou aident leur conjoint; les 261 autres sont salariés.
Une minorité (28, soit 8,7%) de ces actifs exerce dans la commune; 264 personnes vont travailler en dehors, dont 124 (38,7%) dans le département et 140 (43,7%) vers l’Ile de France. 255 personnes ont un emploi à temps complet et 37 travaillent à temps partiel.

En 2009, dans la tranche d’âge 15 / 64 ans, 69,5 % des habitants étaient des actifs avec un emploi, 11,9 % des retraités, 8,3 % des étudiants, 5,7 % des actifs à la recherche d’un emploi et 4,6 % des « autres inactifs ».
Pour la même année, ces proportions étaient, au niveau du département, respectivement de : 66,6%, 9,7%, 8,1%, 7,6% et de 8%.

Formation

Alors que l’intégralité des 5/15 ans est scolarisée (108), la répartition des diplômes dans la population des plus de 15 ans fait apparaître une grande diversité avec une dominante pour les titulaires de CAP/BEP (28,3%).
47,8% des plus de 15 ans ont un diplôme de niveau bac ou supérieur, moins de 9% de la catégorie d’âge étudiée n’est titulaire d’aucun diplôme.

Déplacements

Pour se déplacer, 4 ménages ne disposaient d’aucune voiture, 95 d’une voiture et 174 de deux voitures ou plus. En 10 ans, le nombre de véhicules présents dans le village a augmenté de plus de 30%.
Parmi ceux ayant un emploi, 30 exerçaient sur place, 143 dans le département d’Eure-et-Loir, 183 dans une autre région (essentiellement Ile-de France), et 2 dans une région non métropolitaine.

Revenus

En 2009, le revenu imposable médian des foyers fiscaux de la commune était de 30 477 €, et l’impôt sur le revenu payé moyen de 1 534 €.
Les 24,5 % des foyers fiscaux qui étaient non imposables ne disposaient que d’un revenu imposable moyen de 11 268 €.
Au niveau du canton de Maintenon, le revenu net déclaré moyen par les foyers fiscaux était de 27 803 €, et celui des foyers non imposables de 10 803 €.

Economie

Au 31/12/2009, il y avait 27 établissements actifs recensés sur le territoire de la commune.
Parmi ceux-ci :

  11 (40,7 %) étaient rattachés au commerce, services et transports, et ils employaient 17 salariés (50 %) ;

  7 (25,9 %) étaient rattachés à l’agriculture, et ils employaient 13 salariés (38,2 %) ;

  2 (14,8 %) étaient des administrations publiques (dont la Mairie), et employaient 4 salariés (11,8 %).

En 2000, les 6 exploitations agricoles du village cultivaient une surface agricole moyenne de 151 hectares (contre 104 en 1988).

Sources : Chiffres clés INSEE site internet

Article titre non conforme 75

07 Décembre 2013 : Pére Noël (à venir)

17 Novembre 2013 – Repas des Carnutes
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11 Novembre 2013
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24/10/2013 Fin du Châreau d’eau
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Travaux d’été
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31/08 et 01/09/2013 : Ball Trap de la Société de Chasse
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14 Juillet 2013
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21 Juin 2013 : Fête de la Musique
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16 Juin 2013 Vide Grenier
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8 Mai 2013 – Une Gerbe aux Monuments aux Morts
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19 mars 2013 : Journée Nationale du Souvenir
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Gibouléees de mars
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20 janvier 2013 : Toujours la neige
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19 janvier 2013 : Première neige
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La Guerre de 1870-1871

Après la défaite de Sedan et la reddition de l’Empereur, le 4 septembre 1870, à la tribune du Corps législatif, Gambetta proclame la déchéance de Napoléon III. La République est instaurée. Mais la menace est lourde : à l’exception de leurs régiments occupés à assiéger Strasbourg et Metz, les armées allemandes marchent sur Paris. Le 19 septembre l’encerclement de la capitale est achevé. Un long siège commence. Parti de Paris en ballon le 7 octobre, Gambetta organise l’armée sur les rives de la Loire. L’armée bavaroise barre la route à Artenay et, le 10 octobre, s’empare d’Orléans. Puis les Bavarois entrèrent dans Châteaudun et Chartres le 21 octobre. Avant l’armistice du 28 janvier 1871 de nombreux combats se déroulèrent en Beauce et sur les rives de la Loire.
Concernant Chartainvilliers, quatre documents, reproduits ci-dessous évoquent cette période.

Tout d’abord un long article, d’un « courageux voyageur » qui a traversé les lignes prusiennes entre le 29 septembre et le 2 octobre 1870, publié dans « Le Français » et repris dans JOURNAL DES DÉBATS du dimanche 9 octobre 1870. Cet article évoque l’arrivée des prusiens à Chartainvilliers le 30 septembre 1870.

Ensuite, le compte rendu rédigé en 1872 par le Maire de Chartainvilliers du moment, M. BRADIN, à l’attention de M. le Préfet.

Puis, le rapport du Préfet sur les moments forts et pertes subies dans la commune de Chartainvilliers.

Enfin, le compte rendu de l’inauguration, en octobre 1872, d’un monuments aux Morts à Epernon où figure un jeune de Chartainvilliers.

L’invasion Prusienne 29/09-02/10/1870 près de Chartainvilliers
On lit dans Le Français :

« Un courageux voyageur veut bien nous donner le récit détaillé de son voyage à travers les lignes prussiennes. En voici la première partie :

« Paris, le 7 octobre 1870.
» Vous m’ayez demandé de vouloir bien vous communiquer tous les détails de mon voyage dans les pays envahis.
» Ayant passé six jours au milieu de l’armée ennemie, ayant parcouru plus de trente villes et villages envahis, ayant partout questionné Prussiens et paysars français, mon récit serait interminable, et ma mémoire même n’y suffirait peut-être pas, n’ayant voulu prendre aucune note pour ne point être soupçonné d’espionnage au cas d’une arrestation à laquelle je m’attendais à chaque instant.
» Mais avant de commencer mon récit, je compléterai d’abord les renseignemens donnés par le ministre de la guerre au gouvernement sur les armes dont peuvent disposer les pays qui ne sont pas envahis, renseignemens publiés dans le Journal officiel de ce jour.
» Un arrivage considérable de fusils américains, système, Chassepot, a eu lieu vers le 24 septembre. Ils ont été distribués dans un grand nombre de villes jusqu’à Chartres et Evreux. Toutes les villes de l’Ouest votent des sommes considérables pour l’achat de fusils chassepots, et frêtent des navires afin d’en effectuer le transport d’Angleterre en France. Les particuliers eux-mêmes font faire des chassepots à leurs frais.
» Quant à la fabrication de mitrailleuses, dirigée par M. le chef d’escadron de Reffye, un des surveillans m’a affirmé que la commande s’élevait à 2 000.
» La commande de ces mitrailleuses avait été faite au directeur d’Indret, établissement du gouvernement, mais le directeur de cet établissement n’ayant pas voulu se mettre à l’entière disposition du chef d’escadron de Reffye, ce dernier a prié M. Voruz, à Nantes, de mettre ses immenses ateliers à sa disposition, et le lendemain 10 septembre, 1 100 ouvriers travaillaient à la fabrication de ces terribles engins.
» Il est certain qu’à cette heure beaucoup de mitrailleuses ont déjà été dirigées sur Tours, car M. Voruz, avec lequel j’ai causé longuement chez M. le procureur de la République à Nantes, espérait en livrer avant la fin de septembre.
» Chartres, le 29 septembre, était occupé par 9,000 mobiles ; 500 mobiles du Lot-et-Garonne occupaient Epernon, lorsque le préfet d’Eure-et-Loir reçut la nouvelle que les Prussiens, qui occupaient déjà Rambouillet, se dirigeaient sur Epernon. Ordre immédiat fut donné de se replier sur Chartres, et, dans la nuit du 29 au 30, un train spécial ramena à Chartres les 500 mobiles d’Epernon. La veille, le général commandant à Chartres avait été destitué, et le lendemain, le préfet, M. Labiche, était également destitué, d’après ce que m’a affirmé le maire de Maintënon.
» Les mobiles étaient pleins d’enthousiasme et de patriotisme; ils désiraient ardemment marcher sur Paris.
» Le 30 septembre, à sept heures du matin, je partis de Chartres traversant Saint-Prest, Jouy et Saint-Piat. Tous les postes étaient encore occupés par des gardes nationaux français, furieux d’avoir été désarmés à l’approche des Prussiens. Je séjournai à Saint-Piat deux heures environ, et je me trouvai avec le maire de Maintenon et celui de Chartainvilliers, commune située à 1 kilomètre de Saint-P[r]i[v]at et environ trois lieues de Chartres,
» Tous deux venaient de recevoir à l’instant même des éclaireurs prussiens. Ils me donnèrent donc les renseignemens les plus précis.
» A Chartainviniers, point extrême de la reconnaissance prussienne, les éclaireurs, au nombre de treize, demandèrent simplement au maire une carte du département, afin de savoir s’ils pouvaient s’aventurer plus loin. Le maire leur répondit qu’il n’en avait pas. Alors ils exigèrent au moins une carte de France, et menacèrent le maire de leurs revolvers. Le maire se vit forcé de leur obéir, et, après examen de là carte, les éclaireurs, voyant qu’ils étaient très près de Chartres, retournérent à Maintenon au pas, et j’y arrivai en même temps qu’eux, à deux heures de l’après-midi,
» A Maintenon, les Prussiens y étaient arrivés à six heures du matin, au nombre de quatorze. A 500 mètres de la ville, neuf francs-tireurs d’Epernon avaient tiré sur eux. quelques coups de fusil sans aucun resulat ; trois s’étaient enfuis à travers les bois, je les vis entre Saint-Piat et Maintenon; les six autres avaient été faits prisonniers. Les Prussiens brisèrent sur la route les fusils des francs-tireurs et les conduisirent à la mairie, disant au maire de les conserver prisonniers, de les bien nourrir et de les rendre lorsque les Prussiens, revenant en plus grand nombre, pourraient les emmener ; que, s’ils étaient rendus à la liberté, la. ville serait brûlée.
» Puis, un des quatorze éclaireurs fut détaché pour aller porter à Rambouillet des nouvelles de leur mission, et seul il put traverser sans encombre tous les pays situés entre Maintenon, Epernon et Rambouillet, pendant que les treize autres coutinuaient leur route jusqu’à Chartainvilliers.
» A Epernon, la population était consternée par le retrait des 500 mobiles, le désarmement des gardes nationaux et la prise de la ville par quatorze Prussiens.
» Je partis d’Epernon le 1″ octobre, à six heures du matin. A moins d’une demi-lieue, je rencontrai des éclaireurs du 6e hussard prussien. A cause des accidens de terrain et des détours de la route, les hussards marchaient avec beaucoup de précautions. Ils s’arrêtaient à chaque tournant. Un des leurs montait au grand galop et à travers champs sur les hauteurs qui dominent la route pour explorer avec une longue-vue ; puis, après s’être assuré qu’il n’y avait pas de francs-tireurs, il revenait et poursuivait avec ceux des éclaireurs qui l’attendaient.
A un kilomètre plus loin, sur la hauteur qui domine Saint-Hilarion, campaient environ 200 hussards et quelques fantassins. Je passai, forcément au milieu d’eux, et le chef d’escadron me dit, en très bon français :
» – Où allez-vous, Monsieur ?
» – Je me dirige sur Paris.
» – Veuillez me faire voir vos papiers.
» Je lui présentai mon passeport. Il le lut tout haut. Pendant ce temps, un hussard qui se tenait à ses côtés, s’adressant à moi :
» – Vous savez que Paris est cerné et qu’il vous sera difûcile d’y entrer. Pourquoi essayer ?
» Afin de lui cacher la ferme résolution que j’avais d’arriver a Paris quand même, je lui répliquai
» – Je sais qu’il me sera impossible de rentrer à Paris ; mais, dans les environs, j’ai des amis chez lesquels je pourrai rester.
» Puis le chef d’escadron dit un mot au soldat avec lequel je parlais et me remit mon passeport.
» Aussitôt que j’eus cessé de parler, le maire de Saint-Hilarion, qui se trouvait derrière moi, s’adressant au chef d’escadron :
» – Monsieur, combien vous faut-il de vaches aujourd’hui ?
» – Quatre vaches et dix sacs d’avoine, monsieur le maire, répondit le chef prussien.
» Or, Saint-Hilarion est une commune de 548 habitans.
Je descendis dans le village et je vis quatre hussards emmener un paysan avec une voiture attelée de deux chevaux. Ils allaient charger ce qu’ils avaient volé dans une propriété assez importante qui avait été délaissée par son propriétaire à l’approche des Prussiens.
» Quelques pas plus loin, dix hussards enfonçaient la porte et les volets d’une grande tuilerie qui avait été abandonnée, et ils entraient dans la maison au moment où je passais près d’eux. Enfin un paysan que je rencontrai à environ 300 mètres m’affirma que les hussards l’avaient forcé à boire une bouteille du bordeaux qu’ils venaient de voler dans une propriété voisine.
» A partir de Saint-Hilarion, je fus en pleine Prusse : à chaque pas, des Prussiens. Je ne vous donnerai donc que les faits principaux.
» Le ler, à Rambouillet, les forces prussiennes ne s’élevaient pas à plus de 1 300 à 1 400 hommes : 5 à 600 hussards et cuirassiers blancs, 800 fantassins. Pas une pièce de canon.
» Le dépôt de fourrages, contenant plus de 80 000 fr. de provisions tant en foin qu’en avoine, avait été complètement dévalisé et dirigé sur Trappes, où campaient environ 20 000 hommes, peut-être de là sur Versailles. Devant le dépôt des fourrages, la route, sur une grande longueur, était toute couverte d’avoine.
» Le dépôt des manufactures de tabacs avait eu le même sort. La garnison prussienne avait pris tous les approvisionnemens, s’élevant a une vingtaine de mille francs, et comme ils n’avaient pas jugé le tabac à priser d’une grande utilité, ils en avaient jeté une grande partie sur la route. Tous les débits de tabac avaient été également pillés, de telle sorte que de Rambouillet à Paris il est impossible de se procurer du tabac, et les habitans sont réduits à en demander aux soldats prussiens ou à en aller acheter aux cantinières prussiennes, à Saint-Germain.
» A Rambouillet, comme dans toute la localité, villes, villages et hameaux, les réquisitions en argent, vivres et fourrages avaient été tellement exorbitantes, que les habitans manquaient de tout. Il était presque impossible de trouver à manger. Et cependant, dans les auberges, les soldats prussiens se faisaient servir le peu qui restait et payaient avec des bouts de papier qu’ils disaient valoir 6 fr. J’ai vu un restaurateur refuser ce papier; il a été menacé.
La ville avait un aspect de tristesse indescriptible. Au bout de chaque rue stationnaient des factionnaires prussiens, les rues n’étaient sillonnées que par les soldats ennemis et des voitures de paysans apportant, sous l’escorte de hussards, les réquisitions qui avaient été faites dans les villages environnans.
» A la mairie, le drapeau prussien et un factionnaire prussien.
» Le ler, au matin, un paysan qui avait résisté aux réquisitions et blessé à la main un soldat avait été fusillé.
» Je rencontrai a Rambouiltet quatre personnes qui arrivaient de Maule, pays situé entre Rambouillet et Mantes. Elles avaient été obligées de quitter leurs maisons incendiées par les Prussiens à la suite d’un combat très vigoureux dans lequel 1 200 francs-tireurs, embusqués dans la forêt des Alluets, avaient complètement défait un corps prussien fort d’au moins 1 800 hommes et appuyé par de l’artillerie.
» J’ai pris de nombreux renseignemens sur ce combat, a Saint-Léger, les Menuls, Neauphle-le-Château et jusqu’à Saint-Germain-en-Laye. Tous ces renseignemens concordent admirablement. Le corps prussien a été mis en complète déroute les francs-tireurs ont pris quatre pièces de canon et démonté une cinquième. Partis avec six pièces de canon de Saint-Germain, les Prussiens sont revenus avec deux pièces, dont une démontés.
» La vue de Rambouillet m’avait profondément attristé, et, ne pensant pas que mon voyage pût avoir un intérêt pour: Paris, que je croyais parfaitement renseigné sur les positions de l’armée prussienne, je voulus autaut que possible éviter les centres prussiens, c’est-à-dire Trappes et l’état-major de Versailles, où j’aurais pu avoir de précieux renseignemens. Je fis un grand détour pour éviter ces deux pays, et me dirigeai par la forêt de la Pommeraye, .Saint-Léger, la forêt de Saint-Léger, les Menuls, Mareuil-le-Guyon, Pontchartrain, Le Pontel et Neauphle-le-Château. Tous ces pays ne sont pas occupés par l’armée prussienne, mais chaque jour des détachemens prussiens viennent y faire des réquisitions exorbitantes.
» Entre les Menuls et Mareuil, presque à la bifurcation de la route de Montfort-l’Amaury, je vis arriver au grand galop une quarantaine de hussards. Au milieu de l’escorte, un cabriolet emportait les réquisitions en argent faites dans les communes.
Les hussards tenant toute la route, je marchai le plus près possible du fossé. Un hussard se détacha du groupe et vint à fond de train s’arrêter à un pas devant moi, et, me couchant en joue, me dit :
» – Halte là ! Avez-vous vu des Prussiens sur la route de Rambouillet ?
» – Non.
» – Il a dû en passer ?
» – Je ne le sais.
» – Vous venez cependant de Rambouillet ?
» – Oui, mais par les chemins de la. forêt et non par la route.
» – Les chemins de la forêt sont-ils bons ?

– Impraticables à pied.
» – Combien y a-t-il d’ici à Rambouillet ?
» – Trois lieues au moins.
» – Au revoir, Monsieur, me dit le hussard en me faisant le salut militaire.
» J’insiste sur ce petit détail, qui s’est répété vingt fois au moins pendant mon voyage, pour faire voir la prudence des Prussiens. L’escorte venait de traverser trois maisons situées sur la route, et plus de quinze personnes étaient devant les portes. Gens du pays, habitant sur le bord de la route, ils eussent pu donner des renseignemens certains, mais, ayant peur que des francs-tireurs ne fussent cachés dans les maisons, les Prussiens avaient franchi ce passage au galop et m’arrêtaient seul sur la route et, pendant que le hussard me parlait, deux autres étaient postés derrière moi à cinq ou six pas, étudiant mes mouvemens ; l’escorte s’était arrêtée à environ 100 mètres.
» Le 2 octobre, à six heures du matin, je partis de Neauphle-le-Château, pays dont les grandes propriétés appartiennent, paraît-il, à un général prussien.
» Villepreux, commune de 690 habitans, située à une lieue de Neauphle, avait une garnison de 300 cuirassiers blanc. Les chevaux campaient en partie dans une prairie située au bas du village, et toutes les voitures du pays avaient été requises pour le transport des fourrages. Dans une seule ferme située sur la route de Villepreux à Saint-Nom, le fermier m’a dit qu’à la première réquisition, on lui avait enlevé deux meules d’avoine d’une valeur de plus de 10 000 fr., toute l’avoine battue et le foin bottelé. Le tout avait été dirigé sur Versailles. »
Source : JOURNAL DES DÉBATS DU DIMANCHE 9 OCTOBRE 1870. (d’après Gallica – site de la BNF)

LE RAPPORT DU MAIRE
« La commune de Chartainvilliers a été envahie le lundi 24 octobre 1870, par un détachement de cavaliers qui vinrent faire la recherche des armes de la garde nationale, qu’ils ne trouvèrent pas. Ce détachement pouvait compter 80 hommes et ne resta que quelques heures à Chartainvilliers; il se rendit le même jour à Maintenon pour la même opération. Il venait de Jouy où s’étaient passés les faits de cruauté que l’on connaît. S’il eût trouvé des armes dans ma commune, dont les gardes nationaux étaient allés à Epernon, sur la déclaration de son chef, il se serait livré à des actes dont l’ennemi n’avait que trop l’habitude.
Les soldats allemands ont quitté définitivement la commune le jeudi 16 février; depuis cette époque pas un seul n’a passé dans le village.
Comme occupation, je ne parle pas des 13 cavaliers éclaireurs qui ont passé dans la commune le 30 septembre, venant de Rambouillet, et qui sont allés jusqu’à Léves, près de Chartres; mais je dois signaler les occupations du 18 novembre (200 Bavarois fantassins), du 24 décembre au 4 janvier (charretiers du train, cuirassiers blancs); des 14 et 15 février (1 140 hommes de toutes armes et 630 chevaux).
Le 4 octobre, à Epernon, un jeune garde national de Chartainvilliers, fut tué, ou plutôt assassiné, car, ayant jeté son fusil, il fut tiré à bout portant. Pourtant il avait des habits qui le distinguaient suffisamment.
Son camarade, un autre jeune homme de 18 ans, plus heureux, fut épargné, grâce à l’intervention d’un simple sergent, et emmené prisonnier. Il est rentré dans ses foyers en mars. »
Le Maire de Chartainvilliers,
BRADIN

(Extrait des Rapports des Maires sur les événements qui se sont passés dans leurs communes – Ed. Petrot/Garnier – 1872 Source : CIC 12/1998

Guerre de 1870/1871 à Chartainvilliers, rapport du Préfet

Population : 388 habitants
Arrivée des Prussiens 30 septembre 1870
Départ : 15 février 1871
Principales occupations :
24 octobre (80 hommes)
18 novembre (200 bavarois)
24 décembre au 4 janvier (cuirassiers blancs)
14 et 15 février (1140 hommes)
Pertes : 26 853,09 f.

Source : p.305 Conseil Général d’Eure-et-Loir session ordinaire de 1871 – Rapport du Préfet – Gallica site de la BNF

Un Garde national de Chartainvilliers, célébré à Epernon

Le 4 octobre 1872, on célébrait à Epernon un service religieux pour les Mobiles et Gardes nationaux qui étaient morts en défendant cette ville deux ans auparavant : on inaugurait le même jour les deux monuments érigés en leur honneur, et en grande partie votée par la municipalité.

On se rendit ensuite au cimetière, où après la bénédiction de la tombe, M. de Pontoi pris la parole pour rendre hommage aux Mobiles de La Loupe que commandait son fils.
Le monument du cimetière est une colonne de stuc à fût brisé, reposant sur un socle à quatre faces. Sur la partie la partie de la colonne tournée vers la route, on lit :
O crux ave, spes unica
Sursum corda
Et au dessous :
Ici reposent nos morts du 4 octobre 1870.
Sur le pan à droite sont inscrits les noms suivants :

Dauvilliers Louis-Victor-Maurice, 21 ans, garde national de Chartainvilliers ;

Source :p.286, La Garde Mobile d’Eure-et-Loir et ses aumoniers (1870-1871) , par M. le Chanoine Provost, 1901 – d’après Journal de Chartres 6 octobre 1872 – Gallica-bnf

Madame de Maintenon

1691

Reconstruction de l’église de Chartainvilliers par Mme de Maintenon

… Cette grande entreprise de l’aqueduc amena souvent le roi à Maintenon. On sait que madame de Maintenon y résidait peu, et n’y pouvait faire que des séjours momentanés ; elle s’en occupait néanmoins avec intérêt, et elle y fit beaucoup de bien : « Mes principales obligations, écrivait-elle, sont à présent à Maintenon. » Elle obtient pour cette petite ville le rétablissement et l’augmentation des foires et marchés (a); elle fonda des écoles et un hôpital (b). Elle fit reconstruire sur son terrain, et entièrement à ses fais, l’église et le presbytère qui étaient en ruine (c), de même que l’église et les presbytères de deux villages voisins (d). Elle fit venir en outre des Normands et des Flamands, et apprendre aux habitants à travailler en toiles, sans parler de tous les autres secours qu’elle distribuait abondamment aux pauvres, aux vieillards et aux enfants…

(a) Lettres patentes de 1686 (archives de Maintenon);

(b) « Le Père Chavrand, écrivit-elle, est à Maintenon pour y établir un hôpital général. Je me suis lassée d’y donner beaucoup et d’entendre toujours crier qu’on y meurt de faim. Je verrai au moins clair à leur dépense. » (Lettre à M. d’Aubigné, du 9 juin 1685). Cet hôpital fut remplacé en 1731 par un autre plus considérable, dans un autre endroit de la ville, que le Maréchal de Noailles fonda et construisit. [Hôpital dont le partage des revenus fera l’objet d’un contentieux juridique entre Maintenon, Chartainvilliers et Villiers-le-Morhier]

(c) Le 24 juin 1694, décret de la dédicace procédant à la consécration de l’église Saint-Pierre de Maintenon, bâtie, construite et ornée depuis peu par les soins de la très haute, très puissante et très pieuse dame Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, avec indulgence d’une année à tous les fidèles qui la visiteront ce même jour, et de quarante jours à ceux qui la visiteront lejour de la dédicace. (Arch. de Maintenon.)

(d) Reconstruction à neuf de l’église de Chartainvilliers en 1691. Acte de reconnaissance des habitants, des vases et ornements, donnés par madame de Maintenon. Idem pour le village de Pierres (Arch. De Maintenon)

Source : Histoire de Madame de Maintenon et des principaux événements du règne de Louis XIV par M. le Duc de Noailles de l’Académie Française tome 2, 1849. P.96-97

Chartainvilliers sur la cloche
L’inscription de la cloche de la chapelle de Boigneville, dans les environs de Gallardon. C’est la nomenclature très-exacte des villes, villages et hameaux dont Mme de Maintenon était en possession :
L’AN 1690, J’AY ÉTÉ FAITE PAR L’ORDRE DE TRÈS HAUTE ET TRÈS PUISSANTE DAME MADAME FRANÇOISE D’AUBIGNÉ MARQUISE DE MAINTENON, DAME DU PARC, PIERRES, TENEUSK, LE BOIS RICHEUX, SAINT-PIAT, GROGNEUL, CHANGÉ, CHARTAINVILLERS, BOIGNEVILLE, YERMENONVILLE ET AUTRES LIEUX. — DENYS MOUSSET M. F. ».
Quelle différence entre cette longue énumération, si peu à sa place, des titres et qualités d’une célèbre et puissante dame

Source : Étude sur les cloches : lettre à M. Didron, directeur des « Annales archéologiques » / par Claude Sauvageot -V. Didron (Paris)-1863 _ Gallica_BNF

1706 :
LE MAI DE 1706 A MAINTENON
Rendre hommage à la Marquise en violant ses lois…
MAI n. m.: En ancien français, mai, nom du cinquième mois, était employé par métonymie pour désigner les branches vertes qui poussent en mai (XIIe s.), et le jeune arbre planté en signe de fête le premier mai devant la porte d’une personne que l’on veut honorer (XVIe s.), d’où la locution de sens figuré planter le mai à quelqu’un « le fêter, le gâter » (aussi par dérision, 1532). ? Le mot, qui symbolisait le plus beau mois de l’année (1210) en opposition avec février symbole de l’hiver, entrait dans plusieurs locutions avec une idée de bonheur, de prospérité comme avoir bon mai (XIIe-XIIIe s.). On l’appelle encore plaisamment le joli mois de mai (expression attestée en 1690). Ces valeurs ont décliné, sauf dans les dialectes, avec l’abandon des coutumes correspondantes.
Après ces rappels, voilà, ci-après, la relation d’un mai mouvementé de l’an 1706.

Souvent les archives judiciaires nous font saisir sur le vif des manifestations de la vie sociale d’une façon aussi concrète qu’un ethnologue qui aurait voulu nous décrire ce dont il a été le témoin.
Pierre Edme Boucher, licencié ès lois, avocat au Parlement, bailli, juge civil, criminel et de police de la ville de Maintenon, nous retrace par le menu les incidents survenus à l’occasion de l’abattage de l’arbre qui sera placé comme mai, en 1706, « devant la porte et principale entrée du chasteau » de Madame de Maintenon, en signe d’hommage.
De nombreux garçons, fidèles à la tradition, s’étaient donné rendez-vous dans un bois à l’extérieur de la ville le trente avril au matin. Une fois abattu, l’arbre avait été placé sur une charrette pour être apporté à Maintenon par Changé.
A cet endroit, plusieurs quittèrent le cortège, s’arrêtèrent chez Gandon pour se rafraîchir et de là prirent à nouveau la clef des champs avec leurs fusils et leurs chiens. Garçons notables du Marquisat, âgés de 20 à 28 ans, ils étaient :


  procureurs : Philippe Fauveau et Pierre Corbières;

  praticien : Mathieu Desfèves;

  marchand : Charles Boullanger;

  arpenteur : Philippe Fauveau, fils de Gilles;

  et commis au greffe du baillage : Joseph Ragoulleau.
Leurs premières pièces de gibier furent tirées dans le parc du château de Grogneul; la clôture n’avait-elle pas des brèches? et François Lallier, le concierge, ne demandait qu’un lièvre pour fermer les yeux. Arpentant la plaine, ils traversèrent la garenne de Saint-Piat d’où ils remontèrent vers Chartainvilliers où « ils burent un coup » chez Michel Lefeuvre dit Fidélion. Le retour se fit par les terrasses de l’aqueduc et le fils de Fauvé les introduisit dans la garenne de la Folie où ils chassèrent à l’affût.
Claude Boitel, cabaretier à Maintenon, fut leur traiteur pour le dimanche suivant, avec deux lièvres et quatre perdrix. Ce soir du 30 avril, il fournissait à notre joyeuse équipée « poissons, marmites, chaudrons et autres instruments de cette nature » pour un charivari dans les rues et carrefours — que voulez-vous, ils voulurent donner une aubade aux dames et demoiselles de cette ville, mais n’avaient ni violons, ni tambours!
Chasser illégalement sur les terres de Madame de Maintenon, avec l’autorisation des officiers de ladite Dame, excéda Antoine Orillac, un des gardes-chasse qui n’eut pas de mal à les surprendre dans les aulnaies de Chimay. Il y eut procès en règle, avec information, interrogatoire… Dans les 15 jours, le juge Boucher condamna nommément Boullanger le marchand.., et ses complices qu’il évite de désigner, sans doute parce qu’ils appartiennent au même corps que lui. On insista plus sur le charivari que sur le délit de chasse, mais il fallait sans doute mettre fin à un passe-droit dont nos lurons avaient peut-être abusé cette année-là. La Marquise sut être grande dame puisque remise fut faite des amendes, dommages et intérêts; ils en furent pour les frais 75 livres, avec l’injonction formelle de ne se servir de leur fusil, le 1er mai, que « pour aller saluer ladite Dame lorsque le mai serait planté ».

Le mai à Maintenon, avant la Révolution, était donc offert en signe de déférence à un notable. La tradition d’offrir un mai s’est poursuivie dans le temps, plus particulièrement sous la forme du mai amoureux. Il s’agissait, pour les jeunes gens (cette coutume tend à disparaître) d’aller nuitamment accrocher, devant la maison où habitait une jeune fille à marier, un mai qui pouvait être la tête d’un bouleau enrubanné — c’était l’usage dans la région de Maintenon — ou, parfois une botte de lilas — dans le Drouais par exemple —. La famille de la jeune fille invitait alors les garçons à boire, le jour ou le dimanche suivant.
Le rite du mai était une manifestation sensible du renouveau de la nature; une branche d’arbre, pleine de sève, exprimait la végétation renaissante. Entre les deux guerres, on semble avoir attaché beaucoup d’importance aux fanfreluches de papier dont on enrobait la branche d’arbre; la manifestation en faveur de la Vie était moins évidente, heureusement on ne glissa pas jusqu’à l’emploi de fleurs en matière synthétique.
Actuellement, le premier mai est surtout consacré à la cueillette du muguet que l’on offre volontiers à la bien-aimée ou que l’on va cueillir avec elle. Ne faut-il pas voir là une autre manifestation de notre sensibilité devant la nature à travers une plante plus fragile et plus évocatrice ?

D’après les archives du Bailliage de Maintenon, aux Archives Départementales d’Eure-et-Loir. — B. 269. Pierre BIZEAU.
(Etude publiée d’abord dans La Nature, n°2, 1968, organe du Comité de défense de la nature, dont le siège et à Maintenon, 22 ave de la Gare)